UFC-Que Choisir a mis en ligne sur son site internet un outil permettant de déterminer, pour chaque profil et chaque région, les banques les moins chères. Une réponse aux politiques tarifaires de certaines enseignes qui, selon l’association de consommateurs, ne tiennent pas les engagements pris en septembre 2010.

Annoncé depuis plus d’un an, le comparateur de tarifs bancaires d’UFC-Que Choisir est finalement accessible depuis ce matin sur le site internet de l’association. L’outil, qui recense les tarifs de 126 banques sur toute la France, y compris les banques en ligne, est en libre accès jusqu’au 12 juin. Ensuite, il faudra s’abonner à la partie payante de quechoisir.org (4,50 euros par mois sans engagement de durée) pour pouvoir le consulter.

La banque la moins chère sur chaque profil

Ce recours à l’abonnement est d’ailleurs la principale différence avec les nombreux comparateurs déjà présents sur Internet. « Les acteurs existants sont avant tout des apporteurs d’affaire, qui mettent en avant certaines enseignes avec qui ils ont une relation commerciale. Ce ne sera pas notre cas » a expliqué Franck Attia, rédacteur en chef du site quechoisir.org, à l’occasion d’une conférence téléphonique. « La gratuité est un leurre », a poursuivi Alain Bazot, président de l'association. « Le consommateur paye d’une autre façon ». Notamment en fournissant des données personnelles revendues ensuite aux annonceurs.

Visuellement, le site ne révolutionne pas l’univers des comparateurs. Classiquement, l’utilisateur peut choisir un des huit profils prédéfinis (classés par tranche d'âge et type d'utilisation des services bancaires) ou personnaliser ses caractéristiques pour un résultat plus précis. Le site lui fournit alors le classement des banques les moins chères sur son profil, en tenant compte de la région dans laquelle il se trouve.

UFC-Que Choisir promet néanmoins des résultats plus pertinents et détaillés que ceux fournis par les autres comparateurs. « Le consommateur pourra déterminer s'il a un intérêt ou non à prendre un « package » (un forfait regroupant plusieurs services, NDLR) et il aura une décomposition du tarif final pour chacune des banques du classement », a ainsi expliqué Alain Bazot.

« On est loin du compte »

Symboliquement, ce lancement intervient un an, quasi jour pour jour, après la date théorique de mise en œuvre des derniers engagements pris par les banques en matière de tarification. En septembre 2010, sous la pression de la ministre de l’Economie de l’époque, Christine Lagarde, elles avaient en effet accepté quelques avancées en matière de transparence des tarifs, de forfaits de services et de frais de découverts pour les populations fragiles.

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Toutefois, pour UFC-Que Choisir, aucune de ces promesses n’a été entièrement tenue. Pour Maxime Chipoy, chargé de mission banque au sein de l’association, « en terme de lisibilité [des brochures tarifaires], on est encore loin du compte. Dès qu’on rentre dans les opérations plus rares, qui sont également les plus chères, la comparaison ne se fait pas dans de bonnes conditions ».

L’exemple de Free Mobile

L’association dénonce d’autres manquements. Les démarches pour changer de banque restent selon elle trop complexes pour garantir une véritable concurrence entre les enseignes. « Ce qu’a fait Free dans le domaine du mobile en début d’année serait aujourd’hui impossible à reproduire dans le domaine bancaire », a poursuivi Maxime Chipoy. Celui-ci estime également que les banques qui ont fait évoluer leurs « packages » n’ont pas joué le jeu jusqu’au bout en continuant d’inclure des services inutiles au quotidien, ou ne faisant pas la promotion des « forfaits sécurité » (baptisés GPA pour gamme des moyens de paiement alternatifs au chèque) ardemment souhaités par Christine Lagarde en 2010.

« C’est l’énième démonstration de l’impertinence de l’autorégulation dans le domaine bancaire », en conclut Alain Bazot qui, comme à chaque intervention de l’association sur le sujet, a demandé une loi de régulation des frais bancaires. Aura-t-il plus de chances d’être entendus par le nouveau gouvernement ? Peut-être, François Hollande ayant intégré à sa feuille de route présidentielle la promesse d’un texte en ce sens.