Le marché immobilier francilien retrouve progressivement des couleurs, mais la reprise reste très inégale selon les territoires. Au premier trimestre 2026, selon les données des Notaires du Grand Paris, les ventes de logements anciens ont reculé de 3% sur un an en Île-de-France, avec un contraste particulièrement marqué entre Paris et la grande couronne.

Dans la capitale, le nombre de transactions s'est effondré de 13% sur un an. À l'inverse, les départements de grande couronne affichent une hausse de 2% des ventes, portée principalement par le marché des maisons anciennes (+4%).

Pour les notaires du Grand Paris, cette différence s'explique en partie par un effet de comparaison : début 2025, de nombreux acheteurs avaient anticipé la hausse des droits de mutation en signant plus rapidement leur acquisition à Paris. Mais au-delà de cet effet technique, les chiffres traduisent aussi un arbitrage persistant des ménages franciliens en faveur des zones périphériques.

Des prix toujours très élevés à Paris

Le marché parisien reste pénalisé par des prix qui demeurent hors de portée pour de nombreux acheteurs. Au premier trimestre 2026, le prix moyen des appartements anciens atteint encore 9 600 euros le mètre carré dans la capitale.

Dans plusieurs départements de grande couronne, les niveaux sont sans commune mesure : environ 2 800 euros le mètre carré en Seine-et-Marne ou en Essonne, 2 900 euros dans le Val-d'Oise.

L'écart reste également spectaculaire à l'intérieur même de Paris. Les prix oscillent entre 7 530 euros le mètre carré dans le 19e arrondissement et plus de 14 000 euros dans le 6e.

Paris
Type de biensPrix moyen au m2
Avril 2026
Prix moyen au m2
Mai 2026
Évolution
Maison10 101 €10 125 €0,24 %
Appartement9 669 €9 692 €0,24 %

Données : SeLoger et MeilleursAgents.com

La maison individuelle reste recherchée

Dans ce contexte, les maisons continuent d'attirer les acheteurs en quête de surface et d'espace extérieur. Cette tendance se retrouve surtout en grande couronne, où les ventes de maisons anciennes progressent de 4% sur un an. À l'échelle de toute l'Île-de-France, le marché des maisons affiche une hausse plus modérée de 2%, tandis que les appartements reculent de 5%.

Achat immobilier : « N'est-il pas plus judicieux d'acheter en location-vente ? »

Les notaires soulignent d'ailleurs que le marché repose aujourd'hui essentiellement sur les achats de résidence principale, dans un climat où les investisseurs locatifs restent largement absents.

Malgré cette résistance relative de la grande couronne, les professionnels restent prudents. Les prix stagnent globalement et les perspectives économiques incertaines pourraient encore freiner les acheteurs dans les prochains mois. Les notaires évoquent un marché « en dents de scie », particulièrement sensible aux tensions géopolitiques et à l'évolution des taux d'intérêt.