UFC-Que Choisir a simulé le coût annualisé des mini-prêts instantanés, dont l’offre grossit en France. Ils atteignent des taux « hallucinants », selon l’association de consommateurs qui demande un encadrement.

C’est la fin du mois et le frigo est vide. Problème : vous n’avez pas les moyens de le remplir sans risquer le dépassement de découvert et les frais qui vont avec. Tel est le principal cas d’usage des mini-prêts instantanés, importés des pays anglo-saxons et qui se développent en France. Parmi les acteurs de ce marché naissant, des jeunes pousses, comme Finfrog, Bling, Cashper, mais aussi des banques comme Floa Bank, qui propose un prêt Coup de pouce distribué par Cdiscount et Lydia.

La promesse est toujours la même : on vous fait une avance d’argent, d’un montant limité (de quelques dizaines à quelques centaines d’euros), remboursable à très court terme, de 1 à 3 mois. Surtout, l’argent est disponible immédiatement. Les acteurs utilisent les atouts du système bancaire ouvert (ou open banking), qui leur permet, avec votre accord, d’accéder à vos relevés de compte et donc de vérifier que vos rentrées d’argent vous permettront de rembourser, et du virement instantané, qui permet de transférer de l’argent en 10 secondes sur n’importe quel compte bancaire.

Des frais « hallucinants »

Cette instantanéité, toutefois, a un coût. Il est « hallucinant », estime UFC Que Choisir, dans une enquête publiée aujourd’hui. Le prix du prêt, en lui-même, est peu élevé, voire nul chez Bling et Cashper, lors de la première utilisation.

Les prêteurs, à l’exception de Finfrog, font en revanche payer en option le virement instantané, qui permet d’avoir l’argent tout de suite et pas dans 48 heures avec un virement standard. Là, ça coûte très cher : de 6,90 euros chez Lydia à 30 euros chez Cashper ! UFC-Que Choisir a ainsi simulé ce que serait le taux annuel effectif global (TAEG) de ces prêts, en incluant l’option l’express. Le résultat, de fait, est prohibitif : de 91% chez Lydia à 2 234% chez Cashper !

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Un « vide juridique »

La pratique, pour autant, est légale. Ces prêts de petits montants remboursables en 3 mois maximum, échappent en effet au cadre réglementaire du crédit à la consommation. Cela signifie que les prêteurs n’ont l’obligation ni d’informer, ni de vérifier la solvabilité de l’emprunteur, ce qui allège le processus de souscription ; ni de respecter les seuils de l’usure.

Une sorte de « vide juridique », donc, que UFC-Que Choisir espère voir rapidement combler. Selon l’association, « (…) la Commission européenne doit bientôt se pencher sur le phénomène ». Parmi les pistes, imposer une analyse rigoureuse de la solvabilité des emprunteurs, ainsi que l’affichage obligatoire du taux annualisé et soumettre ces prêts à la règle du seuil de l’usure.