Le vent tourne, doucement, sur le marché du crédit immobilier. Après une année 2025 favorable aux emprunteurs, portée par le recul des taux, le premier semestre 2026 marque un léger coup d'arrêt. D'après le dernier baromètre de Meilleurtaux, un ménage remboursant 1 000 euros par mois sur 20 ans peut désormais acquérir en moyenne 58 m2 en France. C'est un mètre carré de moins qu'à la fin de l'année 2025, où cette surface atteignait 59 m2.
Cette baisse reste limitée, mais elle met fin à une dynamique positive. L'an dernier, la détente des taux avait permis aux acheteurs de regagner en moyenne 2 m2 de pouvoir d'achat immobilier. Depuis janvier, une partie de ce gain s'est déjà évaporée.
Selon Meilleurtaux, le taux moyen d'un crédit immobilier sur 20 ans est passé de 3,27% en décembre 2025 à 3,40% en juin 2026. Une hausse modérée, qui réduit néanmoins la capacité d'emprunt des ménages.
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« La hausse, même contenue, des taux représente en moyenne les trois quarts du mètre carré de surface perdu », explique Guillaume Fourt, directeur des partenariats bancaires de Meilleurtaux.
Des évolutions très différentes selon les villes
La tendance nationale masque toutefois d'importants écarts selon les marchés locaux. Parmi les vingt villes étudiées, seules quatre enregistrent un gain de pouvoir d'achat immobilier depuis le début de l'année : Saint-Étienne (+3 m2), Toulon (+2 m2), Grenoble (+1 m2) et Bordeaux (+1 m2). À l'inverse, les acquéreurs ont perdu jusqu'à 4 m2 au Mans et à Nîmes, ou encore 3 m2 à Dijon et à Reims.
Les prix de l'immobilier ne baissent plus : les acheteurs ont-ils intérêt à accélérer leur projet ?
Ces différences ne s'expliquent pas uniquement par les taux. L'évolution des prix de l'immobilier joue également un rôle déterminant. « L'analyse doit être faite au niveau de chaque ville, car les marchés locaux évoluent de manière très différente. À Paris, où les prix ont légèrement reculé, la hausse des taux explique à elle seule la baisse du pouvoir d'achat. À l'inverse, à Reims, où les prix ont progressé, cette hausse accentue encore la perte de surface achetable », souligne Guillaume Fourt.
* Prix moyen au m2 dans les 41 plus grandes villes de France.
Données : SeLoger et MeilleursAgents.com
Les écarts restent d'ailleurs spectaculaires d'une ville à l'autre. Avec une mensualité de 1 000 euros sur 20 ans, un acheteur peut acquérir environ 142 m2 à Saint-Étienne, contre seulement 18 m2 à Paris. Le Havre (90 m2) et Le Mans (87 m2) figurent également parmi les villes offrant les plus grandes surfaces pour un budget identique.
Si le début de l'année est moins favorable, le bilan reste néanmoins meilleur qu'à la fin de 2024. Grâce à la baisse des taux intervenue en 2025 et à des prix globalement stables, les acheteurs disposent encore, en moyenne, d'un mètre carré supplémentaire par rapport à il y a deux ans. En revanche, le recul reste marqué sur un horizon plus long : depuis la fin de l'année 2021, les ménages ont perdu en moyenne 13 m2 de pouvoir d'achat immobilier, sous l'effet cumulé de la hausse des taux et de l'évolution des prix.













