MAJ novembre 2025 (1/2) - L'IA en circuit court... Avant d'être en court-circuit ?
Cette année on parle de 2 choses : Trump et/ou l'IA… L'aviez-vous remarqué ?
Confidence : Moi, ça m'arrange parce qu'il est facile de traiter les 2 sujets tellement la prose qui leur est consacrée est abondante.
Qu'est-ce qui a changé, et n'a pas changé, depuis 1 mois ?
Tensions commerciales :
L'accord commercial entre les États-Unis et la Chine apporte de la clarté aux marchés.
Dans le cadre de cet accord, les États-Unis se sont engagés à réduire les droits de douane sur les produits chinois de 57 % à 47 % et à suspendre les nouveaux contrôles à l'exportation imposés aux entreprises chinoises.
En contrepartie, la Chine a accepté de suspendre pendant un an ses restrictions à l'exportation de minéraux rares, de reprendre ses achats à grande échelle de soja américain et d'intensifier ses efforts pour freiner le trafic de précurseurs chimiques du fentanyl.
Cette trêve ne résout pas les problèmes structurels plus profonds entre les deux pays, mais elle réduit le risque d'escalade à court terme, ce qui est une évolution bienvenue pour les marchés en quête de clarté.
La Fed poursuit son cycle d’assouplissement :
Les dernières données sur l’inflation, bien que supérieures à l’objectif, ne devraient pas remettre en question l’assouplissement monétaire.
Toutefois, si la récente réunion de la FED a débouché sur une baisse des taux, celle-ci a adopté un ton plus ferme que ce que les marchés avaient anticipé. Il est important de noter que la Fed a laissé entendre qu'une baisse en décembre n'était pas acquise, même si les marchés s'attendent toujours à une autre baisse d'ici la fin de l'année.
Marché du travail américain :
Les signes d’une dégradation marquée de l’emploi pourraient présager un ralentissement encore plus prononcé.
Le cabinet Challenger, Gray & Christmas a publié le 06/11/2025 une étude montrant que plus de 153.000 suppressions de postes ont été annoncées le mois dernier, une hausse de 175% par rapport à octobre de l'année précédente et la plus forte augmentation enregistrée pour un mois d'octobre depuis 2003 !
"Il s'agit du niveau le plus élevé pour un mois d'octobre depuis plus de 20 ans, et du niveau le plus élevé pour un seul mois du quatrième trimestre depuis 2008. Comme en 2003, une technologie de rupture est en train de transformer le paysage", indique le rapport.
Paralysie des services publics aux États-Unis :
Le "shutdown", désormais le plus long de l’histoire, a interrompu la publication des statistiques sur l’emploi et l’inflation utilisées par les marchés et la Fed, ce qui accroît les incertitudes.
La configuration actuelle revêt donc un caractère particulier, dans la mesure où il intervient à un moment où le marché du travail, base du revenu des ménages et donc de la consommation, donne des signes d’affaiblissement.
Historiquement, une grande partie de l’impact économique d’un shutdown (Selon Brookings, chaque semaine de shutdown coûte 0,1 point en pourcentage de croissance annualisée du PIB), a été rattrapée après la fin de celui-ci.
Puisqu'il est question de PIB,
venons-en à l'insolente santé de l'économie US. Insolente, en apparence seulement !
À 3,8% au deuxième trimestre en rythme annualisé, la croissance des États-Unis a été nettement plus dynamique qu'attendu. Et si le PIB n'a progressé "que" de 1,6% sur l'ensemble du premier semestre, la performance reste honorable à l'heure où la guerre commerciale pénalise les échanges mondiaux. A titre de comparaison, la France n'aura pas plus de 0,7% ou de 0,8% de croissance en 2025. Et la zone euro plafonnerait à 1,2% selon le FMI.
Et ce n'est pas la politique du président américain qu'il faut ici saluer.
En réalité, les Américains peuvent surtout remercier les géants de la tech comme Meta, Alphabet, Microsoft, Amazon ou Oracle qui ont investi des centaines de milliards de dollars dans l'intelligence artificielle.
"Au premier semestre 2025, les investissements privés en logiciels et en équipement informatique ont très fortement augmenté aux Etats-Unis", explique Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques chez CPRAM.
"Cette accélération a été tellement forte que ce segment qui représente 4% du PIB permet en réalité d’expliquer 92% de la croissance américaine au 1er semestre."
D'autres sont plus radicaux encore:
"En l'absence de dépenses liées aux technologies, les États-Unis seraient proches de la récession, voire en récession, cette année", assure George Saravelos, responsable de la recherche chez Deutsche Bank.
Un bémol toutefois: La croissance générée par la révolution de l'intelligence artificielle est peu pourvoyeuse d'emplois.
Une récente étude de l'Université de Stanford a d'ailleurs confirmé que l’adoption de l’IA avait
"freiné lourdement les embauches de jeunes diplômés dans les secteurs et emplois les plus exposés à une substitution par l’IA", abonde Enguerrand Artaz.
"Dans ces secteurs, l’emploi des jeunes de 22 à 25 ans a baissé de 13% par rapport aux secteurs les moins exposés depuis fin 2022".
Depuis quelque temps, une tendance générale se dégage dans les grandes entreprises technologiques : réduire la bureaucratie et accroître l'utilisation de l'intelligence artificielle.
Selon layoffs.fyi, un site de suivi des suppressions d'emplois dans le secteur technologique, quelque 200 entreprises technologiques ont annoncé plus de 120 000 suppressions d'emplois depuis le début de l'année, dont 15 000 chez Microsoft et 22 000 chez Intel.
