MAJ janvier 2026 (1/2) - Je vous souhaite bonne chance pour vos placements en 2026…
Nous allons en avoir besoin.
Un récap de 2025 :
Performances annuelles brutes des actifs en 2025
(source Zonebourse)
Argent (once) +148%
Corée du Sud +75,60%
Or (once) +66,50%
FTSE MIB (Milan) +31,50%
Hang Seng (Hong Kong) +27,80%
Métaux industriels +26%
FTSE 100 (Londres) +21,50%
Nasdaq 100 +20,2%
DAX (Allemagne) +20%
MSCI World +19,5%
Stoxx Europe 600 +16,7%
S&P 500 +16,4%
SMI (Suisse) +14,1%
EUR/USD +12,9%
Russell 2000 +11,3%
CAC40 +10,4%
US 10Y (oblig) +9%
Bitcoin -4,6%
Blé -8%
Pétrole (Brent) -17,4%
Copenhague (Danemark) -23,5%
Cacao -47%
L’économie américaine a terminé 2025 en meilleure santé que la plupart des prévisions.
La croissance semble forte (PIB du T3 en hausse de 4,3% en rythme annualisé), mais elle offre moins de travail.
En novembre, le taux de chômage était passé à 4,6 %, en hausse d’environ un demi-point sur l’année.
Ce niveau reste bas selon les standards historiques, mais c’est la direction que les économistes explorent. Les embauches ont ralenti régulièrement au fil de l’année, et les gains d’emplois sont devenus plus faibles.
Quid de 2026 ?
La politique de 2026 aux Etats-Unis devrait devenir plus favorable. Les modifications fiscales adoptées à la mi-2025 apparaîtront dans les remboursements et la réduction des retenues à la source.
Certains analystes estiment que cette combinaison pourrait stimuler la croissance de manière significative. D’autres ne sont pas convaincus.
Actions mondiales: L’argument en faveur d’un optimisme prudent !
La plupart des marchés mondiaux paraissent chers au regard de l’historique récent, avec des multiples s’établissant bien au-delà de leur médiane sur quinze ans.
Les acteurs les plus prudents rappellent que, sur le long terme, les marchés ont tendance à revenir à la moyenne, ce qui pourrait impliquer un risque de correction sensible à partir des niveaux actuels.
La perspective d’une baisse des taux d’intérêt à court terme dans de nombreux pays, notamment aux États-Unis, devrait continuer de soutenir les multiples de marché.
Des facteurs structurels sont également sous-évalués par le marché. C’est notamment le cas de la transformation de la Chine en leader technologique mondial, perceptible dans des secteurs comme la mobilité électrique, les énergies renouvelables ou encore la robotique. De même, en Europe, l’importance croissante des infrastructures technologiques et la transition énergétique constituent des moteurs fondamentaux, souvent négligés.
L’adage selon lequel «
les marchés haussiers ne meurent pas de vieillesse» reste toujours d’actualité. Il faut généralement un élément déclencheur pour amorcer une correction significative. À ce stade, aucun catalyseur évident n’est identifié, mais il est probable que le prochain proviendra du marché obligataire. Les politiques de Trump, bien qu’efficaces à court terme, pourraient faire émerger des tensions sur l’inflation ou accroître les niveaux de dette publique.
Dans un tel contexte, la plupart des actifs risqueraient d’en pâtir.
Un renforcement ciblé sur les valeurs des secteurs de la santé, de la consommation courante et des services aux collectivités offrirait probablement une diversification précieuse lors d’une éventuelle correction.
Sur un plan politique :
La bataille du Congrès: un tournant pour Washington et Wall Street
Le 3 novembre 2026, les Américains renouvelleront les 435 sièges de la Chambre des représentants et 35 des 100 sièges du Sénat, redessinant ainsi la carte du pouvoir à Washington.
Pourquoi est-ce crucial ?
Parce que ces élections pourraient marquer la fin de la dynamique législative de Trump ou, au contraire, lui offrir un boulevard pour poursuivre son programme économique et commercial. Actuellement, le président réélu en 2024 dispose d’une courte majorité de six sièges à la Chambre des représentants.
Mais son faible taux d’approbation laisse présager une bataille difficile: Historiquement, le parti du président en exercice perd des sièges lors des élections de mi-mandat, 20 fois sur 22 depuis près d’un siècle ! Les sondages actuels confirment que cette tendance pourrait se répéter.
Au Sénat, où seulement un tiers des sièges sera renouvelé, la configuration est différente. Les Républicains défendront 22 sièges contre 13 pour les Démocrates. Ces derniers auront besoin de 4 gains nets pour reprendre le contrôle de la chambre haute, mais la carte électorale leur est défavorable : Plusieurs candidats démocrates se présentent dans des États remportés par Trump en 2024. Autrement dit, un basculement est possible, mais peu probable.
