« Dix minicrédits de 200 euros, ça peut faire 2.000 euros de surendettement », a pointé M. Villeroy de Galhau lors d'une audition par la commission des Finances de l'Assemblée nationale. « Je vais employer une image un peu excessive mais de temps en temps ces minicrédits peuvent être une forme de drogue douce dont nous voyons les effets dans l'augmentation de l'endettement des jeunes. »

« Nous voyons une montée très sensible du surendettement des jeunes »

Le nombre de dossiers de surendettement déposés par les moins de 30 ans est passé de 12.500 en 2024 à 17.000 l'an dernier, soit une augmentation de 36% sur un an, selon des données publiées mardi par la Banque de France. La hausse est encore plus marquée chez les 18-25 ans, avec une augmentation de 65% sur un an, pour environ 5.000 dossiers en 2025.

Un renforcement souhaité de l'encadrement réglementaire

M. Villeroy de Galhau a appelé à ce que ces produits financiers soient davantage encadrés, en obligeant par exemple les prêteurs à consulter le fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) avant d'octroyer le prêt.

« Nous voyons une montée très sensible du surendettement des jeunes », s'est inquiété le gouverneur, « ce ne sont pas des nombres énormes », mais la tendance « appelle une vigilance ».

Toutes tranches d'âge confondues, le surendettement a grimpé de près de 10% l'an dernier, selon des chiffres partagés mi-janvier par la Banque de France, avec un total de 148.013 dossiers, au plus haut depuis 2018.

Les minicrédits sont rattachés aux crédits à la consommation, largement commercialisés par des filiales de grands groupes bancaires (BNP Paribas avec la marque Cetelem, Crédit Mutuel avec Cofidis, Crédit Agricole avec Sofinco...) mais aussi par des nouveaux acteurs, comme la start-up Younited.

L'Association des sociétés financières (ASF), qui regroupe notamment les acteurs du crédit à la consommation, faisait état fin janvier d'une « tendance marquée à l'augmentation des premiers impayés » pour les financements de projets des ménages via un crédit à la consommation, ainsi qu'une hausse des demande de reports.