« Les caisses régionales subissent ces derniers temps de nombreuses réorganisations qui se traduisent généralement par des suppressions de postes et (...) par des fermetures d'agences », a déploré auprès de l'AFP Samuel Mathieu, le président d'un des syndicats représentatifs, la Sneca, lié à la la CFE-CGC. Les quatre autres organisations syndicales signataires de l'appel à la grève sont la CGT, Sniacam, Sud et l'Unsa. Elles représentent à elles cinq les deux tiers environ de la représentation du personnel.

Les représentants du personnel craignent aussi les effets délétères d'un plan du mutualisation de certains métiers parmi les 39 caisses régionales du Crédit Agricole, porté par la direction et baptisé « efficacité ». Ce programme « entraînera des centaines de suppressions de postes, aggravant encore la surcharge de travail, la perte de repères professionnels et les risques psychosociaux », écrivent ensemble les syndicats, qui regrettent par ailleurs une « dégradation du service rendu aux clients ».

Les syndicats n'ont enfin pas digéré l'échec des négociations salariales, qui se sont soldées en fin d'année dernière par une augmentation salariale d'environ 0,5%, sans réouverture possible du dialogue sur ce point.

Une grande première au Crédit Agricole

Les quelque 78 000 salariés des caisses régionales - qui sont des banques coopératives autonomes - sont invités à arrêter le travail au moins deux heures le 22 janvier au matin. Certains choisiront de prolonger pour une demi-journée, voire une journée.

La grève est rare dans le secteur bancaire, d'autant plus dans une banque mutualiste comme le Crédit Agricole. L'action du 22 janvier est même qualifiée de « grande première » dans une communication adressée aux salariés.

Le Crédit Agricole ne fait pourtant pas face à des problèmes de rentabilité : le résultat net part du groupe des caisses régionales approche des 3,2 milliards d'euros pour les trois premiers trimestres de 2025.

Le Crédit Agricole a ouvert une nouvelle page de son histoire avec l'arrivée en mai 2025 d'un nouveau directeur général au sein de l'entité cotée du groupe (Casa), Olivier Gavalda. La fédération nationale du Crédit Agricole n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP.