Le ton monte dun cran entre les banques françaises et le fisc américain. Entre les deux, la Fédération bancaire française (FBF) - le lobby des banques dans lHexagone - tente dimposer Bruno Le Maire comme arbitre. En effet, dans un courrier envoyé le 17 juillet au ministre de lEconomie et des Finances, Laurent Mignon, le patron de la FBF, tire la sonnette dalarme et appelle lexécutif à réagir au plus vite, sans quoi les banques pourraient être dans lobligation de clôturer 40 000 comptes bancaires appartenant à des Franco-américains.
Lorigine du problème : le Foreign account tax compliance act (Fatca), un règlement fiscal américain qui impose aux banques étrangères didentifier leurs clients de nationalité américaine et de transférer leurs informations bancaires au fisc américain. Mais, parmi ces clients, certains surnommés « Américains accidentels » car ils nentretiennent aucuns liens avec les Etats-Unis - sont dans lincapacité de transmettre aux banques la totalité des informations demandées dans le cadre du Fatca, notamment un numéro de sécurité sociale américain.
Fin du régime dérogatoire à partir de 2020
Jusquà présent, les banques pouvaient contourner cette obligation en remplaçant cet identifiant par la date de naissance du titulaire du compte. Mais au 1er janvier 2020, le moratoire prendra fin et, par conséquent, les établissements bancaires devront désormais indiquer le bon numéro fiscal. Sils ne le font pas, ils sexposeront alors à de lourdes sanctions financières : une pénalité de 30% sur tous les flux financiers en provenance des Etats-Unis.
Doù la mise en garde adressée la semaine dernière à Bruno Le Maire et résumée ainsi par Laurent Mignon : « Il apparaît urgent de vous alerter sur ce sujet et plus particulièrement sur le nécessité, à défaut de pouvoir pérenniser lutilisation de la date de naissance, de trouver une solution opérationnelle adéquate et pérenne permettant déviter, le rejet, pour défaut de conformité, des informations qui seront transmises par les établissements bancaires français », écrit le président de la FBF. La balle est donc désormais dans le camp du gouvernement.




