Les scénarios :
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Si les Démocrates reprennent la Chambre des représentants, Trump entrera alors dans une phase de blocage législatif, avec un Congrès centré sur le contrôle de l’exécutif. La capacité du président à faire passer des lois serait fortement limitée, sauf en cas de compromis bipartisan. Les ambitions protectionnistes de l’administration Trump seraient en partie freinées.
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Si les Républicains conservent les deux chambres, leur programme se trouvera renforcé: politique commerciale axée autour des droits de douane, dérégulation, expansion fiscale et indépendance énergétique.
Sur le plan économique et boursier :
Quels sont les principaux facteurs qui influenceront l'évolution des cours boursiers des valeurs financières ces prochains mois?
L'avenir est-il promis aux "AI adopters"
Pourquoi les banques et la pharmacie peuvent à terme éclipser en Bourse les Sept magnifiques, selon Bank of America?
L'IA, auparavant centrée sur les marchés actions, s'est alors propagée à celui dit "du crédit" c'est-à-dire les obligations d'entreprises
Conséquence de l'entrée dans la danse des investisseurs obligataires: Un regain d'exigence sur les dépenses des big techs surviendra probablement. "
Les investisseurs crédit vont demander une réduction des capex (investissements)", conclut le stratégiste de Bank of America.
L'avenir semble promis aux "AI adopters", selon Bank of America.
Les "IA adopters" sont tout simplement les secteurs susceptibles de gagner en efficience et en productivité dans leurs opérations en déployant fortement les nouvelles technologies d'intelligence artificielle.
Bank of America évoque deux secteurs en particuliers: la pharmacie et les banques.
Ce, en raison "
de leur capacité à dépenser" pour intégrer ces technologies, explique Bank of America.
UBS a livré une analyse baptisée "
AI, AI Captain" qui emboite le pas à Bank of America.
UBS considère que l'intelligence artificielle constituera l'un des grands thèmes pour les banques européennes en 2026.
L'année "
2026 sera probablement l'année où le marché décidera si l'IA a un impact significatif sur la productivité mondiale et si les banques en sont les principales bénéficiaires", fait valoir la banque suisse.
Les changements induits par l'IA sont par essence incertains et pourraient mettre du temps à se concrétiser. Mais leur impact pourrait être conséquent.
"
McKinsey estime que l'IA pourrait permettre de réduire les coûts de 15% à 20%. Même si ce type d'avantage prend des années à se concrétiser pleinement, il s'agit d'un changement suffisamment important pour entraîner une réévaluation bien au-delà des valorisations historiques."
Même tonalité chez Citi qui, dans une note sur les banques européennes publiée récemment, juge que les actions du secteur en matière d'intelligence artificielle (IA) "
offrent des options sur les coûts", en augmentant la productivité et en en diminuant les dépenses.
Pour aller au-delà de l'IA, et comme vous le savez certainement, les banques sont par nature cycliques.
Les taux d'intérêt et la courbe des taux sont essentiels pour les banques. Les taux d'intérêt à court terme déterminent les marges, et une courbe des taux plus pentue augmente les revenus des banques.
Cette baisse des taux d'intérêt en Europe, ramenés de 4 à 2% a permis, d’un côté, aux banques de continuer à générer des marges solides. De l’autre, c’est assez bas pour ne pas affecter la consommation.
Actuellement, 2% semble être un point idéal qui convient très bien aux deux parties. Les banques continuent de dégager des marges solides. D'autre part, ce niveau permet également aux entreprises et aux ménages de se financer à des conditions tout à fait raisonnables. Si les taux d'intérêt en Europe restent à peu près à ce niveau, cela constituerait un environnement plutôt favorable pour les actions bancaires européennes.
Quant à la pharmacie, la société d'investissement MFS voit de nombreux impacts positifs pour le secteur.
"
L'intelligence artificielle est sur le point de révolutionner l'industrie pharmaceutique, en particulier dans le domaine de la découverte et du développement de médicaments. Le processus traditionnel de mise sur le marché d'un nouveau médicament est long, complexe et coûteux", avance MFS.
La découverte d'un candidat-médicament pourrait prendre une à deux années avec l'IA contre cinq à six années sans.
Rappelons néanmoins qu'il est possible de surestimer les bénéfices permis par l'IA et de sous-estimer ses désavantages.
La fintech Klarna avait vanté en 2024 les prouesses d'un assistant d'IA permettant, selon elle, d'effectuer le travail de 700 équivalents temps plein. En mai dernier, l'entreprise avait effectué un important rétropédalage et avait recommencé à réembaucher des humains. Klarna avait constaté une baisse de satisfaction de ses clients, avec donc une perte de qualité évidente.
