Depuis une quinzaine dannées, le nombre de diagnostics immobiliers à la charge du vendeur dun logement saccroit régulièrement. Le but ? Informer le futur acquéreur sur létat général du logement et assurer sa protection en lui permettant de savoir sil comporte des dangers pour sa sécurité ou sa santé, mais également si certains types de travaux seront nécessaires. Autrement dit, lacquéreur achète en connaissance de cause et ne peut ensuite reprocher au vendeur de lui avoir dissimulé certaines anomalies, ce dernier sexonérant ainsi de sa garantie des vices cachés.
Les diagnostics immobiliers, également nommés diagnostics techniques, que doit fournir le vendeur sont regroupés dans un document unique nommé dossier de diagnostic technique (DDT), annexé à la promesse unilatérale de vente ou au compromis de vente, ou à défaut à lacte authentique de vente chez le notaire.
Superficie du logement
Elle ne fait pas partie des diagnostics mais la superficie du logement situé dans une copropriété (loi Carrez ) figure obligatoirement dans la promesse ou le compromis de vente, ou à défaut dans lacte de vente. Si la superficie mentionnée dans les actes comporte une erreur de plus de 5% par rapport à la surface réelle, lacquéreur peut demander au vendeur une diminution du prix, au prorata du nombre de mères carrés manquant.
Pas moins de huit diagnostics à fournir
Le vendeur ne doit pas forcément fournir tous les diagnostics. Certains sont exigés seulement dans les zones délimitées par arrêté préfectoral (se renseigner sur le site de la préfecture), en fonction de lâge de la construction, ou de linstallation de léquipement.
Par exemple, les termites peuvent faire des dégâts considérables. La présence de ces insectes doit être recherchée si le logement est situé dans une zone désignée par le préfet comme contaminée. « Si, au moment de la signature de la promesse de vente ou de l'acte de vente, l'ancienneté du diagnostic dépasse 6 mois, il faudra le refaire, » précise le site service-public.fr.
Le constat de risque dexposition au plomb est obligatoire pour les immeubles dhabitation dont le permis de construire a été délivré avant le 1er janvier 1949. Sil est négatif, le constat a une durée de vie illimitée. La recherche damiante, un matériau cancérigène, concerne les logements dont le permis a été délivré avant le 1er juillet 1997. En cas de résultat négatif, le constat a une durée de validité illimitée.
Côté sécurité, la loi impose au vendeur de fournir dans le DDT un état de linstallation intérieure délectricité et un état de linstallation de gaz si elles ont été réalisées depuis plus de 15 ans. Pour ces deux états, la durée de validité est de 3 ans.
Le DDT peut comprendre également une information sur la présence dun risque de mérule si le logement est situé dans une zone désignée par arrêté préfectoral comme infectée par ce champignon lignivore qui sattaque aux charpentes, aux boiseries et aux planchers. Il ne sagit pas ici dun véritable diagnostic mais seulement dune information.
Sil existe une installation de chauffage ou deau chaude, il doit être établi un diagnostic de performance énergétique (DPE) indiquant la quantité dénergie effectivement consommée. Purement informatif, ce diagnostic, qui doit dater de moins de 10 ans, ne peut pas être utilisé par lacquéreur pour réclamer, par exemple, une diminution de prix après la vente. Pour un logement non raccordé au tout-à-légout, il faudra procéder à un contrôle de l'état des installations dassainissement non collectif.
Quels prix pour les diagnostics ?
Les diagnostics doivent être réalisés par un diagnostiqueur ayant obtenu un agrément de lEtat. Il nest pas judicieux de demander à lagent immobilier chargé de la vente de vous indiquer un professionnel : généralement, il va vous diriger vers le diagnostiqueur qui a réalisé le diagnostic lors de la précédente vente. Mieux vaut choisir un nouveau professionnel, qui nest jamais intervenu sur ce logement. Les prix des diagnostics ne sont pas réglementés. Résultat, les tarifs peuvent donc varier d'un professionnel à un autre. La facture grimpe vite. « Pour une grande maison en milieu rural dans laquelle il faut réaliser tous les diagnostics, le prix peut aller jusquà près de 2 000 euros », souligne, au Monde, Jean Perrin, président de lUnion nationale des propriétaires immobiliers (UNPI).
Risques naturels, technologiques ou sismiques
Un état des risques et pollutions (ERP) est à remettre à lacquéreur lorsque le logement est situé dans une zone couverte par un plan de prévention des risques technologiques du fait de la présence proche dinstallations industrielles dangereuses, ou par un plan de prévention des risques naturels prévisibles : inondations, avalanches, crues torrentielles, cyclones, éruptions volcaniques, tremblements de terre ou encore présence potentielle de radon (un gaz radioactif présent naturellement dans certaines zones).
LERP peut être établi par un diagnostiqueur certifié ou par le vendeur lui-même. Dans ce cas, il suffit dimprimer depuis www.georisques.gouv.fr le formulaire officiel intitulé Etat des risques et pollutions. Une notice pour vous aider à le remplir est également fournie sur le site. Quant aux informations à y mentionner, vous les trouverez sur le plan de prévention des risques, publié sur le site de la préfecture (ou de la mairie) du lieu où se situe le logement qui y est soumis. L'ERP doit avoir été rempli moins de 6 mois avant la signature de la promesse de vente (ou, à défaut, à l'acte de vente).
Une possible annulation de la vente
Le vendeur doit informer lacquéreur, au moyen dune mention figurant dans lacte authentique de vente, des sinistres subis par le logement ayant fait lobjet dune indemnisation par un assureur suite à une catastrophe naturelle ou technologique. Faute de cette information, lacquéreur peut demander en justice lannulation de la vente ou une diminution du prix. Ces sanctions potentielles sont identiques si l'ERP manque et que l'acquéreur découvre que le logement est situé dans une zone à risques.


