Dernières suppressions annoncées : 14000 chez Amazon et des milliers au T4 2025 chez IBM qui n'a pas communiqué le nombre.
L’économie mondiale ralentit mais reste positive.
L’inflation demeure élevée, mais le pic des inquiétudes en la matière est derrière nous.
Les actifs risqués sont peut-être au début d'une période idéale caractérisée par une croissance positive, sans être spectaculaire, une inflation qui va dans la bonne direction et une politique monétaire accommodante aux États-Unis.
Un monde idéal, en somme !
Pourtant, un minuscule petit point noir passe encore inaperçu sur ce beau tableau.. Inaperçu, de moins en moins !
Les voix s'alarmant sur la possible bulle IA se font de plus en plus vives.
Le dynamisme de Wall Street ces derniers mois s’est notamment appuyé sur l’enthousiasme autour du développement de l’IA et la conclusion de contrats commerciaux à plusieurs dizaines, et parfois plusieurs centaines de milliards de dollars de façon très récurrente.
"Une autre préoccupation majeure est le manque de dynamisme dans d’autres secteurs du marché. Les actions immobilières, les actions des restaurants, les actions du commerce de détail... nous observons un affaiblissement plutôt qu’un renforcement", avance également Adam Sarhan, de 50 Park Investments.
92% de la croissance américaine au 1er semestre est due aux dépenses dans l'IA.
La concentration du marché est extrême. Les 10 premières valeurs pèsent pour près de 40% du S&P500, un record historique.
10 premières valeurs où nous y retrouvons les "Sept Magnifiques" (Microsoft, Nvidia, Meta, Alphabet, Tesla, Apple et Amazon).
Enfin, la gestion passive dépasse désormais la gestion active, ce qui amplifie le phénomène de concentration et de surévaluation du marché.
Les analystes se distinguent en deux camps, ceux qui s’attendent à une accélération des revenus issus de l’IA et ceux qui prévoient un ralentissement.
-> Si le premier scénario devait se concrétiser, cela signifierait que les gains d’efficience induits par l’IA seront gigantesques et que l’action Nvidia est très bon marché aujourd’hui.
-> Le scénario du ralentissement signifierait, lui, que le marché regorgerait de surcapacités et que les actions tech sont trop chères.
Personne ne sait quel scénario s’imposera
Michael Burry, lui, il a fait son choix !
Vous vous Rappelez de lui ?
Michael Burry avait anticipé la crise des subprimes de 2008, parie maintenant un milliard de $ contre la bulle de l'IA.
Le célèbre investisseur américain Michael Burry, rendu célèbre par le film The Big Short pour avoir anticipé la crise des subprimes de 2008, refait parler de lui. Cette fois, il s’attaque à ce qu’il considère comme la plus grande exubérance spéculative de notre époque : l’intelligence artificielle. Il a misé 1,1 milliard de dollars sur la chute des actions du fabricant de puces Nvidia et de la société de logiciels Palantir, convaincu que la bulle de l’IA est sur le point d’éclater.
Michael Burry n’est pas un investisseur comme les autres : il a bâti sa légende en misant contre les produits financiers adossés aux prêts immobiliers américains au milieu des années 2000, alors que Wall Street les jugeait infaillibles. Son pari, considéré comme insensé à l’époque, lui a rapporté des centaines de millions et une place dans l’histoire financière moderne.
Scion Asset Management, la société d'investissement de Burry, a désormais acheté pour 912 millions de dollars de contrats "put" sur Palantir et pour 187 millions de dollars d'actions Nvidia.
Attention quand même :
Michael Burry s'est distingué avec les subprimes… Il n'est pas devin pour autant.
Il s'est illustré à plusieurs reprises en 2021 en prédisant un krach boursier historique évoquant "la plus grande bulle spéculative de tous les temps", en faisant part de ses doutes sur le bitcoin (30000USD à l'époque), et en pariant à la baisse sur le constructeur Tesla, comparant la frénésie autour du constructeur californien à la bulle immobilière de 2007. Autant de coups ratés.
L'Amérique risque de perdre son moteur :
C'est au fond le lot de toutes les révolutions technologiques, synonymes de surinvestissement et de bulles boursières, selon les travaux de Carlota Perez, référence en la matière. Cette dernière explique toutefois que ces bulles sont généralement utiles. Au milieu du XIXème siècle, l'optimisme excessif de certains investisseurs pour le chemin de fer a certes causé leur perte, mais les voies ferrées sont restées et ont servi ensuite.
Le vrai danger se situerait plutôt chez les non-cotés, à l’instar d’OpenAI, "probablement le meilleur exemple d’une valorisation déconnectée", note Christopher Dembik.
"Leurs anticipations de revenus sont intenables sans changement de modèle économique."
Un sujet déjà abordé le mois dernier sur OpenAI.
Je rejoins Christopher Dembik, qui a une expertise reconnue (contrairement à moi), sur le risque OpenAI.
C'est le maillon faible de l'IA parce que non rentable et ne le sera peut-être jamais.
On notera qu'une fébrilité certaine flotte chez OpenAI avec la récente déclaration de la directrice financière d'OpenAI, Sarah Friar, demandant des garanties publiques pour les investissements d'OpenAI.
Sam Altman, patron d'OpenAI, a dû y aller de sa personne pour infirmer les propos de sa directrice financière et éteindre la polémique qu'elle venait de susciter.
L'IA en circuit court qui risque le court-circuit :
Pour mieux comprendre le risque OpenAI, voici l'imbrication de la galaxie IA aux Etats-Unis.
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