La banque LCL veut fermer ses centres de vacances, gérés par le comité social et économique central (CSEC), qui a protesté vendredi contre l'arrêt d'une prestation « permettant aux salariés les plus précaires de pouvoir partir en vacances ».

Dans un courrier adressé fin septembre au CSEC du groupe, la directrice des ressources humaines (DRH) de LCL indique que la banque « ne souhaite pas renouveler le prêt des maisons de vacances », alors que « le contrat de prêt à usage » en cours « arrive à échéance au 31 décembre 2020 ». La DRH demande au CSEC de restituer « les centres de vacances de Carnac, Hauteluce, Hendaye, La Turballe et Pramousquier », selon son courrier consulté par l'AFP. La banque y rappelle qu'elle avait déjà ordonné la restitution d'ici au 1er décembre d'un sixième centre, situé à Meschers.

« Ces centres appartiennent au Crédit lyonnais qui les met à disposition du CSEC. Nous n'avons pas d'explication mais, à mon avis, c'est une question purement financière et la direction va vendre les centres », a déclaré à l'AFP Philippe Kernivinen, représentant syndical FO au CSEC.

« C'est un coup de massue »

C'est une prestation vieille d'un siècle qui va disparaître, a-t-il déploré, car le premier centre de vacances du Crédit lyonnais avait été « acquis en 1920 ». Un temps administrés par une association, les centres sont gérés « depuis 1969 » par le comité d'entreprise, devenu CSE, a-t-il précisé. « On avait déjà restitué des centres ces dernières années, mais là c'est un coup de massue. En 3 mois, il faut qu'on restitue tout. Le catalogue est déjà sorti, les réservations sont en train de se faire. Les salariés sont abasourdis », a-t-il souligné.

Le personnel de la banque appelé à se mobiliser

Les séjours dans ces centres sont « très peu chers, subventionnés par le CSEC. Cela permettait à des familles mono-parentales ou en difficultés financières de partir en vacances », a-t-il expliqué. Le CSEC Vacances, département du CSEC qui gère ces centres, a appelé le personnel de la banque à se mobiliser « pour garder des vacances exceptionnelles et à des prix exceptionnels ».

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« Actuellement, vous êtes des milliers de personnes à partir » dans ces centres, « en 2021 ce sera zéro », des « avantages sociaux qui partent en fumée », écrit le CSEC Vacances dans le texte d'une pétition ouverte en ligne, qui avait recueilli plus de 1 300 signatures vendredi après-midi. En outre, a précisé Philippe Kernivinen, le CSEC va devoir procéder « au licenciement économique des 16 CDI qui travaillent dans les centres », ainsi que d'« une partie des 16 autres CDI du département vacances au siège ». Sans compter l'impact sur les saisonniers, a-t-il noté.

Une négociation à venir

De son côté, la direction de LCL a relevé que ces centres, « mis à disposition à titre gratuit » par le groupe, « s'inscrivent dans une offre plus large » de voyages proposés « aux salariés de LCL et permise par la contribution financière de l'entreprise au CSE ».

« Entretenir un parc immobilier de loisirs nécessite des travaux d'entretien réguliers qui sont éloignés des compétences de la banque », a ajouté la direction, en précisant que la DRH « ouvrira prochainement une négociation avec les organisations syndicales représentatives pour accompagner cette décision » de fermeture.