Alain Martin, quel est lobjectif de lalliance FIDO, qui a pris pied en Europe depuis novembre dernier ?
Alain Martin : « Lobjectif de cette alliance est dinfluencer le marché, afin de faire du protocole FIDO un standard pour lauthentification en ligne. Un standard ouvert, interopérable, qui permet dunifier et donc de simplifier lexpérience des clients pour les e-paiements, la connexion à leur banque en ligne, etc. »
En Europe, la récente directive sur les services de paiement (DSP2) va généraliser le recours à lauthentification forte. LAlliance FIDO arrive donc à point nommé
A.M. : « Effectivement, nous sommes là pour éduquer, informer et montrer que lusage de lauthentificateur FIDO est idéal pour se mettre en conformité avec la DSP2. Lenjeu ne se limite dailleurs pas aux paiements en ligne : les agrégateurs de comptes devront aussi passer par lauthentification forte pour se connecter aux banques et récupérer les données de leurs usagers. Toutefois, la DSP2 fixe les principes mais laisse beaucoup de liberté sur la manière de les mettre en uvre. Il y a donc un risque de fragmentation des usages. »
Doù la nécessité dune standardisation
A.M. : « Oui. Jusquici, lauthentification forte sest peu développée car elle est trop compliquée. Pour permettre son développement, il faut standardiser et unifier lexpérience. Si chaque acteur utilise une méthode dauthentification forte différente, cela va devenir très compliqué pour lusager, et très coûteux pour les banques. »
Les banques ont donc intérêt à ladoption de standards
A.M. : « Oui, absolument. ING, par exemple, est membre de lalliance FIDO. »
La généralisation de lauthentification forte signifie-t-elle la fin de la domination de la carte bancaire pour les paiements en ligne ?
A.M. : « Non, au contraire, les grands réseaux sont les premiers prêts, et lusage de la carte bancaire va continuer. Visa et MasterCard font dailleurs partie de lalliance, et lauthentificateur FIDO est parfaitement compatible avec 3D Secure. »
Parmi les facteurs possibles dauthentification, un semble sortir du lot : la biométrie
A.M. : « Le recours à la biométrie, que ce soit lempreinte digitale, liris ou le visage, présente en effet un excellent rapport entre sécurité et facilité dutilisation. Elle nest pas infaillible, on peut la tromper avec des faux, mais pas de manière industrielle : elle empêche donc les attaques à grande échelle. On peut penser quelle va continuer à se déployer. »
Authentification forte, mode demploi
Difficile de savoir à distance quune personne est bien celle quelle déclare être. Pour sen assurer, on peut recourir à une authentification forte, cest-à-dire utilisant deux facteurs indépendants lun de lautre, de façon à ce que la compromission de l'un ne remette pas en question la fiabilité de lautre. Ces facteurs peuvent ainsi être quelque chose que seul lutilisateur connaît (un code, un mot de passe, etc.), quelque chose que lui seul possède (une clé, un mobile, un cryptogramme inscrit dans une carte, etc.) ou quelque chose quil est (une empreinte digitale ou vocale, par exemple).
Aujourdhui, le dispositif dauthentification forte le plus courant est 3D Secure, qui utilise le plus souvent lenvoi dun code secret à usage unique sur un mobile. A terme, le recours à la biométrie via le mobile devrait simposer.
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