« Somme perçue par l'établissement pour l'intervention en raison d'une opération entrainant une irrégularité de fonctionnement du compte nécessitant un traitement particulier » : cest la définition officielle des commissions dintervention, une des lignes tarifaires les plus fréquemment facturées mais aussi suscitant le plus de controverses. Même si, évidemment, ces frais d'incident ne touchent que les personnes dépassant leur découvert autorisé.
Dernière en date : vendredi dernier, lInstitut national de la consommation (INC) et lUnion des associations familiales (UNAF) ont dénoncé, dans le magazine 60 millions de consommateurs, les pratiques du groupe BPCE - qui regroupe notamment les Caisses dEpargne et les Banques Populaires - en la matière. Elles ont du même coup déclenché une réaction en chaîne : intervention publique du ministre de lEconomie, Bruno Le Maire ; rappel à lordre de la Banque de France et du régulateur du secteur financier, lACPR ; et pour finir, reculade de BPCE.
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Tarifs : les banques presque parfaitement alignées
Les autres font-elles mieux que les Caisses dEpargne et les Banques Populaires ? En matière de prix, pas vraiment : les enseignes de BPCE sont dans la norme. Et pour cause : toutes les banques de détail françaises, ou presque, sont alignées sur un même tarif, 8 euros. Soit le maximum légal depuis que les pouvoirs publics ont décidé, début 2014, de plafonner cette ligne tarifaire. Parmi les 123 banques traditionnelles recensées par notre comparatif des tarifs, les exceptions sont rares. On les compte même sur les doigts dune main : la Macif (5 euros), le Crédit Mutuel Antilles-Guyane (6 euros), La Banque Postale (6,90 euros) et le Crédit Mutuel Maine-Anjou Basse-Normandie (7,65 euros).
Au passage, on peut constater que la mise en uvre du plafonnement naura finalement eu quun impact limité sur le prix moyen dune commission dintervention : 8,70 euros avant la réforme, 7,93 euros aujourdhui. Certes, quelques enseignes, qui auparavant pouvaient facturer lopération jusquà 15 euros, ont dû modérer leur appétit. Mais dautres, qui se situaient sous le plafond, en ont profité pour revoir leur prix à la hausse.
Le cas particulier des banques en ligne
Cest un de leurs avantages : les commissions dintervention sont rares dans les banques 100% en ligne. Seule Monabanq, en effet, les facture (8 euros). Cela signifie-t-il quelles sont moins concernées que les autres par les dépassements de découvert ? Cest possible, dans la mesure où la plupart sélectionne leurs clients sur la base de leurs revenus ou de leur épargne, ce qui leur permet décarter les profils les plus risqués. Pour autant, lécart de tarification avec les acteurs traditionnels interroge sur le coût réel du traitement de ce type d'incidents de paiement.
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Plafonds journaliers : les bons élèves se font rares
Pour trouver des nuances dans les pratiques des banques à réseau, il faut sortir de la seule logique du prix et prendre un peu du recul. Plus que le coût unitaire dune commission dintervention, cest en effet leur accumulation qui contribue à dégrader la situation financière des clients déjà en difficultés. Pour y remédier, les pouvoirs publics ont également prévu un plafond réglementaire mensuel : 80 euros. Et sans surprise, lensemble des banques françaises s'est aligné sur ce maximum autorisé, à lexception de La Banque Postale (75,90 euros).
Cette mesure, toutefois, na pas eu que des effets positifs. Faute d'obligation légale ou même de recommandations des pouvoirs publics, certaines banques en ont en effet profité pour supprimer des plafonds journaliers préexistants, pourtant de nature à limiter lempilement des commissions qui caractérise lirruption soudaine de difficultés financières. Ce fut le cas notamment du CIC, de HSBC ou de la Société Générale.
Certaines enseignes ont toutefois choisi de maintenir ces plafonds journaliers, même en labsence de contrainte réglementaire. Sans surprise, on les trouve parmi celles qui sont aussi les moins gourmandes au niveau tarifaire. La Macif se limite ainsi à la perception dune commission par jour et par compte, soit un maximum de 5 euros. Même politique au Crédit Mutuel Maine-Anjou Basse-Normandie : une commission par jour, soit 7,65 euros. La Banque Postale, elle, limite à 3 commissions par jour, soit 20,70 euros.
Les plafonds journaliers sont également courants dans les caisses régionales du Crédit Agricole, même si la pratique nest pas généralisée :
- une limite à 24 euros par jour, soit léquivalent de 3 commissions à 8 euros, est en place aux Crédits Agricoles Sud Méditerranée, Franche-Comté, Pyrénées Gascogne, Ille-et-Vilaine, Normandie Seine, Atlantique Vendée, Charente-Maritime Deux-Sèvres, Anjou et Maine, Champagne Bourgogne et Charente Périgord ;
- une limite à 32 euros (4 commissions) par jour existe aux Crédits Agricoles Centre Loire, Centre Ouest, Corse, Touraine et du Poitou ;
- enfin, le Crédit Agricole Val de France se restreint à 40 euros ( 5 opérations) par jour, soit la moitié du plafond maximum mensuel.

















