Google, Alibaba, Intel, Microsoft, mais aussi PayPal, MasterCard ou ING : ce sont quelques unes des têtes daffiches de la « FIDO Alliance », un consortium industriel lancé en février 2013 avec lobjectif de faire progresser lidentification renforcée des usagers au sein des services numériques. Au total, la FIDO (pour Fast Identity Online) Alliance regroupe plus de 250 sociétés, géants du web, e-commerçants, réseaux de paiement et grandes banques notamment.
Son directeur exécutif, Brett McDowell, sest récemment fendu dune prise de position dans le débat opposant les banques et lAutorité bancaire européenne (EBA) dun côté, la Commission européenne et les fintechs de lautre, à propos des conditions techniques de mise en uvre de la directive révisée sur les services de paiements (DSP2). Il annonce aussi avoir écrit à la Commission européenne sur le sujet.
Web scraping contre API
Au cur de la controverse opposant banques et nouveaux acteurs, une technique informatique de capture de données décran baptisée screen scraping. Actuellement, les agrégateurs de compte - ou « services dinformation sur les comptes » dans la nouvelle nomenclature européenne -, notamment, utilisent cette technique pour accéder, avec laccord des usagers mais à linsu des banques concernées, aux données des comptes bancaires.
LEBA, chargée de plancher sur la mise en uvre technique de la DSP2, a proposé dinterdire cette technique, jugée peu sûre, au profit dinterfaces de programmation dapplication (API). Les fintechs, de leur côté, souhaitent conserver lalternative du screen scraping dans le cas où les API proposées par les banques ne leur donnent pas satisfaction. Signataires dun manifeste, elles ont réussi à convaincre la Commission européenne, qui craint justement que les banques limitent la portée de la DSP2 en verrouillant leurs API.
LAPI plus sûre et plus discrète
Quen pense le porte-parole de la FIDO Alliance ? Sans surprise, il penche clairement du côté des banques. « Nous ne voyons pas comment lapproche du screen scraping exigée par la Commission Européenne pourrait être appliquée dans le respect des règles de sécurité imposées par la DSP2 », écrit-il dans son commentaire. Le texte européen généralise en effet lusage dune authentification forte de lusager pour les paiements à distance.
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Contrairement au screen scraping, les API, détaille la communication de la FIDO Alliance, ont justement lavantage dêtre autorisées « par une authentification forte du client, cest-à-dire avec des identifiants chiffrés avec une clé publique, garantissant ainsi un niveau de protection très élevé, et non via le recours aux mots de passe, intrinsèquement vulnérables ». Elles présentent aussi, toujours selon la FIDO Alliance, des avantages en termes de confidentialité, permettant « aux consommateurs daccorder laccès à leurs comptes bancaires à un niveau granulaire, en choisissant de partager certaines informations et dautres non », conclut Brett McDowell.
Cette prise de position suffira-t-elle à infléchir la position de la Commission européenne ? Réponse dans les prochaines semaines.

















