Depuis le 1er septembre 2010, grâce à la loi dite « Lagarde » sur le crédit à la consommation, les banques nont plus la possibilité dimposer, lorsquelles accordent un crédit immobilier, leur propre assurance de prêt. Lemprunteur a ainsi la possibilité dopter pour la « délégation », cest-à-dire de souscrire auprès de lassureur de son choix lassurance qui garantira le remboursement de son prêt. En faisant jouer la concurrence, il peut ainsi espérer obtenir une diminution du coût.
Les banques conservent toutefois un droit : celui de refuser cette délégation si le contrat choisi par lemprunteur ne présente pas des garanties équivalentes à son contrat de groupe. Un obstacle de taille pour lemprunteur, qui se retrouve à devoir comparer les clauses souvent sibyllines des contrats quon lui propose. Résultat : malgré la loi Lagarde, moins de 15% des crédits immobiliers donnent lieu à une délégation dassurance de prêt (1).
Cest pour laider dans cette tâche que le Comité consultatif du secteur financier (2) a été mandaté, en juillet 2014, par le ministère des Finances pour établir un nouveau dispositif dappréciation de léquivalence des garanties dun contrat à lautre. Au terme dune vaste concertation avec les différentes parties prenantes de ce marché (banques, compagnies dassurance, intermédiaires, consommateurs), le CCSF a publié le 13 janvier dernier un avis, qui fixe le cadre de cette nouvelle méthode.
Une quinzaine de critères à choisir
Elle sarticule autour dune liste fermée de garanties « raisonnables », au sein de laquelle la banque prêteuse devra sélectionner 11 critères maximum, plus 4 supplémentaires portant sur la garantie perte demploi, sil y a lieu. A lui seul, lexamen de cette liste (fournie en annexe de lavis) est riche denseignements sur le type de garanties exigibles dans le cadre dune assurance emprunteur. Elle regroupe ainsi 26 entrées, regroupées par type de garantie : décès ; perte totale et irréversible dautonomie (PTIA) ; incapacité ; invalidité totale ou partielle ; perte demploi. Exemple ditems : lassurance couvre-t-elle la pratique du sport ? Et les douleurs dorsales ou les affections psychiatriques ? Est-elle maintenue en cas de déplacement à létranger ? Les garanties décès ou PTIA sont-elles couverte ou non pendant toute la durée du prêt ? Quels sont les délais de franchise en cas dincapacité ou dinvalidité ? Et le délai de carence en cas de perte demploi ?
Consulter la liste des caractéristiques de garanties du CCSF
La liste de ces exigences - établie « en fonction du type dopération, du type de prêt et du statut professionnel de lemprunteur - devra ensuite être communiquée au client au sein dune fiche personnalisée. La remise se fera « suffisamment tôt pour permettre au candidat à lemprunt dexercer sa liberté de choix en matière dassurance emprunteur ( ) » détaille lavis, « et en particulier en amont de lémission de loffre de prêt ».
Grâce à ce document, l'emprunteur pourra ainsi, plus simplement qu'aujourd'hui, comparer les caractéristiques du contrat de groupe de sa banque avec celles de contrats proposés par d'autres assureurs. En effet, pour compléter le dispositif, la fiche standardisée d'information (FSI), document public remis depuis 2010 aux futurs emprunteurs, va être revue pour inclure elle aussi la liste des garanties issues de la liste fermée. Cette révision va faire l'objet d'un arrêté, à paraître dans les semaines à venir.
Entrée en vigueur en octobre
La nouvelle méthode de comparaison, elle, entrera en vigueur le 1er octobre 2015 au plus tard. Mais dès le 1er mai, les banques prêteuses ne pourront plus motiver un refus de délégation quen utilisant une des garanties présentes dans la liste de 26.
La Fédération bancaire française, association représentative du patronat bancaire, a par ailleurs annoncé la publication prochaine dune règle professionnelle, document qui engagera lensemble des banques françaises.
(1) Source : APIC
(2) Le CCSF, qui dépend de la Banque de France, est chargé de la régulation des relations entre les banques et leurs clients.















