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Frais bancaires : pourquoi le Crédit Coopératif augmente ses prix

Relevé de compte, frais et calculatrice
© mantinov - Fotolia.com

C’est la moins chère des banques avec réseau d’agences. Le Crédit Coopératif prépare toutefois une mise à jour tarifaire pour le 1er octobre prochain. Avec quelques hausses qui ne passent pas inaperçues.

Huitième et première banque à réseau : voilà quelques années que le Crédit Coopératif se distingue au classement des banques les moins chères édité par MoneyVox. Le fruit d’une volonté délibérée : celle d’être au « juste prix », comme nous l’expliquait fin 2018 Imad Tabet, le directeur de la clientèle des particuliers de la filiale de BPCE.

Comme le font toutes les banques, généralement une fois par an au moins, le Crédit Coopératif va mettre à jour sa brochure tarifaire le 1er octobre prochain. Plus de 2 mois avant l’échéance, ces nouveaux tarifs sont déjà connus. Les hausses prévues sur certaines lignes tarifaires étonnent parfois par leur ampleur.

Les principales hausses de tarifs à compter du 1er octobre

  • Frais de tenue de compte inactif : de gratuit à 30 euros par an
  • Carte Visa Electron (autorisation systématique) : de 35 euros à 44 euros par an
  • Carte Visa Premier : de 99 euros à 109 euros par an
  • Retraits d’espèces : de 1 euro à partir du 5e retrait par mois, à 1 euro à partir du 4e retrait
  • Rejet de prélèvement : de 16 euros commission d’intervention incluse, à 16 euros sans la commission d’intervention (facturée 4 euros en plus)

À consulter : les tarifs du Crédit Coopératif à compter du 1er octobre 2020

« Facturer à hauteur de la qualité de service apportée »

Le Crédit Coopératif a-t-il fait une croix sur sa politique de modération tarifaire ? Nous avons posé la question à son directeur du développement, Daniel Domingues. Sa réponse est clairement non : « Facturer nos clients à la hauteur du service apporté fait partie de notre ADN. Etre au juste prix reste un axe de différenciation fort pour le Crédit Coopératif. »

Pour lui, cette mise à jour tarifaire est avant tout une rationalisation. En 2019, suite au mouvement des Gilets jaunes, le gouvernement avait en effet obtenu des banques qu’elles gèlent leurs tarifs pour un an. Résultat : « Certaines lignes tarifaires n’avaient pas évolué depuis longtemps, souvent avant 2019. Il y avait nécessité de les mettre à jour, pour prendre en compte l’évolution de nos charges. »

Dans le détail, Daniel Domingues justifie certaines hausses sensibles. Celle par exemple du prix de certaines cartes : +20% pour la Visa Electron, ou +9% par la Visa Premier. « La carte Visa Electron est un cas particulier », explique le directeur de développement. « Elle est appelée à disparaître pour être remplacée par une carte Visa+, car elle n’est plus adaptée à certaines cibles de clientèle, en particulier celle des majeurs protégés ». Quant à la hausse du prix de la Visa Premier, il s’agit effectivement d’un recentrage du Crédit Coopératif par rapport à la concurrence : à 109 euros par an, elle restera moins chère que dans la plupart des autres enseignes (126 euros en moyenne).

Frais de tenue de compte inactif : la fin d'une « spécificité historique »

Autre évolution qui interpelle : l’introduction de frais de tenue de compte inactif, à hauteur de 30 euros par an à compter de 12 mois d'inactivité. Soit le montant maximum autorisé par la réglementation. « L’absence de facturation de ces frais était une spécificité historique, puisque les autres banques en prélèvent », justifie Daniel Domingues. « Avec la loi Eckert (1), le suivi des comptes inactifs est devenue une charge non négligeable. Nous corrigeons donc cette anomalie. »

Les frais d’incidents enfin. Jusqu’ici, chaque prélèvement rejeté d’un montant supérieur à 20 euros coûtait 16 euros, commission d’intervention incluse. A partir du 1er octobre, cette commission d’intervention sera facturée en plus, au tarif de 4 euros, contre 8 euros dans la plupart des autres banques. Daniel Domingues relativise : « La particularité du Crédit Coopératif, c’est d’avoir des volumes de rejets très peu importants : à peine quelques centaines de rejets de chèque par an, par exemple. »

La banque à réseau la moins chère, malgré tout

Finalement, le Crédit Coopératif va-t-il reculer au classement MoneyVox des banques les moins chères ? Oui, mais de manière limitée : sur le profil standard, elle devrait perdre une place, au profit de Hello Bank. À la neuvième place, elle restera donc, malgré tout, la moins coûteuse des banques disposant d’un réseau national d’agences.

À consulter : quelle est la meilleure banque en ligne en 2020 ?

(1) Loi du 13 juin 2014 relative aux comptes bancaires inactifs et aux contrats d’assurance vie en déshérence. Lire sur le sujet : Compte bancaire inactif : ce que prévoit la loi

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© MoneyVox / VM / Juillet 2020

https://www.moneyvox.fr/actu/MoneyVox
Commentaires

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Publié le 1er août 2020 à 03h16 - #1Rem
  • Homme

Si les tarifs du crédit coopératif envers les particuliers restent encore très compétitifs, ce n'est absolument pas le cas de ceux des pro, e particulier pour les associations locales, les micro entrepreneurs (....) pour lesquelles le crédit coopératif a une tarification prohibitive, il est peut être bon de le rappeler.

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