Cest un des principaux apports de la loi relative à la consommation de mars 2014 (dite « Loi Hamon ») : depuis le 27 juillet 2014, les emprunteurs disposent dun délai dun an, à compter de la signature de loffre de prêt, pour substituer à lassurance de groupe proposée par la banque prêteuse une assurance déléguée à un assureur tiers. Il y a une condition toutefois : ce contrat de substitution doit intégrer un certain nombre de garanties minimales exigées par le prêteur.
Tout lenjeu est donc de mettre lemprunteur en position d'évaluer cette équivalence de garanties. Pour y parvenir, les pouvoirs publics, les banques, les assureurs, les courtiers et les représentants de consommateurs se sont accordés, sous légide du Comité consultatif du secteur financier (CCSF), sur une nouvelle méthode de comparaison des garanties, qui va donner lieu prochainement à la publication dune norme professionnelle engageant le secteur bancaire.
Lire aussi : Comment fonctionne la nouvelle méthode de comparaison des garanties ?
Une liste de garanties minimales
La fiche standardisée dinformation est un élément central de ce nouveau dispositif, qui entrera en vigueur le 1er octobre prochain. En tant que telle, elle nest pas totalement nouvelle. Depuis 2009, elle est déjà remise aux candidats à lemprunt, en amont de la signature de loffre de prêt. Sa forme, jusquici, avait été formalisée par une norme professionnelle (2) publiée en avril 2010 par la Fédération bancaire française (FBF), lassociation professionnelle représentant le secteur bancaire en France. Avec cet arrêté, la FSI senrichit de nouvelles mentions et rubriques.
Le principal ajout réside dans la liste des garanties minimales exigées par le prêteur. Dans le cadre de la nouvelle méthode de comparaison, le prêteur fournit en effet, pour chaque opération, un maximum de 11 critères de garantie exigibles (plus 4 supplémentaires si la garantie perte d'emploi est requise) piochées dans une liste fermée conçue au sein du CCSF. Ces critères forment le socle sur lequel les contrats alternatifs doivent s'aligner pour être susceptibles de couvrir le remboursement du prêt.
Voir la liste des caractéristiques de garanties du CCSF
La fiche rappelle aussi que le prêteur a lobligation de communiquer à lemprunteur cette liste de garanties et renvoie au site internet du CCSF si lemprunteur veut en savoir plus sur « léquivalence du niveau de garanties entre les contrats ».
Plus de transparence dans la description des garanties
Autre apport, la rubrique détaillant les garanties proposées par le prêteur ou l'assureur délégué gagne en précision. La nouvelle FSI est en effet beaucoup plus contraignante de ce point de vue. Les différentes garanties (décès, PTIA, ITT, IPT, IPP et éventuellement perte d'emploi) s'exercent-elles pendant toute la durée du prêt ? Les affections dorsales ou psychiatriques sont-elles couvertes par les garanties incapacité ou invalidité et si oui, avec ou sans conditions d'hospitalisation ? A partir de quel taux d'invalidité la garantie IPP se déclenche-t-elle ? Voici quelques-unes des caractéristiques qui doivent être renseignées. Cette rubrique conserve toutefois une certaine ambigüité : ces garanties ne sont en effet ni celles exigées par la banque, ni celles envisagées pour l'emprunteur, mais forment en fait une sorte de catalogue de ce qui est disponible. Les garanties réellement proposées à l'emprunteur apparaissent dans une autre rubrique nommée, là aussi avec une certaine ambigüité, « la solution d'assurance [envisagée par l'emprunteur] à ce stade ».
La nouvelle FSI ajoute aussi, dans la rubrique destimation du coût de lassurance envisagée, une colonne dédiée au taux annuel effectif de lassurance (TAEA). Issu de la loi bancaire de juillet 2013 et obligatoire depuis le 26 juillet 2014, ce taux est précisément destiné à faciliter la comparaison du coût réel de lassurance (lire aussi : Le calcul du taux annuel effectif de l'assurance précisé par décret). Elle intègre enfin une rubrique de « formalisation du devoir de conseil », absente en tant que telle de la fiche actuelle, ainsi que la mention obligatoire rappelant le droit pour lemprunteur de « souscrire une assurance auprès de lassureur de [son] choix et la proposer en garantie au prêteur », « jusquà 12 mois après la signature de loffre de prêt ».
Consulter larrêté du 29 avril 2015 (JO du 7 mai 2015) précisant le format et le contenu de la fiche standardisée dinformation relative à lassurance ayant pour objet le remboursement dun prêt
(1) Selon la définition fournie par la FBF, une norme professionnelle est une « règle professionnelle ou déontologique normative pour tous les établissements bancaires ( ) ».

















