De manière générale, alors que le groupe Réalités, mal géré et pris dans une folie des grandeurs d'investissements diversifiés au plus mauvais moment du cycle immobilier, tente de sauver les meubles en rinçant les malheureux prêteurs non protégés que nous sommes, il aurait été au minimum requis d'Homunity d'expliquer en détail à ses investisseurs les tenants et aboutissants de la restructuration proposée, et d'en proposer une analyse critique dans le but de préserver les intérêts desdits investisseurs - ce qui est, on le rappelle, sa mission juridique en qualité de représentant de la masse des obligataires (RMO) pour chaque projet financé...
Mais encore faudrait-il qu'ils disposent des ressources nécessaires (donc de profils senior en juridique / financier et pas uniquement des stagiaires faisant des copier-coller).
Les avocats missionnés dans le cadre de la procédure de "redressement" lancée volontairement par Réalités (et donc déboutés de leurs demandes à ce que nous comprenons) ont du également être payés au lance-pierres... et visiblement ils n'ont pas souhaité faire appel suite au rejet de leurs prétentions (sans doute Homunity ne voulait pas payer de frais juridiques supplémentaires, il serait en effet idiot de se battre trop pour ses investisseurs).
Eux-mêmes reconnaissent que le classement des prêteurs en classes obligataires non différenciées, sans distinguer par projet immobilier financé, n'a aucun sens...
Nous passons donc d'un financement de promotion immobilière à court/moyen terme via des obligations rémunérées à X% à (i) un abandon de capital et d'intérêts sans contrepartie (bah tiens) ou (ii) une transformation des obligations en actions de la future SCA en laquelle Réalités devrait se transformer (bah tiens c'est vrai qu'on souhaitait tous investir en equity dans de l'ultra small cap - penny stock en faisant un prêt adossé à de l'immo...)
Sur certains projets, il est même proposé en douce, et sans aucune explication dans le rapport du Président (ce qui est un manquement juridique clair), que le représentant de la masse des obligataires (RMO) soit remplacé - c'est-à-dire qu'Homunity quittera le navire et se fera substituer une société dont nous ne connaissons que le nom (DIIS Group). Cela sans aucune explication, ni sur le détails des frais de fonctionnement de ce nouveau RMO ni sur son rôle envisagé.
Et sans aucune explication sur le fait que certains projets sont concernés mais d'autres non (je constate cela en ayant la "chance" d'être investi dans 3 projets Homunity - Réalités)
Pour l'oeuvre collective d'incompétence combinée de Réalités et d'Homunity, j'ai voté "non" au plan proposé - et j'incite chacun à voter, quelle que soit son analyse, en sachant qu'in fine c'est chaque société "ad hoc" CAP IMMO XXX qui devra voter le plan (et je peux déjà parier qu'il n'y aura aucune transparence sur l'adéquation entre le vote des investisseurs obligataires particuliers et le vote d'Homunity en qualité de représentant de chacune de ces entités CAP IMMO).
Ce dossier est finalement une belle illustration des défauts structurels du crowdfunding immobilier, sur lesquels l'AMF aurait du se pencher bien plus tôt et de manière beaucoup plus ferme...