Crédit Mutuel Alliance Fédérale, qui regroupe notamment 13 des 18 fédérations régionales du groupe bancaire mutualiste, a annoncé jeudi la suppression définitive des frais d'incidents bancaires pour sa clientèle fragile bénéficiaire de l'offre spécifique.

C'est la deuxième entité du groupe mutualiste à prendre cette décision : Crédit Mutuel Arkéa, qui rassemble les fédérations de Bretagne et Sud-ouest, avait été le premier acteur du secteur bancaire français à prendre cette décision dès février 2019.

Selon Crédit Mutuel Alliance Fédérale, cette disposition concernera près de 35 000 clients souscripteurs de l'offre spécifique, qui permet d'accéder à des services bancaires essentiels pour un montant maximum de trois euros par mois. « Pour aider les clients à sortir de leur situation difficile, ils bénéficieront de rendez-vous rebond avec leur conseiller attitré », précise le groupe dans un communiqué.

A la fin 2018, le secteur bancaire français s'était engagé auprès du gouvernement à plafonner les frais d'incidents bancaires pour les clients détenteurs de l'« offre spécifique » mais aussi pour la clientèle fragile, estimée à 3,4 millions de personnes à fin 2018. Depuis les bénéficiaires de l'offre spécifique ne peuvent pas se voir facturer plus de 20 euros par mois et 200 euros par an, et les personnes fragiles financièrement plus de 25 euros par mois.

Législation renforcée

Devant l'aggravation de la précarité avec la crise économique déclenchée par le Covid-19, des associations de consommateurs et le syndicat CGT Banques et Assurances ont appelé le gouvernement à étendre voire à généraliser le plafonnement des frais d'incidents bancaires. Au début du mois, le ministre de l'économie et des finances Bruno Le Maire a annoncé vouloir renforcer la législation pour que les personnes en difficulté financière accèdent plus facilement et plus longtemps à ce plafonnement.

Compte pour enfant/ado : notre comparatif des offres sans risque

Selon le décret souhaité par l'exécutif, un client sera considéré comme fragile à partir de cinq incidents bancaires dans une période d'un mois et aura accès au plafonnement des frais bancaires pendant trois mois. Les personnes surendettées seront pour leur part considérées comme clients fragiles pendant toute la durée d'inscription au fichier des incidents de remboursement.

Selon Bruno Le Maire, « ces évolutions vont conduire à une augmentation d'au moins 15% » du nombre de bénéficiaires du plafonnement. Le ministre a aussi annoncé une « mise à jour de la charte d'inclusion bancaire et de prévention du surendettement », et un « arrêté » pour définir les « informations précises » que les banques doivent fournir à la Banque de France.

Lire aussi : Faut-il plafonner les frais bancaires pour tous ?