Poam : Le point sur mes portefeuilles boursiers.

Jeune_padawan

Contributeur régulier
Cependant, sur du long terme, je me dis que c’est quand meme mieux et « plus sain » d’avoir une economie qui tourne bien , malgré l’impact sur les taux non ? Qu’en pensez vous ?
Une économie qui tourne bien c'est sûr que c'est l'idéal. Mais il arrive que celle-ci surchauffe pour des causes endogène (crise bancaire, emballement de l'économie) ou exogène (Ukraine, manque de matières premières).

On pourrait comparer rapidement une économie à un moteur thermique :

- Zone rouge du moteur -> surchauffe de l'économie -> faut ralentir la machine en injectant moins de carburant (augmentation des taux) et en freinant (incitation gouvernemental de réduction de la consommation ou correction du problème structurel qui font surchauffer comme une baisse des matières premières).

- Zone de calage -> risque d'arrêt du moteur -> plus le choix faut relancer la machine coute que coute -> injection de carburant (diminution taux + QE) + de nouveau incitation étatiques mais contraire du point précédent (baisse des impôts, aides, ...).

Les banques centrales font office de calculateur dans cet exemple pour doser le carburant.

Le hic c'est que l'économie est un moteur à forte latence (dans le sens lenteur) de réaction. C'est pour ça que les banques centrales et la bourse doivent anticiper.

Bien évidemment l'économie est bien plus complexe que ça, d'ailleurs les économistes essayent de trouver des modèles qui collent le plus mais ce n'est pas parfait.
Où placer le curseur ?
Il faut le placer dans une optique de solution efficace à long terme. Limité l'inflation importée (pétrole :whistle:), augmenter les taux directeur plus rapidement et plus important donner des cours d'économie chaque soir à 20h00 sur les principales chaines TV et radio.


Si les salaires n'augmentent y a gros risque de dérapage à la manière des gilets jaunes en son temps mais fois 10 !
Si les salaires augmentent alors récession assurée.
On pense court terme ou long terme ?

Si récession -> crise économique qui créée de la misère -> on revient au cas pas d'augmentation. Structurellement les récessions sont déflationnistes.
Historiquement on part pour faire une Volcker, @poam5356 en a fait une magnifique explication :
"faire une Volcker" en souvenir de Paul Volcker qui, en 1980, a décidé de s'attaquer à l'inflation en remontant les taux de 11 à....20%. Les Etats-Unis ont failli tomber en mort cérébrale... Mais ont fini par s'en remettre!

Ou encore l'hiver du mécontentement au Royaume-Uni en 1978-1979.


Bref situation compliquée et avec des impacts très politiques.
 

poam5356

Modérateur
Staff MoneyVox
Cependant, sur du long terme, je me dis que c’est quand meme mieux et « plus sain » d’avoir une economie qui tourne bien , malgré l’impact sur les taux non ? Qu’en pensez vous ?
Bonsoir @DB10 ,

Une économie qui tourne a besoin de la stabilité des prix. C'est d'ailleurs la mission de la BCE qui a fixé comme objectif d'avoir un taux d'inflation de 2%.
Pour la BCE, une inflation trop faible est tout aussi nuisible qu’une inflation trop élevée.
Pourquoi?
Une inflation stable à un faible niveau permet aux entreprises, comme aux particuliers, de planifier leur avenir ou d'envisager des investissements.
Plus sommairement, une faible inflation restant stable donne confiance aux acteurs économiques, du plus petit qu'est le particulier, au plus gros qui est une très grosse entreprise internationale.
A ce sujet, un indice de confiance des ménages est calculé (INSEE en France) et est bien corrélé à l'activité politico-économique des grandes économies de la planète.

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Pour la France, il a continué de baisser ces derniers mois.
De là à penser que les ménages sont plus réalistes que les marchés boursiers, il n'y a qu'un pas à faire!

