MAJ décembre 2025 (1/2) - Au revoir 2025, vive 2026.
Fin d'année, l'heure des bilans et des perspectives pour l'année à venir.
En 2025, si vous aviez investi sur l'or (+61,54%), les Émergents (+29,69%) et le Japon (+25,97%), vous aviez le trio gagnant de l'année.
Oui, enfin, hors effet de change. Or, le change nous a joué de biens mauvais tours en 2025.
La dépréciation du YEN sur l'EUR de 16% abaisse d'autant la performance d'un investissement en action japonaises, via un ETF par exemple.
ETF exprimé en EUR qui affiche entre 9 et 10% de hausse sur l'année.
Idem pour l'or qui est coté en USD. Lequel a subi une dépréciation de 13% par rapport à l'EUR.
Ce qui ramène la performance d'un ETF investi sur l'or et coté en EUR à un peu plus de 40% sur l'année.
La performance déduite de la parité reste formidable, mais il n'en irait pas de même si l'indice, ou les actions ont des performances, certes belles, mais plus faibles.
Une action US ayant gagné 13% cette année n'affiche aucune progression une fois convertie en EUR.
Une bonne nouvelle, tout de même : Peut-être n'est-il pas idiot de penser qu'on est proche d'un point d'équilibre et que la plus grande partie de la dépréciation de l'USD est maintenant derrière nous.
Evidemment, tout retournement de situation avec un USD reprenant de la vigueur serait un excellente nouvelle pour nous puisque, cette fois-ci, une appréciation de l'USD sur l'EUR cumulerait ses effets avec une hausse des actions.
Perspectives :
Celles que j'ai pu lire sont toutes positives, trop peut-être.
Les pronostiqueurs ont tendance à avoir toujours la même approche : Une hausse de 10 à 12% pour le S&P500 pour l'année qui suit. Ensuite, ils revoient leur jugement au fil de l'année parce que, pas plus que nous il n'ont de boule de cristal.
Une a tout de même retenu mon attention, celle de Lombard Odier qui privilégie la value et les valeurs de rendement en 2026.
Alors que les performances boursières ont été tirées en 2025 par les entreprises technologiques et les sociétés liées à l’IA aux États-Unis,
Lombard Odier suggère d’élargir l’exposition boursière aux régions et aux secteurs qui conjuguent valorisation moindre et solides perspectives de croissance. Ils estiment également pertinent de détenir des actions de qualité, génératrices de dividendes.
Ceci à cause des valorisations très élevées observées sur de nombreux marchés boursiers, dont les Etats-Unis.
Ils surpondèrent les marchés émergents, en particulier la Corée du Sud et l’Inde. Tout en maintenant un positionnement neutre sur les marchés développés.
L’indice MSCI Emerging Markets se négocie actuellement à 13 fois les bénéfices attendus sur les 12 prochains mois, bien en deçà du MSCI World à 20 fois et du MSCI USA à 22 fois.
Historiquement, la valo des marchés émergents est inférieure à celles des marchés développés. Mais là, l'écart important constitue une anomalie qui est appelée à se résorber.
Alors que les positions des investisseurs sont sous-pondérées sur les émergents, la baisse des taux d’intérêt américains et l’affaiblissement du dollar apportent un soutien supplémentaire à ces marchés.
Le marché coréen est également en retard sur les marchés mondiaux.
Le ratio cours/bénéfices de l’indice MSCI Korea est légèrement inférieur à sa médiane sur 10 ans, alors que la croissance des bénéfices pourrait être supérieure à 30% en 2026, portée par les infrastructures d’IA, la demande de smartphones et la vigueur des semi-conducteurs.
La croissance de l'Inde est attendue à 14% en 2026, également l’une des plus robustes parmi les marchés émergents.
Si
Lombard Odier est positif sur l'Inde, il est bon mettre en garde l'épargnant désireux d'y investir.
En effet, le risque de change est très important avec une roupie qui ne cesse de se déprécier, -20% en 2025 par rapport à l'EUR. Ce qui réduit fortement l'intérêt d'investir sur les valeurs indiennes.
Sur le plan sectoriel, Lombard Odier privilégie les entreprises de la santé, des services publics et des matériaux.
"En privilégiant les matériaux, nous nous préparons à la rotation de marché attendue dans les mois à venir vers les secteurs cycliques, qui offrent plus de valeur. La baisse des taux d’intérêt, l’affaiblissement du dollar américain et la forte croissance chinoise soutenant les prix des matières premières telles que le cuivre, l’or et certains gaz industriels et produits chimiques, devraient favoriser les entreprises du secteur. Nous anticipons un fort rebond des bénéfices de 15 à 20% en 2026"
L'IA :
Les valorisations paraissent élevées, mais les fondamentaux restent solides.
Les investisseurs se montrent plus sélectifs. Aux États-Unis, les entreprises ayant publié des résultats supérieurs aux estimations affichent des gains boursiers moindres que d'ordinaire, ce qui laisse entendre que les investisseurs avaient déjà intégré une forte performance dans les cours.
Les inquiétudes concernant l’IA résident dans les valorisations élevées du secteur, qui pour certains acteurs clés, cotés et non cotés (OpenAI), reposent sur les revenus futurs plutôt que sur la rentabilité actuelle.
