Alors que l’efficacité du PTZ+ est toujours sujette à analyse et à débat, certaines statistiques permettent de se faire une idée précise des usages du Prêt à taux zéro, tel qu’il existe actuellement.

Quatre jours après l’annonce du nouveau Prêt à taux zéro, appelé à remplacer en 2011 non seulement l’actuel PTZ, mais aussi le Pass Foncier et le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt, les avis sur le dispositif restent tranchés. Certains, comme François Blancard, patron du Crédit Foncier, estime que le nouveau dispositif est plus « égalitaire ». D’autres, au contraire, doutent de sa capacité à soulager les futurs propriétaires dans les zones où le marché immobilier est le plus tendu, notamment dans l’agglomération parisienne.

Il faut dire qu’avec pas moins de 160 combinaisons possibles, en fonction des revenus et de la composition du foyer, de la zone géographique (A, B1, B2 ou C) ou du statut énergétique du logement, le PTZ+ est particulièrement complexe. Du côté des banques ou des promoteurs, l’heure est d’ailleurs toujours à l’estimation de son impact sur le marché de l’immobilier. Et comme le révélait hier le quotidien économique Les Echos, le résultat de ces projections pourraient entraîner des ajustements, d’ici son examen par l’Assemblée, courant octobre.

En attendant ces éventuels arbitrages, les chiffres publiés par la SGFGAS (Société de Gestion du Fonds de Garantie de l’Accession Sociale à la propriété) permettent de dresser un état des lieux assez précis de l’actuel Prêt à taux zéro. Combien de primo-accédants en profitent aujourd’hui, et quel est leur profil ?

Les chiffres 2009 du prêt à taux zéro

En 2009, 216.503 PTZ ont été accordées, pour un montant global de 4,722 milliards d’euros, ce qui représente une hausse de 2,4% par rapport à 2008. Ce sont les logements neufs qui portent l’ensemble de cette hausse (+10,9%). Logique, puisque le dispositif dit du doublement du PTZ, lancé le 15 janvier 2009 dans le cadre du plan de relance, ne concernait que le neuf.

Toutefois, malgré cette hausse, le Prêt à taux zéro est resté très majoritairement utilisé pour l’acquisition dans l’ancien : en 2009, le rapport entre les deux était ainsi précisément de deux tiers pour l’ancien pour un tiers dans le neuf.

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Les chiffres de la SGFGAS apportent une autre confirmation : c’est bien en zone A, c’est-à-dire en région parisienne, sur la Côte d’azur ou dans certaines zones frontalières particulièrement chères, que le PTZ est le moins utilisé : 18,3% seulement des prêts accordés en 2009. A l’inverse, c’est la zone C, celle regroupant les villes de moins de 50.000 habitants et les territoires ruraux ou périurbains, qui concentre le plus grand nombre de PTZ : 45,1% du total.

Portrait-robot du bénéficiaire actuel

Ces statistiques permettent également d’établir le profil type du bénéficiaire actuel du PTZ. Il a entre 25 et 35 ans (53,7%), vit en couple (57,2%) mais n’a pas forcément encore d’enfants (55,4% des foyers bénéficiant du PTZ sont composés d’une ou deux personnes).

Il est ouvrier, employé ou exerce une profession dite intermédiaire (81,6%). Dans plus d’un tiers des cas (35,9%), les revenus de son foyer sont inférieurs à 2 SMIC (soit un peu moins de 2.100 euros nets mensuels). Il est locataire d’un logement dans le parc privé, mais aspire à s’acheter une maison individuelle (68% des PTZ), neuve ou ancienne. Pour cela, il semble qu’il n’ait pas d’autres choix que de s’éloigner des centres urbains, où la pression immobilière est trop forte, quitte à s’imposer de longs trajets pour aller travailler.