1 - Pourquoi vous en avez entendu parler ?
Revolut, N26, Trade Republic... Ces marques, encore inconnues en France il y a quelques années, y sont de plus en plus présentes. Revolut, en particulier, affiche une croissance insolente (plus de 8 millions d'usagers revendiqués en France). Originaire du Royaume-Uni, elle prévoit aussi d'installer à Paris, en 2027, son siège pour l'Europe de l'Ouest.
Pour décrire ces nouveaux acteurs bancaires, un terme est souvent utilisé : « néobanque ». Que signifie-t-il ? Qu'est-ce qui différencie les néobanques des autres ? Qui est une néobanque, et qui n'en est pas une ? Voici des éléments de réponse.
2 - Ça veut dire quoi, exactement, « néobanque » ?
Du point de vue étymologique, le terme « néobanque » est assez transparent. Une néobanque, c'est une banque nouvelle, ou plutôt un nouveau type de banque. Il n'existe pourtant pas de définition officielle et unifiée de ce terme popularisé à la fin des années 2010. En clair, chacun fait un peu ce qu'il veut. Voici les critères retenus par la rédaction de MoneyVox lorsqu'elle l'utilise.
Il désigne d'abord une vraie banque, c'est-à-dire un acteur du secteur financier détenteur d'un agrément bancaire complet. C'est ce qu'a rappelé, en 2021, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le régulateur français du secteur financier : « le terme néobanque doit nécessairement qualifier un établissement de crédit » : l'employer « pour qualifier une autre activité est interdit par la loi ».
Néobanque : le régulateur siffle la fin de la récré
Il désigne ensuite une banque née à l'âge du mobile c'est-à-dire postérieurement à la massification de l'usage du smartphone, au cours des années 2010. Une néobanque est, en effet, une banque dont le principal, voire l'unique canal de relation avec ses clients, est l'application mobile, utilisée pour ouvrir son compte, le gérer au quotidien, placer son argent, chercher de l'assistance ou du conseil...
Enfin, une néobanque est une banque indépendante. C'est notamment ce qui la distingue, selon nous, des banques en ligne de première génération qui appartiennent toutes à des groupes bancaires traditionnels : Société Générale, par exemple, pour BoursoBank, le leader du marché avec plus de 9 millions de clients.
Ainsi, selon ces critères, seuls quatre acteurs présents sur le marché français peuvent être désignés comme des néobanques : bunq, N26, Revolut et Trade Republic. Quatre marques venues de l'étranger. À noter que MoneyVox accole aussi régulièrement ce terme à un acteur français, Sumeria, qui propose déjà une expérience proche de celle des quatre acteurs cités plus haut et attend une extension de son agrément actuel d'établissement de monnaie électronique.
Attention toutefois, de nombreux médias ont une acceptation beaucoup plus large du terme, l'utilisant pour décrire tout nouvel acteur émergent dans le secteur de la banque du quotidien, quel que soit son statut et la nature des services rendus. Un exemple : le service de paiement à succès Nickel est régulièrement présenté comme une néobanque, alors qu'il n'est pas une banque (mais un établissement de paiement), pas 100% numérique (l'ouverture du compte peut se faire en bureau de tabac) et pas indépendant (mais propriété de BNP Paribas).



















