L’association de consommateurs UFC-Que Choisir porte plainte pour pratiques commerciales trompeuses contre Bling, Cashper et Floa Bank auprès du Procureur de la République de Paris. Des établissements proposant des mini-prêts instantanés, une pratique cachant des taux d’intérêt réels « jusqu’à cent fois supérieurs au taux d’usure ».

Emprunter 200, 500, 600 voire 1 000 euros du tac au tac, en quelques clics et une dizaine de minutes, à condition de rembourser en moins de 3 mois. Voilà la promesse, d’apparence souple et pratique, des nouveaux acteurs tels que Cashper, Blang, Finfrog mais aussi Lydia ou Floa Bank (ex Banque Casino).

« Ces prêts sont présentés comme sans danger. Ils fonctionnent comme une avance sur salaire, décrit l’UFC-Que Choisir. En général, l’échéance de remboursement est prélevée lorsque l’emprunteur perçoit ses revenus. » Quand tout se passe bien, la promesse est tenue. Problème : « S’ils sont mal distribués, ils l’exposent comme n’importe quel crédit au malendettement ainsi qu’à des impayés susceptibles de fragiliser encore davantage son budget », poursuit l’association de consommateurs, qui souligne que la réglementation n’encadre pas ces minicrédits comme un prêt conso classique. « Ces crédits-là échappent à la loi sur le crédit car ce sont de tout petits crédits : dans la mesure où c'est moins de 3 mois et moins de 1 000 euros, la loi ne s'en occupe pas », a déclaré le président de l'association, Alain Bazot, au micro de RTL.

Parmi ces dérives, un coût qui dépasse très largement les seuils de l’usure, censés préserver les emprunteurs du surendettement : selon les calculs de l'UFC-Que Choisir, le taux d’intérêt de la formule express de Bling s’envole à 128%, celui de Floa Bank (coup de pouce) à 136% et celui de Cashper atteint un sommet inédit à 2 234% !

Plus d’infos : Attention au coût « hallucinant » des mini-prêts instantanés !

Plus grave : « Aucune de ces sociétés ne prend la peine d’avertir les internautes quant au risque de non-remboursement d’un crédit. Un tel écueil est d’autant plus grave qu’elles ciblent tout particulièrement les plus précaires (CDD), jeunes, fichés à la Banque de France, etc. »

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Après avoir alerté sur les dangers de ces « prêts conso » d’un nouveau genre, l’association passe à la vitesse supérieure : elle annonce ce jeudi 29 avril avoir lancé une action en justice : l’UFC-Que Choisir « dépose plainte pour pratiques commerciales trompeuses à l’encontre de Bling, Cashper et Floa Bank auprès du Procureur de la République de Paris ». Et elle demande aux pouvoirs publics de légiférer sur ces offres d’un nouveau genre en y étendant la réglementation qui s’applique déjà au crédit conso « classique ».

Les réactions de Bling et Floa Bank

Dans une réaction transmise à l'AFP, la société Floa affirme « qu'elle applique une politique commerciale transparente vis-à-vis de ses clients. Les coûts de nos mini prêts sont affichés clairement dès la première page du site et durant toutes les étapes du parcours, de sorte que le consommateur en est parfaitement informé avant d'y souscrire ». Floa Bank ajoute : « Le choix du déblocage instantané des fonds [plutôt qu'au bout d'un délai de 14 jours, NDLR] est une option à la main du client dont la tarification est parfaitement transparente. Les frais que nous appliquons respectent en tous points la réglementation en vigueur. »

Bling a transmis la réaction suivante à MoneyVox : « Bling est très surpris de la plainte de l’UFC-Que Choisir qu’elle considère comme parfaitement infondée (...) Elle tient en premier lieu à rappeler qu’en aucun cas elle n’est une banque ni un organisme de crédit. Bling ne facture pas de taux d’intérêt et ne pratique aucun frais caché. Tout est sur la table, parfaitement compréhensible et transparent. Nos avances, d’un montant maximum de 100 euros, sont gratuites (versées entre 3 et 5 jours). Seul le virement instantané est facturé : il est proposé en option pour le tarif unique de 7 euros. Nos clients sont par ailleurs scrupuleusement avertis des risques de non-remboursement. »

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