Bénéficiaire assurance vie post-décédé / pas d'autre bénéficiaire / pas de clause de représentativité

Error75 a dit:
Bonjour,

Je pense qu'il a manqué quelques informations sur le sujet.

L'assureur campant sur ses positions, j'ai fait une demande auprès du Médiateur de l'Assurance. Une partie de sa réponse du 18/11/2022 :

"J'estime qu'il convient de donner une suite partiellement favorable à votre demande dans le litige vous opposant à l'entreprise d'assurance ---------. J'invite donc cette dernière, à titre d'équité dans le cadre de la présente procédure de règlement amiable, à établir les documents à lui retourner au nom des héritiers de Madame B. et à vous verser, à réception de l'ensemble des pièces nécessaires au règlement, la quote-part qui vous revient dument revalorisée. Je l'invite également à augmenter cette somme d'intérêts de retard au titre du non-respect du délai de demande de pièces de quinze jours pour la période comprise entre le 18 et le 24 novembre 2020.
Pour information, j'adresse une copie de la présente proposition de solution à la Direction Générale de l'entreprise d'assurance.
Conformément à l'article R.612-4 du Code de la consommation, je vous informe que cette proposition de solution peut être différente de la décision qui pourrait être rendue par un juge, que les parties restent libres de saisir. A cet égard. j'attire votre attention sur le fait que sa délivrance fait courir à nouveau le délai de prescription. conformément aux termes de l'article 2238 du Code civil.."

N'ayant pas le moindre retour de la part de l'assureur, j'ai contacté le Médiateur en date du 27/12/2022 en l'informant de la situation, or faute de retour de l'assureur, je ne pouvais donc me prononcer sur sa proposition.

Le 12/01/2023, j'ai envoyé un courrier au Médiateur en lui disant ceci :

"Dans votre courrier du 18 novembre 2022 vous indiquiez : « Les parties disposent d'un mois pour accepter ou refuser la présente proposition de solution à compter de sa notification. À cette fin, vous trouverez ci-joint un coupon-réponse à me retourner, daté et signé. » et vous notiez : « J'invite donc cette dernière (assureur), à titre d'équité dans le cadre de la présente procédure de règlement amiable, à établir les documents à lui retourner au nom des héritiers de Madame B. et à vous verser à réception de l’ensemble des pièces nécessaires au règlement, la quote-part qui vous revient dument revalorisée. ».
La situation n’ayant pas évolué depuis notre courrier du 27 décembre 2022, nous en concluons que l’assureur n’a pas accepté votre proposition. Dans cette optique et afin de débloquer la situation, nous avons demandé un rescrit fiscal en date du 11 janvier 2023. Nous saisirons ensuite les tribunaux compétents afin de débloquer la situation."

J'ai donc envoyé 3 demandes de rescrits. Un au domicile de la souscriptrice et un pour chacun des héritiers tout en sachant que le dossier était déjà connu car j'avais déjà obtenu des réponses non formelles (réponse simple).

Le premier retour a eu lieu le 23/01/2023, retour rapide car le dossier avait déjà été étudié et avait obtenu une réponse positive mais une réponse non formelle. Je vous place la fin du courrier :

"Je vous confirme dès lors que les sommes versées par l'assureur tant à votre père, M. B., qu'à vous-même, ne sont pas à soumettre aux droits de mutation à titre gratuit (droits de succession) prévus à l'article 777 du code général des impôts, mais relèvent du mode de taxation prévu aux articles 757 B ou 990 I du code général des impôts.
J'attire votre attention sur le fait que cette réponse constitue une prise de position formelle au sens du 1 de l'article L 80 B du livre des procédures fiscales. Néanmoins, elle ne pourra être invoquée dès lors que les éléments portés à ma connaissance seraient incomplets ou inexacts ou en cas de modification ultérieure de la situation présentée dans votre demande. Elle ne saurait par ailleurs engager l'administration sur les conséquences fiscales et non fiscales autres que celles expressément prévues par la présente lettre.
Cette réponse formelle individuelle supplée à votre profit à l'absence de reprise au bulletin officiel des impôts de la réponse MESLOT que vous évoquez.
Bien que cet avis réponde favorablement à votre interrogation, vous disposez néanmoins d'un délai de deux mois à compter de la réception de ce courrier pour m'informel le cas échéant, de votre intention de solliciter un second examen de votre demande initiale dans les conditions prévues à l'article L 80 CB du livre des procédures fiscales. Dans cette hypothèse, je vous saurais gré de me faire savoir si vous souhaitez vous-même ou par l'intermédiaire de votre conseil, être entendu par le collège compétent pour formuler un avis sur votre demande de second examen."

