Le chiffre fait froid dans le dos. Selon les chiffres récemment dévoilés par la Banque de France pour 2025 (1), les sommes dérobées à la suite de fraudes par manipulation a dépassé le demi-milliard d'euros, un montant en hausse de 34% par rapport à l'année précédente. Ce type d'arnaque sophistiquée, où l'escroc manipule sa victime pour qu'elle effectue ou valide elle-même une opération frauduleuse, pèse désormais pour plus de 40% du total de la fraude aux moyens de paiement. Deux fois plus qu'il y a cinq ans.

Faux conseillers bancaires : les chiffres chocs de l'explosion de la fraude par manipulation

Le phénomène, évidemment, inquiète les pouvoirs publics. Certaines mesures de prévention ont bien été mises en place, à l'image du service de vérification des bénéficiaires de virement depuis octobre 2025. Toutefois, les stratégies mises en œuvre par les malfaiteurs, désormais aidés par l'IA, sont suffisamment ingénieuses et variées pour compliquer la réponse des banques et autres prestataires de service de paiement.

Un questionnaire pour mieux comprendre les méthodes des escrocs

C'est pour mieux comprendre ces stratégies et la manière d'y répondre que Roland Lescure, le ministre de l'Économie et des Finances, vient de commander un diagnostic des méthodes utilisées par les fraudeurs pour entrer en contact avec leurs victimes.

En réponse à la publication des chiffres 2025 de la fraude, le 7 septembre dernier, le secteur bancaire, par la voix de la Fédération bancaire française (FBF), avait notamment pointé du doigt les « plateformes numériques » et les « opérateurs télécom », les appelant à se mobiliser davantage : « Les banques françaises rappellent que la fraude par manipulation prend très souvent naissance par des appels téléphoniques usurpés, SMS frauduleux, messageries instantanées, réseaux sociaux, fausses publicités, faux sites d'investissement ou usurpation d'identité de professionnels. Pour être efficace, la lutte contre ces fraudes ne peut donc pas reposer sur les seuls établissements bancaires. »

La mission a été confiée au Comité consultatif du secteur financier (CCSF), qui rassemble, sous le patronage de la Banque de France, des représentants des consommateurs, des professionnels du secteur financier et des pouvoirs publics. L'organe a ainsi ouvert une consultation publique à destination des victimes de fraude. « Les enseignements tirés de cette consultation contribueront à l'élaboration d'un diagnostic partagé et à l'identification de pistes d'action susceptibles de renforcer la prévention et la lutte contre les fraudes et escroqueries financières. »

La consultation est ouverte jusqu'au 30 novembre 2026, sous la forme d'un questionnaire en ligne.

(1) Source : rapport 2025 de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) de la Banque de France