La mesure est passée un peu inaperçue, dans lombre du plafonnement des commissions dintervention, et pourtant elle est loin dêtre anodine : les banques devraient prochainement informer leurs clients avant de prélever sur leurs comptes les frais liés aux irrégularités ou aux incidents de paiement. Des pénalités qui aujourdhui sont facturées au fil de leau, et que les clients ne découvrent qua posteriori. Cette information préalable, demandée de longue date par les associations de consommateurs, figure en effet dans la loi de séparation et de régulation des activités bancaires, adoptée en juillet 2013. Pour se concrétiser, elle attend toutefois la publication dun décret en Conseil dEtat, qui a été placé début janvier en consultation publique sur le site de la Direction générale du Trésor et vient de donner lieu à un avis du CCSF.
Le CCSF y rappelle quil sest vu confier, au cours de lexamen de la loi, une mission sur le sujet, et se félicite du coup que ses conclusions aient été retenues par le gouvernement. Première demande satisfaite : linformation préalable ne concernera que les lignes tarifaires figurant dans la rubrique « irrégularités et incidents », telle que définie par une norme professionnelle de la Fédération bancaire française (FBF) publiée en 2011. Celle-ci comprend trois sous-rubriques : les commissions dintervention, les opérations particulières (frais pour saisie, opposition à tiers détenteur, frais pour opposition administrative, etc.) et les incidents de paiement (rejet de chèque, rejet de prélèvement, etc.).
Autre conclusion du CCSF retenue par le législateur : linformation préalable se fera via le relevé de compte mensuel, papier ou numérique, encore utilisé, selon un récent sondage commandé par la banque en ligne Fortuneo, par une large majorité de Français pour suivre leurs comptes. Le débit interviendra ensuite 14 jours minimum après la date darrêté du relevé, ce qui revient à instaurer une sorte de débit différé des frais liés aux incidents de paiement.
La mesure, toutefois, est encore loin dêtre en place. Il faudra dabord attendre la publication du décret, qui est encore à létat de projet. Ensuite, un délai de mise en uvre de 18 mois est prévu et nécessaire, selon le CCSF, pour que les banques prennent en compte, « dans les conditions de fiabilité indispensables, limpact lourd de cette réforme dans leurs systèmes dinformation ». Dans lintervalle, beaucoup de choses peuvent encore changer.
Dénomination commune des frais et services bancaires
Autre avis du CCSF, concernant la dénomination commune des frais et services bancaire. Depuis 2011 déjà, les plaquettes tarifaires des banques sont organisées selon un sommaire-type, défini par la norme professionnelle de la FBF évoquée plus haut. La loi de séparation et de régulation des activités bancaires de juillet 2013 va plus loin en fixant la dénomination des frais et services bancaires, et en associant à chaque intitulé une définition précise, afin de faciliter la comparaison pour le consommateur. Le CCSF a donné un avis favorable à cette mesure, à lunanimité.
Amélioration de linclusion bancaire
La loi bancaire de juillet 2013 contient plusieurs mesures destinées à améliorer linclusion bancaire des clients fragiles. Première étape : définir cette clientèle fragile, ce que semploie à faire ce texte en combinant des critères objectifs (interdiction de chéquiers, surendettement, etc.) et dautres plus subjectifs.
Lire à ce propos : Frais bancaires : la « situation financière fragile » des clients bientôt définie par décret
Ce choix est soutenu par le CCSF, qui se félicite également que loffre spécifique à destination de ces clients sarticule autour de la Gamme de moyens de paiement alternatifs au chèque (GPA), dont il avait défini le cadre en 2010.

