Le 26/01/2023, j'ai fait parvenir ce rescrit au Médiateur ainsi qu'à l'assureur...

Etonnamment j'ai obtenu un réponse de l'assureur le 03/02/2023.

"Je fais suite à vos courriers datés des 27 décembre et 12 janvier dernier, relatifs à la solution de règlement amiable proposée par le Médiateur de l'Assurance dans le litige nous opposant.
Je vous informe que nous avons pris la décision de suivre l'avis rendu par le Médiateur de l'Assurance.
A ce titre, vous et votre père recevrez très prochainement par voie postale les demandes de pièces justificatives établies à vos noms, afin que vous puissiez procéder à la constitution des dossiers sinistre."

Rien concernant le rescrit et mon courrier du 26/01/2023 dans lequel je demandais une nouvelle fois le paiement de la totalité des pénalités de retard...

Au final, c'est ok on vous fournit les CERFA, on ne paie que les pénalités mentionnées par le médiateur et rien concernant le rescrit.

Nouvelle missive de ma part qui va obtenir la réponse suivante :

"Aussi, dans la mesure où nous nous trouvions dans une période de réclamation durant laquelle vous avez contesté notre position, je vous informe que des pénalités de retard ne sont pas dues entre le 24/11/2020 et le 04/12/2022. Durant cette période, nous n'étions pas en capacité de vous adresser les dossiers de prestation puisque nous avions considéré que la bénéficiaire des contrats était Madame B. et non ses héritiers. Ce n'est qu'à compter du 18/11/2022 (date de l'avis rendu par le Médiateur) que le délai de 15 jours pour adresser les dossiers de prestation à commencer à courir puisqu'à compter de cette date nous avons accepté de suivre la solution équitable émise par le Médiateur et donc de reconnaitre que les bénéficiaires des 4 contrats d'assurance vie étaient les héritiers de la bénéficiaire."

En clair une Médiation suspend le temps des pénalités...

J'ai informé l'assureur que nous allions donc en passer par le Tribunal Judiciaire.

Une saisine a été effectuée pour ma femme.

Ayant eu ensuite les CERFA, nous avons demandé à l'assureur de procéder au paiement tout en maintenant nos demandes au Tribunal pour les pénalités de retard ainsi que les frais de justice et des dommages pour résistance abusive.​
La mauvaise foi est sans limite mais les juges pointus n'apprécient pas forcément les arguties, surtout de la part de sociétés disposant généralement d'un service juridique capable d'analyser correctement une situation particulière.
 
@Error75 : vos documents ne sont pas anonymisés (la réponse + les échanges de mails) !
 
Le premier rescrit :
 

Pièces jointes

  • La consultation des
    pièces jointes est
    réservée aux abonnés
agra07 a dit:
Si l'assureur veut abréger la procédure c'est très simple: il suffit qu'il ne fasse pas appel et le jugement deviendra définitif.
Et s'il veut jurisprudence il va continuer. Si notre interlocuteur a eu entièrement satisfaction il n'a aucune raison de le faire.
 
AlbertoWin a dit:
Et s'il veut jurisprudence il va continuer. Si notre interlocuteur a eu entièrement satisfaction il n'a aucune raison de le faire.
Je crois que le fin mot de cette histoire est que l'assureur n'a qu'un nombre extrêmement faible de dossiers de se genre à gérer.
Cela ne le gène donc pas de laisser pourrir la situation même s'il doit payer un maximum à la sortie.
On ne sait jamais, une erreur de justice pourrait renverser la vapeur.
 