Dans un autre domaine, le fonds d'infrastructure allemand qui est mis en place va donner un très grand coup de pouce à la croissance, tant pour l'Allemagne que pour l'Europe. Cela vaut également pour les autres entreprises européennes, qui vont bien sûr profiter très fortement de ce cycle d'investissement. Et dans un système capitaliste, les banques jouent un rôle très important et vont donc également en profiter.
Pour les investisseurs, cette stabilité peut constituer un élément clé d’une stratégie axée sur le revenu. L’intégration d’institutions financières versant des dividendes dans un portefeuille peut contribuer à améliorer le rendement total, réduire la volatilité et offrir un flux de revenus régulier sur le long terme.
Et la géopolitique dans tout ça ?
La capture par l’armée américaine du président vénézuélien Nicolás Maduro le 3 janvier aurait dû provoquer une onde de choc sur les marchés boursiers mondiaux.
Au lieu de ventes paniquées, les capitaux ont afflué vers un positionnement défensif : l’or a bondi de 2 % pour dépasser 4 420 $ l’once
Parallèlement, les actions de la région Asie-Pacifique hors du Japon ont atteint des sommets historiques, grimpant de 1,3 %, tandis que le DAX allemand est sorti de la consolidation et que le FTSE 100 a approché son niveau record.
Conclusion cynique :
La direction du marché boursier dépend des bénéfices et des taux, pas des changements de régime dans des États fracturés.
Les prix du pétrole ont en fait chuté, le Brent glissant vers 60 dollars le baril.
Au cœur de cette réaction atténuée se trouve une réalité économique simple : le pétrole vénézuélien n’a plus beaucoup d’importance pour les marchés mondiaux.
Autrefois premier exportateur mondial de pétrole, le Venezuela s’est effondré sous des décennies de mauvaise gestion et de sanctions américaines qui ont paralysé PDVSA, la compagnie pétrolière d’État.
David Morrison, analyste principal de marché chez Trade Nation, a déclaré à Invezz :
"Au contraire, le marché pétrolier imperturbable semble anticiper une transition ordonnée de la direction du Venezuela, ainsi que l’ouverture de son marché pétrolier aux grandes entreprises américaines."
Mais le diable est peut-être ailleurs.
L’action américaine crée un précédent dangereux, notamment en ce qui concerne Taïwan et les implications stratégiques pour la géopolitique mondiale, que les marchés pourraient sous-évaluer.
Venezuela : Implications de l’intervention US pour l’énergie et les valeurs refuges.
Bien que l’animosité à l’égard du Venezuela ait été initialement liée à de prétendues activités narcotiques, le président Trump a déclaré : "
Nous allons demander à nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus importantes au monde, d’aller sur place, de dépenser des milliards de dollars, de réparer l’infrastructure en mauvais état, l’infrastructure pétrolière, et de commencer à gagner de l’argent pour le pays."
Ce vendredi 9 janvier, Donald Trump a promis 100Mds$ d'investissements au Venezuela.
Représentant environ 20 % du total des réserves mondiales de pétrole, le Venezuela est donc l’un des pays les plus importants avec lesquels il convient de s’allier.
Plus précisément,
en veillant à ce que ces énormes réserves de pétrole ne soient pas échangées avec des yuans, des roubles ou des euros, mais exclusivement en dollars, afin de maintenir le statut du pétrodollar en tant que monnaie de réserve mondiale. Après tout, sans cette position monétaire privilégiée, les États-Unis ne seraient pas en mesure de monétiser leur dette astronomique, ni les déficits budgétaires et les dépenses sociales/militaires en constante augmentation.
Norbert Ruecker, de la banque Julius Baer, a noté que
"le marché du pétrole semble être durablement excédentaire, en grande partie en raison de facteurs structurels, et capable de résister assez bien à la géopolitique".
En d’autres termes,
la sécurisation du pétrole vénézuélien est plus une question de sécurisation du pétrodollar qu’un effet de ruissellement qui profiterait aux consommateurs finaux en réduisant le coût de la vie.
Les augmentations potentielles de l’offre sont importantes, mais on en est encore loin :
Après des années de négligence, les infrastructures pétrolières vénézuéliennes devront faire l’objet d’investissements importants. Et pour que ces investissements se concrétisent, il faudra que les compagnies pétrolières étrangères acceptent d’investir dans l’industrie nationale. C’est plus facile à dire qu’à faire, étant donné qu’ExxonMobil et ConocoPhillips ont été expropriées de leurs actifs au Venezuela en 2007.
En fait, les deux sociétés se sont vu accorder des dommages et intérêts par des tribunaux internationaux, que le Venezuela n’a pas payés. Il se peut donc que les entreprises étrangères hésitent à investir dans l’industrie pétrolière nationale, compte tenu des antécédents du Venezuela. Il faudrait probablement que l’environnement soit plus attrayant et plus stable pour que les investissements nécessaires voient le jour.