Autre effet néfaste d'une forte inflation : Détruire le potentiel productif d'une économie.
Les entreprises fortement endettées, ou à très faible rentabilité, sont exposées au risque de forte inflation.
D'une part par la hausse du crédit qui leur est accordé par les banques.
Et d'autre part par de faibles marges dans les secteurs concurrentiels qui les exposent à la moindre hausse de l'inflation qui les empêcherait de répercuter cette inflation par une hausse de leur production.
2 exemples :
- Veolia, une utilities ayant une dette assez élevée (dette/Ebitda autour de 2,5x à 3x) et une marge nette faible. Le titre perd 20% en 3 ou 4 mois.
- Alstom, avec une marge nette très faible, perd 27% sur le même laps de temps alors que le CAC 40 a perdu seulement 7%.
Autre exemple, sur une TPE cette fois-ci, et vu dans un reportage télé : Un restaurateur indique qu'il devrait passer un repas de 18€ aujourd'hui à 40€ demain s'il devait répercuter toutes les hausses dont son activité fait l'objet.
C'est impossible. S'il a les "reins assez solides", il rogne sur ses marges (on en revient aux 2 exemples cités plus haut), sinon il fermera la boutique.
La conséquence d'une forte inflation sera alors une hausse du chômage et une détérioration du tissu industriel des pays confrontés à cette forte inflation.... Cette inflation galopante (Allemagne années 30) a amené le second conflit mondial en 1940.

Vous allez me dire : Oui, mais les boites augmentent les salaires, et le tour est joué.
Pas si simple :
Si la boite augmente les salaires, elle devra compenser ce manque à gagner par une augmentation des prix de sa production. L'engrenage salaires/inflation se met en place et c'est une fuite en avant qui a toujours eu des répercussions négatives sur l’économie (dixit la BCE).

Voilà pourquoi la BCE (et les grandes banques centrales) veut maintenir la stabilité des prix.
 

Jeune_padawan

Contributeur régulier
Bonsoir @poam5356
Cette inflation galopante (Allemagne années 30) a amené le second conflit mondial en 1940.
L'hyperinflation de la république de Weimar (années 20) avait des origines multiples : planche à billets, réparations de guerre, spéculation sur le mark, ...
La solution fut apporté par Schacht (personnage très ambiguë vu ses positions politiques dans les années 30) avec son rentenmark + politique monétaire ainsi que diverses mesures de contrôle des capitaux.

@DB10 : en résumé un peu d'inflation (2-3%) -> très bien.
Le reste (forte inflation, hyperinflation, déflation) -> pas bien
 

poam5356

Modérateur
Staff MoneyVox
MAJ Octobre 2022 - Garder le cap dans la(les) tempête(s).

Guerre, récession, tensions avec la Chine, catastrophes naturelles... Le contexte géopolitique inquiétant (tensions sino-américaines et guerre en Ukraine) pousse l'inflation à la hausse et favorise le ralentissement de la croissance avec, pour corollaire, une récession à venir.
De son ampleur découlera la tenue des marchés financiers.

Certains anticipent une récession plus importante en Europe ainsi qu’un ralentissement économique plus marqué qu'aux Etats-Unis.
Mateusz Urban, économiste senior d'Oxford Economics, estime "que la zone euro entrera en récession au troisième trimestre et durera 3 trimestres".
La bourse n'aimera pas..
Sans dérapage armé causé par la Russie, ou dans le Pacifique, la trajectoire de taux décrite par la FED le mois dernier laisse espérer un pivot sur les taux US à partir de la mi 2023.
La trajectoire des taux US semble tracée, et tient la route (pour l'instant).

En revanche, un déluge de révisions des attentes de bénéfices et des flux de trésorerie va s'abattre sur les marchés ces prochains trimestres. Les fondamentaux des entreprises vont reprendre le dessus. Toute la question est désormais de savoir quelle va être l'amplitude de la baisse qu'on peut escompter pour les profits: De 10 à 30%?
De quoi abaisser de 10 à 15% le niveau d'entrée sur les principaux indices, avec des disparités sur les valeurs entre celles qui maintiendront les marges, et celles qui devront réviser en baisse (profit warning) leurs prévisions de résultats.

Je ne vais pas épiloguer plus longtemps sur la macroéconomie. Il y a tellement d'incertitudes que personne ne peut se projeter dans un avenir proche. C'est la raison pour laquelle les marchés font le yoyo (je n'ai pas voulu faire honneur à Poutine en parlant de montagnes r.sses) en ce moment.

Histoire de nous réconforter, je vous propose ce passage lu il y a peu dans un article financier :
Ignorer la peur en envisageant l’avenir lointain avec confiance
"Achetez des actions, prenez quelques somnifères du bon temps, et cessez de lire les journaux. Dans quelques années, vous constaterez que vous serez riche." Telle est la devise de l’investisseur légendaire André Kostolany et le cœur de la stratégie "ignorer", autrement dit, envisager l’avenir lointain avec confiance.
Il y a évidemment des exceptions mais, en général, les actions américaines rapportent 6 à 7% par an en termes réels. Alors, pourquoi s’inquiéter si tout se passe bien au bout du compte?
Les marchés financiers ont cela de fantastique qu’ils permettent de liquider des actifs et d’obtenir une valorisation à tout moment aux heures d’ouverture. Toutefois, cela pose un problème majeur car on peut suivre les fluctuations de la valeur nette de notre patrimoine, en temps réel et au centime près, ce qui peut s’avérer très stressant lorsque les prix s’effondrent.
Un investisseur chevronné a livré son secret pour composer avec le stress dans ce cas de figure: "éteins ton ordinateur et va te promener !"



Et mon portefeuille dans tout ça?
Je m'inspire des propos ci-dessus en regardant moins souvent les cours... J'y suis aidé, je le reconnais : Je fais quelques travaux chez moi !!
J'ai opté pour un positionnement prudent privilégiant des actions de qualité et/ou défensives :
- La plus grande partie des liquidités du PEA a été investie sur un OPCVM monétaire (eh oui, le monétaire redevient positif).
- Quelques achats ont été réalisés ce jeudi 13 octobre sur de belles valeurs attaquées lors de la publication des chiffres de l'inflation US :
Hermès, LVMH, Dassault Systèmes et ASML qui me semble offrir un beau point d'entrée sous 400€, même si les tensions sino-américaines pénalisent le secteur des semi-conducteurs.

Des achats modestes parce qu'il m'est d'avis que le point bas sur les marchés reste à venir. Toutefois, les valorisations sont déjà faibles, ce qui pourrait limiter les éventuelles baisses des actions. En Bourse, rien n'est jamais sûr.

Malgré tout, le portefeuille affiche -14,8% YTD.
La performance aurait pu être un peu moins mauvaise sans la contre-performance de grosses lignes du portefeuille : Steico perd 26% en 1 mois, ainsi que EDP Renováveis qui perd 24% sur le mois.
Globalement, les valeurs vertes sont à la peine en ce début d'automne. L'ETF ishares Global Clean Energy perd 17% sur 1 mois.

A contrario, le positionnement défensif ne permet pas de rattraper la baisse qui s'est principalement faite au S1.
Les valeurs défensives permettent, au mieux, de gagner quelques fractions.
La meilleure stratégie pour être défensif me semble être maintenant d'investir en monétaire si on arrive à trouver des fonds sans frais d'entrée. Ce que j'ai trouvé chez BFB.


Le portefeuille au 13/10/2022 :
( ce sont les principales lignes, celles > 1200€)

2022_10_portefeuille_POAM.gif




Répartition des actifs :
2022_10_actifs_portefeuille_POAM.gif
 

lebadeil

Contributeur régulier
Merci @poam5356 , synthèse toujours appréciée.
L'impression qu'on se dirige vers un trou , mais les marchés résistent malgré tout comme si on ne voulait pas vraiment y croire (avec certes une certaine nervosité selon les journées), et que ca ira mieux d'ici 3 trimestres ....
Interessé par l'OPCVM monetaire sur PEA pour placer des liquidités, est ce indiscret de demander lequel svp ?
Merci encore (y)
 

poam5356

Modérateur
Staff MoneyVox
Interessé par l'OPCVM monetaire sur PEA pour placer des liquidités, est ce indiscret de demander lequel svp ?
Merci encore ;)
BFB m'en proposait un certain nombre sans frais, mais celui-ci fait mieux que les autres :
CM-AM PEA SECURITE RC FCP 3DEC FR0010455808
 
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