L'essentiel

  • Les fintechs proposent des outils de finance embarquée pour aider les professionnels à gérer leur trésorerie et les décalages de paiement.
  • Des outils comme le BNPL (Buy Now, Pay Later) et le crédit embarqué offrent des solutions de paiement flexibles.
  • La finance embarquée est un outil à court terme efficace mais si mal géré ou utilisé à l'excès, cela peut entraîner des coûts élevés.

Chaque jour, les professionnels gèrent leur trésorerie et les décalages entre encaissements et paiements afin de préserver la liquidité essentielle à leur activité. Si les banques ont longtemps répondu à ces besoins via des solutions traditionnelles (crédit, escompte, découvert, affacturage), les fintechs proposent aujourd'hui, via la finance embarquée, des outils qui complètent cette offre.

« C'est une alternative plus souple aux processus bancaires classiques. Intégrée aux parcours métier, elle accélère les paiements, fluidifie les flux, sécurise la trésorerie et allège la charge administrative », note Marine Genet, Directrice, Stratégie & Business Transformation secteur Banque de détail chez KPMG.

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Le Buy Now, Pay Later

Parmi ces outils figure le BNPL (Buy Now, Pay Later) qui offre aux clients B2C un paiement fractionné en plusieurs mensualités (2 à 6) et aux clients B2B un paiement différé (30 à 60 jours). La fintech avance les fonds et et couvre le risque, puis se charge de la collecte des échéances. Les solutions s'intègrent au parcours client (checkout) via des API ou des modules dédiés. Les acteurs B2C (Klarna, Alma, Scalapay...) et B2B (RollingFunds, Billie, Hokodo...) sont multiples.

Autre solution associée aux encaissements, le crédit embarqué proposé par les PSP (Stripe, PayPal, Ayden), qui avance des fonds sur la base de l'analyse des ventes réalisées, avec remboursement prélevé sur les flux encaissés.

« Le BNPL et le crédit embarqué étant intégrés au parcours d'achat, ils sont directement associés à l'activité économique du client, simplifiant KYC (connaisance du client ndlr) et analyses de solvabilité, automatisant les remboursements « à la source », apportant un financement rapide, fluide et sécurisé - parfaitement adapté à l'e‑commerce et au B2B », souligne Guillaume Petipas, Associé, Conseil Services Financiers chez KPMG.

Financement de créances

Certains acteurs financent les créances. Defacto prête de l'argent en utilisant les factures comme garantie. Edebex cède les factures sur une marketplace pour collecter des fonds. FundThrough avance l'argent via sa plateforme d'affacturage simplifiée.

L'avance des factures clients proposée chez Karmen fournit un financement pour couvrir des pics d'activité ou des besoins de trésorerie, avec un remboursement proportionnel aux revenus réalisés. Qonto et Shine facilitent le pilotage du flux de trésorerie, via la création de sous‑comptes avec IBAN, qui organisent et suivent la trésorerie par poste.

Si ces outils sont abordables, leur coût final varie selon le risque de trésorerie et la durée d'usage. « La finance embarquée est un outil tactique de trésorerie à court terme. Son efficacité dépend du moment d'utilisation et du cycle réel de cash de l'activité. Mal gérée ou sollicitée à l'excès, elle peut s'avérer couteuse, indique Sacha Alexandre Gaube, directeur financier externalisé & de transition, un pilotage rigoureux du BFR et de la trésorerie permet de l'utiliser efficacement, d'optimiser les flux et d'éviter un endettement structurel déguisé. » Se faire accompagner renforce la pertinence de ces solutions.

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