Le secteur bancaire français et le ministre de l'Économie ont annoncé mardi un plafonnement à 2% de la hausse des tarifs bancaires l'an prochain ainsi qu'une diminution des frais bancaires pour les publics fragiles, des mesures pour contrer l'inflation souhaitées par Bercy.

« Toutes les banques ont pris l'engagement de ne pas augmenter leurs tarifs bancaires de plus de 2% sur l'année 2023 », a déclaré Bruno Le Maire lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion avec les responsables du secteur. « Il y a eu un bouclier énergétique, nous mettons en place un bouclier sur les frais bancaires », a-t-il ajouté.

Selon l'étude menée par le comparateur Panorabanques en début d'année, l'augmentation des frais bancaires (tenue de compte, cartes...) a été plus marquée en 2022 après deux années de hausses très modérées, pour atteindre en moyenne 219,90 euros par an, soit 1,5% de plus qu'en 2021.

« L'ensemble de la profession bancaire a décidé une politique de modération forte de ses tarifs », a de son côté souligné Laurent Mignon, patron de BPCE et assurant depuis le 1er septembre la présidence tournante de la Fédération bancaire française (FBF), organisation professionnelle du secteur. Chacune des banques annoncera en temps voulu ses tarifs.

Les banques se sont par ailleurs engagées à ramener les frais bancaires maximum pour les publics fragiles de 3 euros à 1 euro par mois.

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Profits records en 2021

Face à une inflation forte - 5,8% sur un an au mois d'août selon la dernière estimation provisoire de l'Insee -, le gouvernement avait invité les entreprises, en mesure de le faire, à un geste en faveur du pouvoir d'achat des français.

Avec des profits records en 2021, le secteur bancaire s'est rapidement retrouvé dans le viseur de Bercy. BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE et le groupe Crédit Mutuel ont engrangé à eux cinq plus de 30 milliards d'euros de bénéfice net.

L'année en cours suit la même tendance. Et la remontée des taux - la Banque centrale européenne (BCE) a passé son taux sur les dépôts bancaires de 0% à 0,75% jeudi - leur est favorable, rappelait avant l'été le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau.