Que reproche Bruxelles à lentreprise états-unienne ? Davoir, jusquen 2015, imposé aux commerçants et à leurs banques des règles jugées anti-concurrentielles en matière de commissions dinterchange. Pour mémoire, ces commissions, proportionnelles au montant de lachat, sont payées par la banque dite acquéreuse - celle du commerçant qui accepte le paiement - à la banque émettrice - celle qui fournit au consommateur la carte qui sert au paiement. Leur coût est ainsi généralement inclus dans la facture payée par le commerçant à sa banque, et a donc un impact sur le prix facturé au consommateur final.
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10% de réduction
Depuis le 9 décembre 2015, en vertu dun règlement européen, le niveau de ces commissions est plafonné dans toute l'Union européenne. Mais avant cette date, il pouvait varier fortement dun pays à lautre. Dans ce contexte, MasterCard avait imposé que le niveau de la commission retenu soit celui en vigueur dans le pays où se situait physiquement le commerce. « En conséquence, les détaillants établis dans des pays où la commission d'interchange était élevée ne pouvaient pas bénéficier des commissions moins élevées proposées par des banques acquéreuses situées dans d'autres Etats membres », détaille la Commission européenne.
Cette amende nest pas une surprise pour MasterCard, qui avait annoncé fin 2018 avoir provisionné la somme de 650 millions deuros pour la payer. Le réseau dacceptation, qui a accepté de collaborer à lenquête, a même obtenu une réduction de 10% de son montant. La société nest toutefois pas complètement sortie daffaire avec lEurope : en compagnie de Visa, sa principale concurrente, elle est en effet sous le coup dune autre enquête, cette fois pour « abus de position dominante ».
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