Les dépenses d’investissement des hyperscalers devraient augmenter de 32% en 2026.
Cela conforte les anticipations d’un cycle d’investissement prolongé, susceptible de soutenir les valeurs dites "pick and shovel" (pelle et pioche) du secteur technologique,
ainsi que les secteurs liés au développement des infrastructures, tels que l’industrie, les services publics et les matériaux.
Pour autant, cette saison des résultats a montré que le marché scrute désormais plus attentivement la capacité de ces sociétés à tirer des revenus de leur clientèle.
Le risque plus immédiat réside plutôt dans les quelques sociétés cotées et non cotées qui se sont endettées bien au-delà de leur capacité actuelle, misant sur une croissance future portée par l’IA. Si le processus de monétisation s’avère lent, elles pourraient rencontrer des difficultés financières.
Ce qui est un potentiel cygne noir pour 2026 et les années suivantes.
L'IA continuera de se développer, et la bulle du marché continuera de gonfler :
Neil Shearing, économiste en chef du groupe Capital Economics, s’attend à ce que l’IA génère de nouveaux gains l’année prochaine, bien que concentrés aux États-Unis et principalement portés par la hausse des dépenses en capital dans l’infrastructure d’IA.
Il estime que l’IA a ajouté environ 0,5 point de pourcentage à la croissance du PIB américain au premier semestre 2025 et prévoit que ce soutien se poursuivra en 2026, étayant sa prévision de croissance américaine supérieure au consensus de 2,5%.
L’Europe, quant à elle, devrait être à la traîne en raison d’une adoption plus lente.
L’IA reste au cœur du récit, mais alors que les dépenses d’investissement poursuivent leur progression, les investisseurs scrutent avec une attention grandissante la capacité des entreprises à générer des bénéfices.
Globalement, les multiples des actions développées, notamment américaines, sont trop tendus pour permettre une attitude complaisante.
L’or ne cesse d’établir de nouveaux records :
Le marché de l’or est techniquement suracheté, mais une offre limitée et une forte demande soutiennent les cours.
En 2025, l’or a enregistré des gains spectaculaires, progressant de plus de 60%, alors que la demande des investisseurs privés et des banques centrales coïncide avec une stabilité inédite de l’offre.
La demande a été alimentée par l’incertitude macroéconomique et géopolitique
Trois facteurs soutiennent la hausse continue du métal précieux:
- la baisse des taux d’intérêt réels aux États-Unis,
- l’augmentation des risques géopolitiques,
- et les achats soutenus des banques centrales et d’ETF.
Septembre a enregistré le plus important afflux mensuel jamais répertorié vers les ETF aurifères, principalement porté par la demande en provenance des États-Unis et d’Europe.
De 1980 à 2005, les banques centrales ont systématiquement vendu leur or afin de réduire de 30% environ à 5% la part du métal précieux dans leurs réserves.
En 2008, les banques centrales ont commencé à augmenter leurs avoirs, soutenant ainsi le cours de l’or.
La part du métal précieux dans les réserves a déjà augmenté de dix points de pourcentage au cours de la dernière décennie, et ce n'est sans doute pas fini.
L’or offre des caractéristiques similaires à celles d’une monnaie :
Il sert de moyen d’échange, d’unité de compte et de réserve de valeur.
Ce dernier aspect est particulièrement attrayant aujourd’hui, alors que les incertitudes budgétaires américaines font peser des risques sur la valeur des instruments de dette, autrement dit sur les obligations souveraines détenues par les banques centrales en tant que principal actif de réserve.
Quels risques pour le cours de l'or ?
Le premier risque pesant sur les cours est un durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale. Cela entraînerait une hausse des taux d’intérêt réels américains, un facteur négatif pour le métal précieux.
Quels risques en général pour les marchés actions ?
Des chocs politiques pourraient amener les marchés à réévaluer la viabilité fiscale. Les déclencheurs potentiels comprennent l’élection française de 2027, un changement de direction au Royaume-Uni, ou des signes que des personnalités en qui les investisseurs ont confiance perdent de l’influence à Washington.
Une page se tourne :
À 95 ans, Warren Buffett, l'Oracle d'Omaha annonce qu'il va se mettre en retrait, transmet le relais à son successeur… Et organise la distribution de sa fortune.
Greg Abel, désigné depuis plusieurs années comme son héritier opérationnel, deviendra officiellement le patron de Berkshire à la fin de l’année.
Buffett va distribuer l’essentiel de sa fortune à des causes philanthropiques.
Un message pour ceux qui n’auront jamais sa fortune :
Dans sa lettre d'adieux, Warren Buffett y écrit :
"la grandeur ne vient ni de la taille du compte en banque, ni du nombre d’articles de presse, ni de l’étendue du pouvoir politique. Elle naît de la capacité à aider quelqu’un, sous des formes très diverses, à des moments parfois modestes en apparence, mais décisifs humainement. Il rappelle que la gentillesse ne coûte rien."
Warren Buffett restera probablement dans l’histoire comme le meilleur allocateur de capital de l’ère moderne.
Parti de 0, il aura amené son conglomérat, Berkshire Hathaway, à une capitalisation de 1000 Mds$.
