La mairie de Bordeaux s'est déclarée « soulagée » mardi après l'annonce par le superviseur bancaire d'une sanction de 120 000 euros, moindre que celle requise, après la découverte de « graves insuffisances en matière de gouvernance » au Crédit municipal de la ville à partir de 2016.

« C'est une forme de soulagement. Quand on a pris le dossier, on s'attendait à pire », a indiqué à l'AFP Claudine Bichet, adjointe aux Finances de l'équipe dirigée par Pierre Hurmic (EELV), élu en 2020. « On risquait un retrait d'agrément », a ajouté l'élue, saluant l'autorité qui a « entendu notre plaidoierie. Chaque euro en moins au Crédit municipal, ce sont des euros en moins pour l'action sociale » de la ville.

Fin mai, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) avait demandé un blâme et une amende « pas inférieure » à 200 000 euros à l'encontre de la municipalité. Il est reproché à la Caisse du Crédit municipal de Bordeaux (CCMB) d'avoir voulu se lancer à partir de 2016 dans des activités inédites « aux risques élevés » avec des gages à haute valeur, des prêts patrimoniaux ou des « prêts Sacem », sans avoir entrepris les démarches d'approbation.

La Ville a déposé une plainte contre X

Ont suivi de nombreux « dérapages », selon le superviseur bancaire, dus à de « graves insuffisances en matière de gouvernance », avec une « incapacité » du Conseil d'orientation et de surveillance (Cos) de l'établissement à exercer sa mission de contrôle. « Il y a eu une responsabilité évidente de défaillance complète de la gouvernance », a ajouté Claudine Bichet qui « met en cause la défaillance politique qui a laissé faire », pointant ainsi l'ancienne équipe municipale LR de la ville dirigée par Alain Juppé puis Nicolas Florian.

La Ville a par ailleurs déposé une plainte contre X à la mi-mai : « les faits sont graves », a insisté l'adjointe. Une enquête préliminaire pour tentative d'escroquerie, lancée en 2019, est toujours en cours. Sur la chaîne régionale TV7, le maire de Bordeaux a répété le « soulagement » de son équipe : « Cette sanction aurait pu pénaliser non seulement la ville de Bordeaux mais aussi et surtout, les plus pauvres parmi nos concitoyens puisqu'il faut rappeler que le Crédit municipal, c'est la banque des pauvres qui n'a pas rempli cette fonction ces dernières années ».

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L'autorité de contrôle « a considéré que le nouveau Crédit municipal (...) c'est-à-dire la nouvelle majorité municipale, avait pris une claire conscience des graves manquements et qu'elle avait engagé un plan de remédiation ambitieux », a ajouté Pierre Hurmic.