N26 va taxer les dépôts de ses nouveaux clients supérieurs à 50 000 euros. C’est la première fois qu’une néobanque, mais plus généralement, qu’une enseigne grand public franchit le cap en France.

Depuis cette semaine, N26, la néobanque allemande qui compte 1,6 million d’abonnés en France, taxe les dépôts de certains clients. Cette facturation s’applique aux personnes qui ont ouvert un compte après le 19 octobre et qui détiennent plus de 50 000 euros sur leur compte N26. Précisément, 0,5% de frais sont prélevés sur les soldes dépassant 50 000 euros. Exemple : si l’encours sur le compte atteint 60 000 euros, la néobanque fait payer 50 euros de frais (10 000 euros x 0,5%). « Ces frais sur les dépôts sont calculés chaque mois rétroactivement et facturés mensuellement », explique N26.

Contactée, la néobanque nous explique que cette facturation a été décidée pour « répercuter les coûts d'exploitation de nouvelles fonctionnalités que nous introduisons ». Elle s'appliquera « dans l'ensemble des marchés où nous opérons sauf en Espagne et au Portugal où cela n'est réglementairement pas possible [...] Nous serons proactifs avec nos clients pour les alerter quand leur solde pourrait se rapprocher des 50 000 euros afin de leur conseiller des solutions pour éviter de devenir tributaire de ces frais », ajoute la communication de N26.

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Inédit en France

Si ce prélèvement ne va concerner qu'une « part infime » de ses clients, assure N26, il n’en est pas moins marquant. En effet, longtemps évoquée pour répercuter à leurs clients les taux négatifs de la Banque centrale européenne, la facturation des dépôts bancaires par une enseigne qui cible le grand public est une première en France. L’année dernière, quelques établissements avaient franchi le pas mais il s’agissait de banques privées, à la clientèle très aisée, à l’image de Lombard Odier qui annonçait en octobre 2019 vouloir taxer les encours supérieurs à 1 million d’euros.

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A l’étranger, cette pratique est en revanche plus répandue. En Allemagne, selon une étude sortie à l’été 2019 dans le quotidien Süddeutsche Zeitung, une centaine de banques sur les 160 ayant répondu au sondage affirmait appliquer un taux d’intérêt négatif aux grandes entreprises et à leurs clients aisés. Cette semaine, la question de la taxation des dépôts a aussi ressurgi en Belgique. Le 20 octobre, ING Belgique a annoncé qu’elle allait taxer les dépôts des comptes crédités de plus de 2 millions d’euros. D’après le média belge L’Echo, « c'est la première grande enseigne du pays à agir de la sorte auprès des particuliers ».

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