1. Un système "à la carte" (Cantons et branches)
Le salaire minimum légal n'existe que dans quelques cantons (principalement frontaliers) qui l'ont voté pour lutter contre la précarité et le dumping salarial. À
Genève, le salaire minimum horaire brut est de
24,59 CHF (environ 4 460 CHF bruts par mois pour 42 heures hebdomadaires). Les cantons de Neuchâtel (21,35 CHF) et du Jura (21,40 CHF) appliquent des règles similaires.
Dans le reste de la Suisse, ce sont les
Conventions Collectives de Travail (CCT), négociées branche par branche entre syndicats et patrons, qui fixent les grilles minimales (par exemple dans la restauration, la coiffure ou le nettoyage).
2. Les piliers économiques du modèle suisse
Si les entreprises suisses peuvent payer de tels salaires sans faire faillite, c'est grâce à un écosystème économique unique :
- Une productivité et une valeur ajoutée massives : L'économie suisse ne mise pas sur le low-cost, mais sur la haute technologie, la pharmacie, la finance, l'horlogerie de luxe et l'ingénierie de précision. Les marges générées par ces industries d'exportation permettent de distribuer des salaires élevés.
- Des charges sociales plus faibles : C'est un point clé qui surprend souvent. En France, l'écart entre le "superbrut" (ce que paye l'employeur) et le "net" (ce que touche le salarié) est énorme à cause des cotisations patronales et salariales. En Suisse, les charges sociales sur les salaires sont nettement inférieures. L'employeur dispose donc d'une plus grande marge de manœuvre pour proposer un brut élevé.
- Une fiscalité attractive pour les entreprises : Des impôts modérés sur les sociétés attirent les multinationales et les capitaux du monde entier, créant une forte concurrence pour attirer les talents, ce qui tire tous les salaires vers le haut.