Les promoteurs et investisseurs vont avoir un peu de répit. Le Pinel, ce dispositif dimmobilier locatif phare, ne vas pas sarrêter en 2021, a indiqué la ministre du Logement Emmanuel Wargon. Le 10 novembre, sur BFM Business, elle sest en effet prononcée en faveur du prolongement du Pinel « jusquen 2022 ».
Cette prise de parole intervient 3 jours après le dépôt, par 3 députés Les Républicains, d'un amendement au projet de loi de finances pour prolonger, en létat, le Pinel jusquà fin 2022. Jusqualors, il était prévu quà partir du 1er janvier 2021, lacquisition ou la construction dune maison individuelle sorte du dispositif. Seuls les biens neufs dans un habitat collectif devaient rester éligibles.
La ministre déléguée chargée du Logement nexclut toutefois pas quelques évolutions. « Parfois le Pinel crée des logements où l'on nen a pas besoin, des logements qui se dégradent vite [ ]. Comment on va le prolonger ? Est-ce quon va le prolonger à lidentique ou en laméliorant ? Là, les discussions sont encore en cours », nuance Emmanuel Wargon. Cette carotte fiscale coûte en effet très cher aux finances publiques, pour un bénéfice souvent questionné. En 2019, la note a atteint 745 millions deuros pour 200 000 ménages bénéficiaires. Pour lannée 2020, la facture est évaluée à 991 millions, daprès la Direction générale des finances publiques.
Meilleur encadrement des loyers
Pour resserrer le Pinel, et mieux ladapter à la réalité du terrain, le gouvernement a dores et déjà déposé un amendement visant à empêcher tout effet daubaine sur les loyers. Objectif : faire en sorte quils ne dépassent pas les prix du marché et, donc, que les logements Pinel soient accessibles à des ménages modestes.
Actuellement, il existe déjà un mécanisme de plafonnement. Pour obtenir la réduction dimpôt, plafonnée à 300 000 euros par an et 5 500 euros par mètre carré, linvestisseur nest en effet pas libre de fixer le loyer quil souhaite. A la signature du bail, le loyer hors charges ne peut dépasser un certain montant, fixé par décret, qui dépend de la zone géographique et de la surface du logement.
Or, si en principe les loyers Pinel sont 20% moins cher, « il arrive que les loyers consentis soient supérieurs au montant moyen des loyers de marché, ainsi que la établi le rapport de lInspection générale des finances (IGF) et du Conseil général de lenvironnement et du développement durable (CGEDD) de novembre 2019 sur lévaluation de ce dispositif », justifie le gouvernement.
De fait, pour corriger cet écueil, lexécutif ajoute une contrainte plus stricte à la règle en vigueur : « les plafonds de loyer fixés par ce décret ne doivent pas excéder le montant moyen des loyers constaté lannée précédente ». Si cette proposition est adoptée en létat, cette règle sappliquera aux biens Pinel acquis ou construits à compter du 1er janvier 2021. Les baux en cours de vie échapperaient donc à ce double plafonnement.
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Seconde chance pour le Pinel breton
Autre évolution possible : le prolongement du Pinel breton. Il s'agit d'une expérimentation menée en Bretagne depuis 2020 qui vise à définir localement les municipalités où investir en Pinel est possible. Plutôt que de passer par le zonage habituel, l'éligibilité est déterminée par le préfet, qui arrête une liste de communes où le besoin de construire est réel.
Or, à cause de la crise sanitaire et de la publication tardive de larrêté préfectoral pour mettre en uvre cette expérimentation, celle-ci a été lancée avec du retard. Doù lamendement déposé le 6 novembre par 9 députés de La République en Marche afin de prolonger cette phase de test jusquau 31 décembre 2022. Ce dispositif dérogatoire devait normalement prendre fin en 2021.
En cours dexamen à lAssemblée nationale, le budget 2021 sera soumis au vote des députés le 17 novembre prochain.


















