La mitoyenneté peut virer au casse-tête et envenimer les relations de voisinage. Ce quil faut savoir quand on est concerné.
Cest quoi un mur mitoyen ?
« Un mur mitoyen, c'est un mur qui est commun entre les deux voisins, ils en sont copropriétaires. On parle de copropriété forcée parce que cet état d'indivision est en principe perpétuel », résument les notaires de France. Est présumé mitoyen, selon larticle 653 du code civil, « tout mur servant de séparation entre bâtiments jusqu'à l'héberge, ou entre cours et jardins, et même entre enclos dans les champs ».
« Toutefois, le mur n'est pas mitoyen s'il existe : une pente unique à son sommet ou des tuiles ou corniches d'un seul côté. Dans ces 2 cas, le mur est réputé appartenir exclusivement au propriétaire du côté duquel se trouve la pente, les tuiles ou les corniches », précise le site service-public.
Lire aussi : comment déterminer si un mur est mitoyen ?
Quels sont vos droits ?
Si le mur est mitoyen, chaque voisin a un large droit dusage de la face située de son côté, mais avec des limites. Le propriétaire mitoyen peut ainsi y adosser une construction mais avec lautorisation de son voisin (article 662 du code civil). En cas de refus, il peut demander au tribunal judiciaire de lautoriser à réaliser les travaux projetés.
Chaque propriétaire peut également surélever le mur mitoyen, prévoit larticle 658 du code civil. Celui qui prend linitiative des travaux de surélévation na pas à obtenir lautorisation de son voisin daprès un arrêt de la Cour de cassation de septembre 2018. Mais il doit payer les travaux et les frais dentretien dépassant le mur commun.
Voir aussi : On ne peut pas créer d'ouverture dans un mur mitoyen
Avant de vous lancer dans les travaux, vérifiez que la règlementation locale en matière durbanisme nimpose pas une hauteur maximale aux murs de clôture. En principe, les plantations en espalier (rosier, vigne, arbuste fruitier par exemple) peuvent être installées par chaque propriétaire de son côté du mur séparatif sans avoir à respecter de distance minimale à condition de ne pas dépasser la crête du mur (article 671, code civil). En revanche, les arbres dont la hauteur dépasse deux mètres doivent être plantés à une distance dau moins deux mètres de la ligne séparative des deux propriétés. Les fruits appartiennent uniquement au propriétaire de larbre sauf sils sont tombés chez le voisin qui a le droit de les récupérer.
Qui paie quoi ?
Les propriétaires du mur mitoyen ont des droits mais ils doivent aussi assumer certaines obligations dont la principale est financière. Larticle 655 du code civil indique que les frais dentretien courant et de réparations du mur commun doivent être partagés. Si la mitoyenneté est partielle, la répartition des dépenses seffectue à hauteur des droits de chacun.
En pratique, cette règle de partage des frais est parfois nuancée par les tribunaux : pour que le voisin mitoyen soit dans lobligation dassumer sa quote-part de frais, il est nécessaire que ces derniers soient nécessaires et profitent aux deux parties. Le propriétaire mitoyen qui par souci esthétique fait reconstruire un mur qui nest pas abîmé doit en supporter seul les frais. Il ne peut pas exiger une participation financière de son voisin. A linverse, la Cour de cassation a précisé dans un arrêt de décembre 2019 que lorsque le mur sest dégradé car lun des propriétaires a refusé de participer aux frais dentretien, il doit seul supporter les travaux de reconstruction.
Renoncer à la mitoyenneté
« Tout copropriétaire d'un mur mitoyen peut se dispenser de contribuer aux réparations et reconstructions en abandonnant le droit de mitoyenneté, pourvu que le mur mitoyen ne soutienne pas un bâtiment qui lui appartienne », souligne larticle 656 du Code civil. Il ne peut pas non plus abandonner la mitoyenneté pour se soustraire à son obligation de participer aux frais de remise en état. Il doit dabord les régler avant de se désengager. Sachez quen renonçant à la mitoyenneté vous naurez plus aucun mot à dire concernant le mur qui devient un bien privatif de votre voisin.









