« Là je ne vous parle pas de Minitel mais de serveur vocal ! » Téléconseiller bancaire, cest aussi renseigner les seniors sur les moyens de communication A la fin de la discussion avec cette cliente septuagénaire, le conseiller se lève, prend sa pause et glisse un « le coup du Minitel, ça faisait longtemps » dans un sourire. Certes peu représentative, cette anecdote illustre bien la diversité des appels auxquels doivent faire face les conseillers au bout du fil. Pour veiller à la cohérence du discours, les appels des clients et des prospects (futurs clients potentiels) sont rassemblés sur le même standard. Au gré des appels, les conseillers passent donc du commerçant au cadre rompu aux banques en ligne en passant par le jeune couple en quête déconomie sur leur compte commun ou, donc, cette septuagénaire cliente depuis les années Covefi (1) et apparemment nostalgique de lépoque du Minitel.
Quand vous appelez le service client et quune voix jeune et chaleureuse vous répond « Bienvenue chez Monabanq, bonjour, Adrien, que puis-je pour vous ? », imaginez ledit Adrien, 27 ans, casque téléphonique sur les oreilles, chemise blanche, face à deux écrans dordinateur, un classeur détaillant les produits Monabanq à disposition, quelques rappels sur les règles de bienveillance non loin de là et un mini-trophée « Elu service client de lannée 2018 » en évidence sur le bureau. Le tout au milieu dune quarantaine de conseillers installés dans un open space à lambiance feutrée malgré les multiples conversations téléphoniques. Des communications que les autres services de Monabanq (marketing, informatique voire direction générale) peuvent entendre en tendant loreille. Car, cest une surprise, ce service client nest pas parqué dans un bâtiment annexe mais bien au cur des autres métiers au siège de Villeneuve dAscq, sur le « campus Cofidis Participations », la maison-mère au sein du groupe Crédit Mutuel-CM11. Objectif affiché par la direction : « lexcellence relationnelle » avec les clients.
Compteur dappels et tableau des humeurs
« Bonjour, je suis sur votre site, je vois que je peux ouvrir un compte à 2 euros par mois, mais je suis à la Réunion » Adrien, encore lui, le rassure immédiatement sur la possibilité de souscription, le seul inconvénient dans le cas de ce Réunionnais étant labsence dagences du CIC, où les clients Monabanq peuvent déposer chèques et espèces. Au fil des appels, sur son écran, défilent les dossiers détaillés des clients concernés. Les conseillers ont ainsi accès à lensemble des opérations et informations du compte. Ce qui leur permet de rebondir lors dun appel soit pour prévenir une anomalie, soit pour proposer un produit ou service leur semblant adapté. Car, comme tout chargé de clientèle, les opérateurs de Monabanq ont eux aussi des objectifs commerciaux, individuels et collectifs.
« La seule différence avec une banque classique, cest quon na pas dagences »
Pour les maintenir motivés et conscients de lactivité de la journée, de grands écrans détaillent le nombre de conseillers connectés, ceux en communication, les clients ou prospects en attente (le compteur est resté à zéro), ou le chiffrage des propositions commerciales ayant abouti ou non. Dans cette ambiance studieuse et plutôt détendue, plusieurs éléments pour égayer latmosphère : un tableau où les conseillers indiquent leur humeur à laide démojis, des messages de clients satisfaits accrochés au mur, etc. Bref, du « management visuel ».
« On est à Villeneuve dAscq, vous pouvez venir »
Adeline, la trentaine, est conseillère « senior » avec 8 ans dancienneté. Elle fait partie de léquipe « appels sortants ». Un service se concentrant en priorité sur les souscriptions en cours ou tout récemment finalisées. Objectif : ajouter de lhumain à cette ouverture à distance, mais aussi sassurer que loffre convient et éventuellement proposer une montée en gamme. En cette période de campagne publicitaire télévisée, la liste des appels à passer sallonge à vue dil.
Adeline clique sur le dossier de Camille et Julien (2), dont louverture de compte joint est en cours de traitement. Camille et Julien sont chacun client dune banque mutualiste différente et veulent « tester » la banque en ligne pour leur compte commun. Monsieur était volontaire, Madame la suivi à reculons, Adeline se lance donc dans un exercice de mise en confiance. Avec une petite touche dhumour bienvenue : « La seule différence avec une banque classique, cest quon na pas dagences. Mais on est à Villeneuve dAscq, vous pouvez venir, il faut juste séquiper dun parapluie ! » La confiance sinstalle, la cliente raconte son parcours bancaire, Adeline lui propose dadapter lautorisation de découvert, ce que la cliente accepte quasi immédiatement, puis évoque les agences CIC pour le dépôt de chèque, lappartenance au groupe Crédit Mutuel-CM11, etc. Au bout de 7 minutes, la communication sarrête dans la bonne humeur, Adeline récapitulant les étapes de finalisation de la souscription. Une cliente conquise. Adeline a le sourire du travail accompli. Et planifie un suivi pour ces clients. Les propositions commerciales, ce sera pour la prochaine fois.
« Ah, ça tombe bien que vous mappeliez ! »
Sur le bureau den face, Arthur joue lui de malchance. Pendant une heure, il enchaîne les répondeurs, ou les prospects nayant pas le temps de discuter. La frustration sinstalle, quand Jean-Claude (2) finit par lui répondre : « Ah, ça tombe bien que vous mappeliez ! » Cest parti pour 10 minutes de discussion, Jean-Claude étant en quête dinformations sur les différences entre compte particulier et auto-entrepreneur, et sur les conditions de la prime de bienvenue. Ouf.
Objectif « self care »
Quand les conseillers tombent sur des dossiers plus délicats, comme un découvert problématique ou pour certaines questions complexes, ils renvoient la balle à des collègues d'un autre service.
Sils se montrent affables et bienveillants, ces conseillers ne perdent pas de vue lobjectif du « self care », un post-it arborant cette anglicisme se retrouvant ainsi sur quelques ordinateurs. Traduction : accompagner les clients vers plus dautonomie. Autrement dit, encourager les clients à gagner du temps sur des points quils peuvent régler seuls et en direct, et sur lesquels ils peuvent trouver une réponse directement en se rendant sur leur espace client.
Plus d'infos sur le compte bancaire de Monabanq
(1) Créé en 1987, l'établissement de crédit Banque Covefi est devenu Monabanq en 2006, avant de voir son offre de produits évoluer.
(2) Les prénoms des clients ont été modifiés.




















