Un rapport rédigé par l'ancien patron du Crédit Agricole Georges Pauget et le président du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) Emmanuel Constans préconise de réduire de moitié sur les cinq ans à venir le nombre de chèques émis en France, afin de préserver l'équilibre financier des banques.

Selon des chiffres de la Banque de France cités dans le rapport, les chèques représentaient 56,6% du volume des moyens de paiement utilisés en 1991, 25,6% en 2006 et 18,2% en 2010, un niveau sans égal en Europe. A titre de comparaison, le Royaume-Uni arrivait en deuxième position en Europe en 2010 pour les paiements par chèque, avec 8% des transactions réglées par ce biais. Les chèques représentaient 10,2% des montants en France en 2006 et 8,4% en 2010, selon la Banque de France.

Concurrence accrue

Pour les auteurs du rapport, l'équilibre actuel du financement des moyens de paiement « est menacé » par la réduction des marges dégagées par les banques avec la mise en place du SEPA (espace unique des paiements européens), la concurrence accrue prônée par les autorités européennes qui devrait se traduire par une baisse des commissions interbancaires et les évolutions technologiques qui favorisent de nouveaux entrants, parfois extérieurs au monde bancaire.

« En cas de réduction des produits générés par les moyens de paiement, le modèle économique ne pourra retrouver son équilibre qu'avec une réduction des coûts, notamment ceux liés aux chèques et à la circulation fiduciaire », note le rapport qui devait être remis cette semaine à Bercy.

Les deux auteurs notent en effet la « charge importante » pour le système bancaire représentée par la délivrance d'espèces aux distributeurs automatiques (2,6 milliards d'euros) et la mise à disposition et l'utilisation gratuite des chèques (2,5 milliards d'euros). A l'inverse, les cartes bancaires et les virements/prélèvements sont sources de revenus (respectivement 2,6 et 0,7 milliards d'euros).

Néobanques : les offres les moins chères pour maîtriser votre budget

Faciliter les paiements en ligne

Pour faire face à ces « bouleversements », ce rapport, commandé par l'ancienne ministre de l'Economie Christine Lagarde, émet en tout 20 propositions sur l'avenir des moyens de paiement. La plus concrète vise à fixer pour 2017 un premier objectif de réduction de moitié du nombre de chèques émis en France. Les banques s'y emploient depuis une vingtaine d'années, mais sans avoir jamais ouvertement fixé d'objectif.

Pour y parvenir, le rapport propose également de faciliter les paiements sécurisés en ligne, de développer les moyens de paiement en face à face (sans contact notamment) ou encore de mobiliser la sphère publique.

Le rapport sur l'avenir des moyens de paiements en France est disponible sur le site internet de la Banque de France.