Près dun mois après le début de la crise des Gilets jaunes, et après deux samedis consécutifs de violences à Paris et dans dautres grandes villes, le Président de la République Emmanuel Macron a reçu, mardi dernier à lElysée, les représentants des banques françaises, entre autres acteurs économiques. Objectif : « bâtir des solutions concrètes à lurgence économique et sociale ». Autrement dit, prendre des mesures de nature à alléger la facture des Français en matière de frais bancaires.
Parmi les engagements pris par les banques, un a particulièrement retenu lattention : les banques ont en effet accepté de geler leurs tarifs en 2019, alors même « que des augmentations étaient prévues », commentait un conseiller élyséen interrogé par lAFP. Lannonce a une portée symbolique indéniable, venant dun secteur souvent accusé davoir la main lourde sur les frais quil facture. Mais plus concrètement, quel gain de pouvoir dachat ce gel va-t-il représenter pour les Français ? Pas facile de répondre à cette question. Tout dépend en effet du profil de consommation et de la banque. cBanque a toutefois tenter de lévaluer.
Une inflation (évitée) estimée à 3%
Avant lannonce de mardi, 61 enseignes, sur les 127 recensées dans notre comparatif des tarifs bancaires, avaient publié de nouvelles brochures tarifaires qui devaient entrer en vigueur début 2019. Leur analyse permet ainsi destimer ce quaurait pu être lampleur de la hausse...et donc la perte de pouvoir d'achat évitée.
Pour cela, nous sommes partis dun panier de services bancaires du quotidien - hors frais dincidents - correspondant au profil dun consommateur standard. Y sont inclus les services suivants :
- Labonnement pour laccès à la banque à distance ;
- les frais de tenue de compte ;
- une carte bancaire internationale standard ;
- 3 retraits annuels de 100 euros hors zone euro ;
- 4 achats annuels de 100 euros par carte hors zone euro ;
- 2 prélèvements par mois, par internet ;
- un virement par mois, par internet ;
- un chèque de banque ;
- un envoi de chéquier à domicile en courrier simple.
Dans ces 61 enseignes, ce panier revenait en 2018 à 124,10 euros par an en moyenne. Si les évolutions tarifaires prévues sétaient concrétisées, il serait passé au 1er janvier 2019 à 127,75 euros. Soit une hausse annuelle de 3,65 euros, correspondant à une inflation de 3% environ.
Entre 32 centimes et 6,45 euros de gain théorique
Le gain réel de pouvoir dachat dépend toutefois de votre banque. Le prix de ce même panier varie en effet largement dune enseigne à lautre. Il est ainsi actuellement, toujours selon notre comparateur, de 10,66 euros chez Boursorama Banque ou Fortuneo, les deux banques les moins chères, de 73,03 euros au Crédit Agricole Ile-de-France, la banque de réseau métropolitaine la mieux placée, et de 214,95 euros chez Banque Dupuy de Parseval, la plus chère de notre panel.
Ainsi, en appliquant notre taux dinflation théorique de 3% aux prix pratiqués actuellement par ces enseignes, le gain annuel de pouvoir dachat est de :
- 32 centimes chez Boursorama ou Fortuneo ;
- 2,20 euros au Crédit Agricole Ile de France ;
- 6,45 euros à la Banque Dupuy de Parseval.
Cette évaluation est toutefois à relativiser, notamment pour les banques en ligne où l'inflation tarifaire aurait certainement été inférieure à 3%.
Le gain est donc, dans tous les cas de figure, très modeste !
Au final, même si elle ne bénéficiera potentiellement quà environ 3,6 millions de Français, cest une autre mesure qui va représenter un véritable effort pour les banques, dautant quelle sera, elle, pérenne : la mise en place dun plafonnement des frais dincidents bancaires à 25 euros par mois pour les usagers en difficultés financières avérées.
Pour aller plus loin : le comparatif cBanque des tarifs bancaires et le palmarès des banques les moins chères.




















