1 - Pourquoi vous en avez peut-être entendu parler ?
Soyons francs : il n'est pas certain que vous ayez déjà croisé l'expression « paiement agentique ». À moins, bien sûr, que vous soyez particulièrement attentifs à l'actualité des paiements, du numérique ou de l'IA (intelligence artificielle).
Le paiement agentique, toutefois, est déjà sorti des laboratoires. MoneyVox, par exemple, s'est récemment fait l'écho d'une initiative de la néobanque britannique Revolut et du réseau de paiement Visa, qui ont annoncé avoir réalisé le premier paiement agentique en France.
Intelligence artificielle : Revolut annonce avoir réalisé le premier paiement par IA en France
2 - Un paiement agentique, c'est quoi ?
C'est un paiement effectué en votre nom par un agent IA, c'est-à-dire par un logiciel utilisant les capacités des modèles d'IA à planifier et exécuter des actions de manière autonome, en vue d'accomplir une tâche.
Il s'inscrit dans un spectre plus large, celui du commerce agentique, qui consiste à déléguer totalement à une IA l'achat d'un produit ou d'un service : la recherche du produit, la comparaison des différentes options, la commande, le choix du mode de livraison et finalement le paiement. Il deviendrait ainsi possible d'envoyer à une IA des requêtes du type : « Achète-moi la meilleure paire de chaussures de running à moins de 150 et fais-la livrer à mon bureau avant le week-end prochain. »
Cette nouvelle manière de consommer pourrait devenir rapidement une réalité. Dans un rapport publié ce mois-ci, le réseau de paiement Mastercard estime, ainsi, que « plus d'un acheteur en ligne sur dix pourrait utiliser régulièrement des agents d'intelligence artificielle pour effectuer ses achats à sa place d'ici 2030 ».
« Plus d'un acheteur en ligne sur dix pourrait utiliser régulièrement des agents d'intelligence artificielle pour effectuer ses achats à sa place d'ici 2030 »
Cependant, le paiement agentique reste dans l'immédiat au stade du test. L'obstacle à un déploiement à grande échelle n'est pas technique, comme le montrent les tests dévoilés par Revolut (avec Visa), mais aussi par le Crédit Agricole (avec Mastercard et Worldline) : les agents IA sont déjà capables de réaliser des paiements. Il est plutôt d'ordre juridique. « De ce côté, on n'est pas du tout prêt », estime Geoffrey Laloux, du cabinet de conseil Square Management.
Pour aller au bout de sa logique, le paiement agentique suppose, en effet, que l'agent IA soit habilité à finaliser le paiement de manière autonome, à la place du consommateur. Et donc porteur d'un mandat du consommateur valant consentement à payer en son nom. Or, aujourd'hui, le cadre juridique « ne prévoit rien en termes de protocoles, de standards, de mesures minimales à mettre en place pour s'assurer que le consentement était réellement explicite et éclairé », analyse Geoffrey Laloux. « Proposer du paiement par IA sans avoir cette sécurité juridique, c'est s'exposer demain à des contestations ».



















