Le bac en poche, finie, en théorie, la belle vie logé, nourri, blanchi chez papa et maman. Pour l’étudiant qui poursuit ses études loin de chez lui, trouver un logement est alors un véritable casse-tête. Question d’argent bien sûr, mais aussi de disponibilités dans les villes universitaires où la demande est forte.

L’année du bac est une période très délicate pour un futur étudiant : il doit à la fois se consacrer aux cours pour décrocher le précieux sésame indispensable à la poursuite de ses études dans l’enseignement supérieur, et dans le même temps choisir la filière pour l’année suivante. Se pose ensuite, pour lui et ses parents, la question du logement pour les années à venir.

Chez les parents ou un studio

La situation la plus économique est évidemment celle où il peut continuer à vivre au domicile familial à condition qu’il ne soit pas trop éloigné du lieu de ses études. Si votre enfant ne peut pas résider chez vous, il va falloir trouver une autre solution d’hébergement. Les résidences universitaires du secteur public, gérées par le Crous (Centre régional des œuvres universitaires) proposent des chambres, des studios ou plus rarement des petits deux pièces à loyer très doux (on dit une redevance). Mais ils sont généralement réservées aux étudiants boursiers et sont insuffisants pour répondre à toutes les demandes, du moins dans les métropoles. Pour bénéficier d’un logement Crous, l’étudiant ne doit pas étudier dans la ville où résident ses parents, sauf si la demande de logement est motivée par une rupture familiale, c’est-à-dire que ses parents l’ont chassé de chez eux.

Souvent situées à proximité des campus, avec différents services (laverie, ménage, petite restauration, parking, local vélos etc), les résidences étudiantes privées construites par des promoteurs immobiliers ou des sociétés foncières proposent des appartements meublés à des loyers qui sont calculés en fonction de ce qui se pratique sur le marché immobilier local.

Des aides au logement

Peu importe la forme de logement choisie, meublé ou non, les étudiants peuvent bénéficier, selon leurs ressources, des aides au logement. Il peut s'agir de l'aide personnalisée au logement (APL), de l'allocation de logement social (ALS) ou encore de l'allocation de logement familial (ALF). Ces aides sont refusées si les parents de l’étudiant sont passibles de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). Une réforme pour le calcul des des aides au logement entrera en vigueur le 1er janvier 2021. Elles seront basées sur les ressources des 12 derniers mois et non plus sur les revenus d'il y a 2 ans.

Location ou colocation

Autre solution pour l’étudiant : la location d’un logement indépendant. Les loyers sont par principe élevés dans les métropoles et aux abords des campus et plus raisonnables dans les autres cas.

Le bail du logement loué meublé, ou non, peut être conclu pour une durée de neuf mois sans possibilité de prolongation. Le bailleur demandera que l’étudiant lui présente une caution, à savoir une personne qui sera garante du paiement des loyers et charges, généralement il s’agit d’une caution parentale. La garantie locative VISALE, un service du groupe Action Logement, consiste pour cet organisme à se porter caution pour l’étudiant. Il assure ainsi au bailleur qu’il paiera les loyers en cas d’impayés à condition que le loyer ne soit pas excessif.

Obligatoire s’il s’agit d’un logement meublé, pour une durée d’un mois à dix mois, le bail mobilité peut être proposé aux étudiants par des propriétaires bailleurs personnes physiques.

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La colocation d’un appartement ou d’une maison par deux ou plusieurs étudiants peut être une solution pour se loger à bon compte. Formule avantageuse sur le plan financier, la chambre chez l’habitant peut se concevoir de deux façons : le propriétaire de la maison ou de l’appartement accueille sous son toit l’étudiant moyennant une participation financière mensuelle ou gratuitement en échange de quelques menus services, par exemple, faire les courses, effectuer le petit entretien du logement… Pourcela, il existe le contrat de cohabitation intergénérationnelle qui permet à un étudiant de moins de 30 ans de se loger à moindre coût en partageant le logement d’une personne âgée de plus de 60 ans. Plus de détails sont à retrouver sur le site www.cohabilis.org/

Il y a aussi les Espacil Habitat. Ces agences du groupe Action Logement peuvent proposer aux étudiants des locations ou colocations de logements à loyer modéré.

Des logements adaptés

Selon une étude du ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, lors de la rentrée scolaire 2018, ont été recensés 34 553 étudiants en situation de handicap dans les établissements d’enseignements supérieurs, soit 1,57% de l’effectif étudiant total. Si les conditions matérielles comme l’accès aux locaux d’enseignement ou de restauration constituent un frein, pour l’étudiant en situation de handicap, le logement reste la principale difficulté.

Des mesures dérogatoires ont donc été mises en place pour favoriser l’accueil des étudiants en situation de handicap dans les résidences universitaires gérées par les Crous. L’étudiant présentant un handicap reconnu par la Maison départementale du handicap (MDPH) peut obtenir de manière prioritaire la mise à disposition d’un logement en résidence universitaire, adapté à son handicap, si celui-ci en a besoin pendant une période maximale de cinq ans. Il doit toutefois, comme tous les étudiants, renouveler sa demande tous les ans et justifier de sa situation. Si le Crous n’est pas en mesure d’attribuer un logement, l’étudiant peut postuler auprès de l’Espacil Habitat le plus proche de son lieu d’études.

L'atout de l'investissement locatif

Dans la mesure où vous avez le projet de réaliser un investissement locatif, vous pouvez saisir l’opportunité d’acquérir un logement que votre enfant occupera pendant ses années d’études et que vous pourrez ensuite proposer à d’autres locataires, et encaisser ainsi un revenu locatif. C'est le cas du dispositif Pinel si vous respectez les conditions exigées. A compter du 1er janvier 2021, cette réduction d’impôt n’est accordée que pour les logements situés dans un bâtiment d’habitation collectif.

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