La DGCCRF situe son enquête dans le contexte de « forte progression des opérations de location avec option dachat (LOA) », particulièrement sensible depuis la mi-2015. « Ce mode de financement est à la fois séduisant pour le consommateur, qui peut lisser mensuellement le coût du véhicule (entretien et assurance compris) tout en conservant la possibilité den devenir propriétaire, et avantageux pour les constructeurs et les concessionnaires, qui peuvent fidéliser la clientèle, concurrencer loffre des banques et se constituer un parc de voitures doccasion récentes et bien entretenues », explique-t-elle dans un communiqué publié sur son site internet.
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Pour les besoins de son enquête, la Répression des fraudes sest donc concentrée sur « les concessionnaires automobiles, les filiales financières liées aux constructeurs et les établissements de crédit partenaires ». Objectif : vérifier que les « dispositions du Code de la consommation en matière de crédit (crédit affecté et location avec option dachat) et dassurance-emprunteur » sont respectées.
La LLD mise en avant dans les publicités
Le bilan est plutôt inquiétant. Sur les 237 établissements contrôlés, le taux danomalie ressort à 31%. Les enquêteurs ont délivré 50 avertissements, 19 injonctions, 14 procès-verbaux et 2 amendes administratives. « Au regard des nombreux manquement relevés, les pratiques de financement dans le secteur automobile nécessitent une vigilance soutenue des services », estime la DGCCRF.
Première série de manquements, concernant la publicité : les agents ont relevé des cas de publicités trompeuses, présentant des « images de véhicules haut de gamme alors que les mensualités mentionnées correspondaient à des voitures dentrée de gamme ». Plus généralement, les constructeurs semblent faire le choix dorienter leur communication sur la location longue durée (LLD) plutôt que vers le crédit affecté ou la LOA. Explication : « Ils échappent ainsi aux contraintes propres à la réglementation sur le crédit et peuvent communiquer sur des loyers bas, attractifs, correspondant à des véhicules dentrée de gamme et une base kilométrique peu importante. »
Pré-cochage dans les contrats
Concernant les contrats de prêt ou de location, les enquêteurs ont constaté que nombre dentre eux « nétaient pas à jour des nouvelles dispositions réglementaires portant sur le crédit à la consommation ». Autre reproche : les acheteurs sont « fortement incités à la souscription de contrats accessoires », inutiles ou faisant doublon avec leur contrat dassurance. Certains constructeurs pratiquent notamment le pré-cochage dans leurs contrats.
Enfin, « des atteintes importantes aux droits des consommateurs ont été relevées » selon la Répression des fraudes : « labsence de mention au contrat de vente dun financement tiers (qui prive les consommateurs des dispositions protectrices afférentes) ou encore des atteintes au droit de rétractation ».


















