Les règles du jeu évoluent pour le Prêt à taux zéro à compter du 1er octobre. Le gouvernement prévoit 29.000 PTZ au quatrième trimestre 2014, soit 10.000 de plus qu’au cours de la même période en 2013. Le profil des emprunteurs va-t-il être chamboulé en conséquence ? Impossible d'y répondre par avance mais une (re)lecture des statistiques permet d'en douter. Voici les caractéristiques de l'emprunteur PTZ type et son évolution depuis 2011.

Un public de « jeunes actifs »

Le PTZ est réservé aux personnes accédant à la propriété, ou plus exactement aux acquéreurs n’ayant pas été propriétaires lors des deux années précédant l’achat et à d'autres personnes dans quelques cas particuliers. PTZ ou non, les primo-accédants avaient 34 ans en moyenne en 2013, selon le Crédit Foncier. Les acquéreurs bénéficiant du PTZ étaient, selon la même source et sur la même période, légèrement plus jeunes : 33 ans.

L’organisme public qui supervise l'attribution des Prêts à taux zéro, la SGFGAS (Société de gestion du fonds de garantie de l’accession sociale à la propriété), a publié des statistiques plus récentes portant sur le premier trimestre 2014 (1). Elles confirment l’âge moyen des emprunteurs (33 ans) et montrent qu’une nette majorité (54,8%) d’entre eux ont entre 26 et 35 ans. L’autre tranche d’âge fortement représentée dans le panel de bénéficiaires du PTZ est celle des 36-45 ans (23,5%).

Plutôt des employés et ouvriers que des cadres

Trois catégories sociaux professionnelles sont plus particulièrement représentées parmi les emprunteurs PTZ en 2014 selon les données de la SGFGAS : les employés (36%), les ouvriers (25%) et les professions intermédiaires (23%) (2). Ces trois catégories sont surreprésentées puisqu’aucune d’entre elles ne dépassent les 16% dans l’ensemble de la population, selon des données Insee portant sur l'année 2012. La proportion de cadres (11% des bénéficiaires de PTZ) ou d’artisans, commerçants et chefs d’entreprise (3%) est globalement équivalente à leur poids dans l’ensemble de la population. Assez logiquement, les retraités (moins de 1%) et les inactifs (1%) sont très nettement sous-représentés.

De multiples modèles familiaux

Au niveau du type de ménages profitant du PTZ, difficile de tirer une conclusion évidente des statistiques du Fonds de garantie. A priori, la plupart des foyers bénéficiaires sont des couples même si les données disponibles ne donnent aucune indication du statut matrimonial, seulement le nombre de personnes dans le ménage. Mais un élément laisse peu de place au doute : 24% des emprunteurs PTZ sont des personnes seules, les 76% restants étant donc des ménages de deux personnes ou plus. Au niveau du nombre d'enfants, la répartition semble équilibrée : 22% de ménages de deux personnes, donc des couples sans enfant ou une personne seule avec un enfant, 22% de foyers de trois personnes, puis 21% pour quatre personnes et 10% pour les cinq personnes et plus.

Un PTZ de 39.421 euros pour un achat de 190.022 euros

Le montant moyen du Prêt à taux zéro au premier trimestre 2014 était de 39.421 euros, globalement stable par rapport à la fin 2013 (39.657 euros) selon la SGFGAS. Le PTZ couvre ainsi un peu plus de 20% du montant moyen de l’ensemble de l’opération, qui se situe à 190.022 euros début 2014.

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La durée moyenne du PTZ est de 20 ans, une durée globalement équivalente pour l’ensemble des tranches d’âge, à l’exception notable des plus de 56 ans (17 ans, puis 15 ans pour les plus de 65 ans).

De 23.697 euros en Bourgogne à 63.709 en Ile-de-France

Le montant du Prêt à taux zéro varie fortement d’une région à une autre. Constat logique des écarts propres au marché immobilier et du zonage du PTZ. Les statistiques trimestrielles de la SGFGAS montrent tout de même des écarts impressionnants :

  • Régions où le montant moyen du PTZ est le plus élevé au premier trimestre 2014 : Ile-de-France (63.709 euros), Provence Alpes Côte d’Azur (46.398 euros) et Corse (41.412 euros).
  • Régions où le montant moyen du PTZ est le plus faible : Bourgogne (23.697 euros), Limousin (23.740 euros) et Auvergne (24.711 euros).

Un profil qui a peu évolué de 2011 à 2014

2011, une autre époque pour le PTZ, alors accessible sans conditions de ressources et dans le neuf comme dans l’ancien. Une année où huit fois plus de Prêts à taux zéro ont été accordés qu’en 2013. Et pourtant, le profil type des emprunteurs n’était pas si différent d’aujourd’hui. Il y a 3 ans, au 1er trimestre 2011, les employés (31%), ouvriers (20%) et professions intermédiaires (21%) étaient déjà surreprésentés parmi les 158.991 bénéficiaires d’alors, à comparer avec les 6.809 du premier trimestre 2014. Et l’âge moyen était quasiment similaire (34 ans).

Reste deux changements notables : le montant du PTZ était beaucoup plus bas (22.763 euros en moyenne) début 2011, ce qui s'explique par les diverses évolutions du dispositif depuis, et la structure des foyers a changé. A l’époque, les bénéficiaires du Prêt à taux zéro étaient plutôt des célibataires et couples sans enfant (59% de foyers de une ou deux personnes), ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

(1) Les statistiques portent sur 6.809 Prêts à taux zéro accordés au 1er trimestre 2014 selon le Fonds de garantie. Elles sont établies sur la base des « déclarations d’offres acceptées et enregistrées à la SGFGAS au 30 juin 2014 » et portent uniquement sur la métropole.

(2) Il s’agit selon la définition de l’Insee d’un groupe de personnes occupant dans les entreprises « une position intermédiaire entre les cadres et les agents d'exécution, ouvriers ou employés ». Y sont aussi intégrés, entre autres, les instituteurs, les infirmières, les assistantes sociales, etc.