1 pas en avant, 3 pas en arrière : ainsi pourrait-on résumer la dernière étude de lUFC-Que Choisir sur les frais dincidents bancaires. Dans celle-ci, lassociation de consommateurs a listé les critères de revenus nécessaires pour bénéficier du plafonnement des frais de découvert. Pour rappel, depuis 2019, les banques ne sont pas autorisées à facturer plus de 25 euros de frais dincidents par mois (commission dintervention et autres frais de rejet ) aux clients fragiles.
Pour détecter les clients fragiles, il y a des règles communes comme par exemple connaître au moins 5 irrégularités de paiement par mois. Mais il y a aussi des critères laissés à lappréciation des banques, comme celui du revenu, ce que fustige lUFC-Que Choisir. « Plutôt que dharmoniser les critères donnant droit au plafonnement, le gouvernement sest contenté dimposer aux banques de les publier sur leurs sites internet en juillet. Bien que la logique voudrait que le plafonnement sapplique à tous, la quasi-totalité des banques a choisi de maintenir de très arbitraires conditions déligibilité », regrette lassociation.
Daprès son relevé, il y a, en effet, de fortes disparités selon les enseignes. Ainsi, peut bénéficier du plafonnement une personne gagnant moins de 1539 euros par mois à La Banque Postale (soit léquivalent du Smic mensuel brut), contre 1 063 euros chez LCL. A la Société Générale ou encore au Crédit Mutuel de Bretagne, ce revenu maximum est fixé à 1 500 euros.
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Durcissement des critères de revenus
Outre cette hétérogénéité, lUFC dénonce également le durcissement du critère de revenu remarqué dans plusieurs banques. « En novembre, BNP Paribas et La Banque Postale ont décidé de durcir drastiquement leurs plafonds de revenus de détection trimestriels pour les aligner sur ceux de leurs concurrents ». En effet, alors quun client de BNP Paribas, gagnant jusquà 1 900 euros de revenus mensuels, était en juillet éligible au plafonnement, aujourdhui il doit recevoir au maximum 1 500 euros. La Banque Postale, qui accueille près de la moitié des clients fragiles, a elle-aussi durci le ton. Selon lassociation, elle nappliquait pas de critère de revenus il y a encore quelques semaines. Désormais, elle exclut les personnes gagnant plus de 1 539 euros mensuels.
« Devant cet alignement pernicieux des pratiques bancaires, la décision du Crédit du Nord den faire pour le moment bénéficier à tous ses clients habitués au dépassement du découvert apparaît donc bien précaire », conclut lassociation de consommateurs. Elle souligne aussi le manque de transparence des banques qui seraient plus dune sur deux à ne pas indiquer, ou très partiellement, leurs conditions pour bénéficier du plafonnement des frais dincidents bancaires.




















