Les vacances approchent à grands pas. Et si vous avez prévu de partir hors zone euro, se pose tôt ou tard la question des devises. Faut-il faire du change avant de partir ou retirer de l'argent une fois sur place ? Et où trouver les taux de change les plus avantageux ?

Avant de partir à l'étranger, vous pouvez échanger vos euros contre des devises auprès de votre banquier. La plupart du temps, la banque ne détient pas les espèces en question. Mais votre conseiller personnel peut les commander à un grossiste sur simple demande de votre part, auquel cas vos billets seront prêts en l'espace de quelques jours.

Toutefois, ce service a un prix. La Caisse d'Epargne Ile-de-France, par exemple, prélève 3% de la somme échangée, avec un minimum de 5 euros. Ces frais peuvent encore gonfler si vous faites appel à une banque dont vous n'êtes pas client. Société Générale facture ainsi 1,5% de frais, avec un minimum de 6 euros, auquel viennent s'ajouter 9,90 euros de frais fixes pour les non-clients.

Autre bémol : certaines banques appliquent un taux de change « maison », souvent supérieur au cours officiel, ce qui peut générer des frais cachés pour leurs clients. « En moyenne, ces frais représentent 3 à 5% de la transaction », estime Julie Arnoux, directrice commerciale de Wise, une fintech spécialiste des transferts d'argent à l'international.

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De fortes disparités

Résultat ? Pour alléger la facture, mieux vaut se tourner vers un bureau de change. Moins gourmands en frais, ces acteurs se contentent le plus souvent d'une commission de 1 à 2%. Cela dit, tous ne se valent pas. Et d'un établissement à l'autre, il existe d'importantes disparités.

D'après le site bureau-change.fr, qui permet de comparer les offres des cambistes indépendants, vous recevrez ainsi 995 dollars américains pour 1 000 euros échangés en passant par le cambiste Arcades Change, situé à Paris, contre 961,60 dollars par Global Cash, basé à Lyon, soit 3,36% d'écart.

La différence est encore plus importante pour certaines paires de devises, plus rarement demandées : si vous changez 1 000 euros en shekels israéliens, vous obtiendrez 3 410 shekels chez Arcades Change, mais seulement 3115,4 shekels chez Global Cash, soit 8,64% d'écart.

Avant d'échanger vos euros contre des devises, prenez par conséquent le temps de comparer les offres disponibles. Et dans la mesure du possible, évitez les bureaux de change à proximité immédiate des aéroports : ils sont systématiquement plus chers que les établissements situés en centre-ville.

Si vous avez trouvé un taux de change intéressant sur internet, téléphonez de préférence au bureau de change pour commander vos devises au taux indiqué en ligne, car les taux appliqués en boutique se révèlent souvent moins avantageux.

Pensez également à comparer les prestations proposées. Certains bureaux de change proposent par exemple un service de « cashback ». S'il vous reste des devises à votre retour de voyage, ils s'engagent à vous les racheter au taux de change auquel ils vous les ont cédées. D'autres proposent de livrer vos devises à domicile, pour vous éviter de vous déplacer en boutique. Mais ce service s'accompagne souvent de frais supplémentaires.

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Le déclin des cambistes

Depuis plusieurs années, le nombre de bureaux de change ne cesse de diminuer en France. La Banque de France recensait 828 changeurs manuels agréés en 2001. Près de 20 ans plus tard, ils ne sont plus que 177. En cause : le passage à l'euro, puis la pandémie. Mais aussi la montée en puissance des comptes multi-devises, comme Revolut, N26 et Wise.

En dehors de la zone euro, les clients des banques traditionnelles paient en moyenne 5,58 euros pour un retrait de 100 euros. Ils ont donc tout intérêt à changer des devises avant de partir pour limiter la facture.

Cela dit, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Et de plus en plus d'opérateurs proposent des comptes avec pas ou peu de frais à l'étranger. La néobanque N26, avec ses formules N26 You (9,90 euros par mois) et N26 Metal (16,90 euros par mois), propose par exemple des retraits en devises illimités sans frais supplémentaires. Elle applique en outre le taux de change réel Mastercard sur vos transactions en devises, sans majoration.

Les banques en ligne ont elles aussi drastiquement diminué leurs frais sur les retraits hors zone euro. Boursorama Banque propose par exemple 3 retraits gratuits en devises par mois avec sa carte Ultim, puis 1,69% du montant retiré au-delà. Même son de cloche du côté de Fortuneo, où les détenteurs d'une Mastercard Gold ou d'une World Elite Mastercard ne paient aucun frais sur les transactions à l'étranger. Si vous êtes clients de ces banques, mieux vaut par conséquent retirer de l'argent une fois sur place.

Boursorama sacrifie les frais à l'étranger sur sa carte Visa Premier

Gare aux taux

Même si votre banque ne facture aucun frais, la prudence reste de mise. « Les vacanciers doivent accorder une attention particulière au moment de retirer de l'argent aux guichets automatiques », prévient Julie Arnoux. Et pour cause : les opérateurs de guichets automatiques ont souvent leur propre taux de change. « Ils appliquent des marges importantes et gagnent ainsi de l'argent à chaque retrait », poursuit Julie Arnoux.

Et la facture est parfois salée. En Australie, Wise a constaté qu'avec un retrait équivalent à 100 euros, la majoration du taux de change se traduit par un écart de 6,30 euros par rapport au taux de change moyen. Ce surcoût atteint 5,86 euros aux Etats-Unis et 4,82 euros en Nouvelle-Zélande. Des commissions presque invisibles, puisque les guichets automatiques n'indiquent pas toujours le taux de change utilisé. « Seule la consultation du relevé de compte permet d'avoir cette information », précise Julie Arnoux.

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Voyager sans cash

Dernière option à votre disposition : payer vos achats par carte bancaire. Mais si la carte bancaire est devenue omniprésente en France, il n'en va pas de même dans tous les pays du monde. « Même si la tendance est au paiement par carte bancaire, quiconque voyage beaucoup à l'étranger sait qu'il est souvent compliqué d'éviter le recours à l'argent liquide. Cela dépend des options de paiement disponibles dans le pays », confirme Julie Arnoux.

Sans oublier que les paiements par carte hors zone euro ne sont pas toujours gratuits. Loin s'en faut. La Banque Postale prélève par exemple 2,30% du montant de chaque paiement en devises, avec un plafond à 6 euros par opération. Pire : certaines banques appliquent également des frais fixes. C'est notamment le cas de la banque LCL, qui facture 2,85% et 1,20 euros à chaque opération. Résultat, votre facture peut vite flamber si vous multipliez les petits paiements.

Plusieurs banques proposent en revanche la gratuité des paiements à l'étranger. C'est par exemple le cas des banques mobiles N26 et Revolut. Mais aussi de certaines banques en ligne, comme Boursorama Banque, Fortuneo ou encore d'Orange Bank, avec sa carte Premium. Le cas échéant, payez par carte dès que vous en avez l'occasion.

En résumé :

  • Si vous êtes client d'une banque traditionnelle : changez vos devises avant votre départ en passant par un bureau de change et en comparant les offres pour obtenir un meilleur taux. Une fois sur place, privilégiez les paiements en cash.
  • Si vous êtes client d'une banque qui ne facture pas de frais à l'étranger : essayez de régler vos paiements par carte bancaire lorsque c'est possible. Et retirez des espèces directement sur place si vous avez besoin de liquidités.

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