A partir de quel montant de revenus mensuels est-on considéré, statistiquement parlant, comme pauvre en France ? L'Insee (1) vient de mettre à jour ce jeudi le seuil de pauvreté monétaire, sur la base des revenus 2024 des Français. Il est en hausse, à 1 337 euros par mois pour une personne seule, soit 60% du revenu médian, celui qui sépare les ménages français en deux parts égales. Ce seuil de pauvreté est de 2 005 euros pour un couple, auxquels il faut ajouter 401 euros pour chaque enfant de moins de 14 ans et 669 euros pour chaque enfant plus âgé.

En 2024, les personnes pauvres ayant un logement représentent 15,4% de la population vivant en métropole, soit 9,8 millions de personnes. Il s'agit du pourcentage le plus élevé depuis 1996 lors du lancement de cette étude annuelle. Une autre enquête citée par l'Insee estime pour l'année 2021 le nombre de personnes en situation de pauvreté à 11,2 millions en incluant les départements et régions d'outre-mer (DROM), les personnes vivant en communautés, sans domicile...

Seuil de richesse, de pauvreté, classe moyenne ou populaire... L'échelle de l'Observatoire des inégalités

Un niveau de vie inférieur à 1 074 euros par mois pour 50% des personnes pauvres

A noter que la moitié des personnes en situation de pauvreté ont un niveau de vie inférieur à 1 074 euros par mois, soit 19,7% sous le seuil de pauvreté. Cet écart, nommé intensité de la pauvreté, progresse par rapport à 2023 (+0,5 point de pourcentage), signale l'Insee.

Dans son étude, l'Insee constate qu'après deux années marquées par une augmentation, le taux de pauvreté des chômeurs se stabilise en 2024 à 36,1%. Celui des retraités est resté nettement inférieur à la moyenne de la population, à 10,4%, en raison des hausses du minimum contributif et de l'Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa).

Un niveau élevé de pauvreté chez les familles monoparentales

En 2024, le taux de pauvreté des familles monoparentales diminue de 0,3 point, à 34,0% lié à la hausse de la durée d'activité des personnes qui sont en emploi seulement une partie de l'année.« Elle ne compense toutefois que très partiellement la forte augmentation intervenue en 2023, en dépit d'une revalorisation exceptionnelle en novembre 2022 de l'allocation de soutien familial : entre 2022 et 2024, le taux de pauvreté des familles monoparentales a ainsi augmenté de 2,2 points, contre 0,9 point pour l'ensemble de la population », souligne l'Insee.

En revanche, le taux de pauvreté des enfants progresse de 0,5 point en 2024, après +1,3 point en 2023, et prolonge ainsi une tendance à la hausse observée ces dernières années.

(1) Institut national de la statistique et des études économiques