Vous êtes récemment arrivée chez ING Bank France, au poste de responsable du digital, de linnovation et de lexpérience client. Pouvez-nous nous en dire plus sur vos missions, notamment par rapport au service Web Café ?
Isabelle Hervouet : « Venant de lunivers télécom, cela fait maintenant un peu plus de 9 mois que jai rejoint ING Direct, avec des missions touchant à trois grands domaines : le digital, avec loptimisation des performances des différents canaux (site web, mobile), linnovation par la création de nouveaux services, et lexpérience client. En termes dexpérience client, le Web Café constitue une initiative très différenciante dans le secteur bancaire. En fait, ce service fonctionne avec 3 ''têtes'' : le service client, la communication et linnovation. Dailleurs, vous pouvez constater que le Web Café comporte lui-même 3 sections bien distinctes. Dabord le forum, qui permet à nos clients déchanger entre eux mais également de dialoguer avec nous sur le fonctionnement de nos produits, services, etc. Avec le blog, nous sommes logiquement plutôt dans la publication de contenus informatifs sur largent, les finances personnelles, etc. Vient enfin le Labo que je gère plus particulièrement qui nous permet de recueillir les suggestions de nos clients en matière damélioration de nos services ou dinnovation. »
Quels résultats pour cet espace collaboratif lancé fin 2013, et plus particulièrement sur le Labo ? Si lun de ses objectifs est de collecter les suggestions de votre clientèle, la communauté est-elle suffisamment représentative ?
I.H. : « Le Web Café, cest aujourdhui environ 80.000 visiteurs chaque mois et plus de 10.000 membres actifs. Des chiffres qui ont été multipliés par 4 en un an et demi. La représentativité de cette communauté était lune de mes toutes premières interrogations. Des études menées depuis ont confirmé cette représentativité de notre clientèle. Le Labo joue quant à lui pleinement son rôle de collecte et de filtre à idées ou besoins clients. Avec plusieurs niveaux de filtrage : dabord par les membres eux-mêmes avec un système de vote, puis par nous-mêmes, en étudiant en toute transparence chaque idée sur le terrain de la faisabilité, de son coût ou du délai de mise en uvre. Aujourdhui, sur lensemble des idées étudiées, 20% ont été mises en uvre et plus de 20% sont en cours de développement. Avec, de notre côté, un gros enjeu sur la rapidité de mise en uvre des idées. Si les projets naboutissent pas suffisamment vite, on risque de générer de la déception. »
Quelles sont ces suggestions qui ont abouti sur ING Direct ?
I.H. : « Dans le top des idées de la communauté, remontent des sujets très variés, parfois inattendus et toujours très pragmatiques. Je peux vous citer, parmi les réalisations la possibilité de choisir les canaux de sollicitations commerciales [concrètement, labandon de la publicité par courrier, NDLR], la visualisation des opérations à venir sur le compte courant, le développement dune appli sur Windows Phone ou encore le lancement dune offre en matière de crédit immobilier [même si, dans ce dernier cas, le Web Café na certainement pas été le seul moteur dans cette prise de décision stratégique, NDLR]. Autre exemple assez étonnant : la possibilité douvrir un livret dépargne directement depuis un mobile. Dans la semaine qui a suivi lajout de cette fonctionnalité, nous avons constaté quelle a représenté près dun tiers des ouvertures ! Quant aux prochaines évolutions, léquipement de nos cartes de la technologie sans contact est prévu pour début 2016, et le développement dun chat fait partie de nos tout prochains chantiers. »
Quels sont vos axes damélioration sur le Labo ? De nouvelles choses à attendre pour votre communauté de clients ?
I.H. : « La réactivité est cruciale et constitue notre principal cheval de bataille. Cet impératif se traduit en deux enjeux pour nos équipes : plus de rapidité dans les réponses à nos clients et aussi plus de méthode, avec par exemple un nombre de votes minimal de la communauté sur le Labo pour déclencher une réponse, mais aussi une accélération de nos services sur la mise en uvre des chantiers. Nous constituons, pour ce faire, des équipes ''agiles'' répondant à des moments de vie clients. Nous souhaitons aussi être capables de proposer des idées, pourquoi pas en suggérant aux clients de voter ou de se positionner sur des choix de type A/B. »
Difficile, actuellement, de parler innovation sur le secteur bancaire sans parler fintech. Quelle est la position dING Direct par rapport à ces start-up ?
I.H. : « La fintech est bien évidemment un sujet que le groupe ING suit de très près. Il y a 2 ans, un pôle dédié a même été créé au sein de la direction innovation du groupe et cette année dailleurs, Benoît Legrand, notre CEO France, en prend la tête. ING prend des participations dans des fintech, aux Pays-Bas notamment. Et en France, nous faisons une veille très active de lécosystème. Nous sommes plus dans une logique associative et ''inspirationnelle'' que réellement concurrentielle. Dautant que dans lADN de ces fintech, se trouvent deux choses qui nous sont chères chez ING. Primo, la création de nouveaux services qui partent dun vrai besoin client et secundo, lapplication de méthodes ''agiles'' pour mettre en uvre ces services. Et via le Web Café notamment, nous aussi, nous pratiquons beaucoup de co-création avec nos clients ! »