Mr X a dit:
@Error75 : vos documents ne sont pas anonymisés (la réponse + les échanges de mails) !
Merci de me l'avoir signalé et surtout de me l'avoir montré, je n'avais pas vu qu'il y avait la totalité du rescrit.

Merci au modérateur sui a retiré le message. Il reviendra nettoyé prochainement.
 
Merci pour ces documents. Je me permets cependant de les renvoyer, en espérant cette fois-ci avoir procédé à un bifage en bon et due forme. En effet vous avez procédé à un simple masquage des informations.

Il faudrait biffer le jugement, le plus simple serait d'imprimer et scanner, ce qui n'affichera que la première couche.

Merci infinément en tout cas pour cette mise à jour et espérons une suite favorable pour vous dans un mois pour le jugement et ensuite pour l'éxécution.
 

Pièces jointes

  • La consultation des
    pièces jointes est
    réservée aux abonnés
  • La consultation des
    pièces jointes est
    réservée aux abonnés
AlbertoWin a dit:
Merci pour ces documents. Je me permets cependant de les renvoyer, en espérant cette fois-ci avoir procédé à un bifage en bon et due forme. En effet vous avez procédé à un simple masquage des informations.

Il faudrait biffer le jugement, le plus simple serait d'imprimer et scanner, ce qui n'affichera que la première couche.

Merci infinément en tout cas pour cette mise à jour et espérons une suite favorable pour vous dans un mois pour le jugement et ensuite pour l'éxécution.
J'ai volontairement laissé les initiales afin que cela reste lisible.
 
Bonjour à vous tous,

Je viens d’apprendre que l’assureur ne comptait pas faire appel de la décision. C’est donc pour moi un immense soulagement, je ne doutais pas de mon approche, je voulais que ma femme puisse passer à autre chose et cela va être possible.

Cela marque la fin d’une longue et douloureuse bataille afin de faire reconnaître les droits de l’assurée, de la bénéficiaires post décédée ainsi que de ses héritiers.

Merci à l’ensemble des membres qui m’auront aidé en partageant leurs connaissances et leur avis afin de soit me faire douter soit me faire avancer dans mes réflexions. Le doute fait aussi partie du cheminement vers la solution.

Dès que j’aurai un peu de temps je vous ferai un vrai post avec les principaux courriers « réellement » biffés.

Je sais que cette situation est très particulière, j’espère que tout cela pourra servir un jour à d’autres personnes dans la même situation.

Merci, merci et merci encore.
 
Le jugement est disponible pour ceux qui veulent: [lien réservé abonné]

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, statuant après débats en audience publique par jugement contradictoire, prononcé par mise à disposition au greffe, et en premier ressort ;

CONDAMNE la société PREDICA PREVOYANCE DIALOGUE DU CREDIT AGRICOLE à payer à Madame [C] [A] épouse [Z] la somme de 41.008,61 euros ;

DEBOUTE Madame [C] [A] épouse [Z] de sa demande de dommages et intérêts ;

CONDAMNE la société PREDICA PREVOYANCE DIALOGUE DU CREDIT AGRICOLE à payer à Madame [C] [A] épouse [Z] la somme de 3.000 euros par application de l’article 700 du code de procédure civile ;

RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit et DIT n’y avoir lieu de l’écarter ;

CONDAMNE la société PREDICA PREVOYANCE DIALOGUE DU CREDIT AGRICOLE aux dépens.

Fait et jugé à [Localité 7] le 13 Janvier 2026

Le Greffier Le Président
Si la thèse de @Error75 se confirme, le jugement deviendra bientôt définitif et on peut espérer un paiement rapide des frais.
 
Dernière modification:
AlbertoWin a dit:
Le jugement est disponible pour ceux qui veulent: [lien réservé abonné]


Si la thèse de @Error75 se confirme, le jugement deviendra bientôt définitif et on peut espérer un paiement rapide des frais.
Bonjour,

Le paiement a déjà été effectué.

Je suis content de voir la décision publiée, entre les différents rescrits et cette publication, j'espère que cela pourra aider d'autres personnes.

Merci pour le lien.
 
Retour
Haut