Assurance-emprunteur : comment les assureurs traditionnels comptent récupérer leurs clients

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Depuis le début de l’été, les assureurs traditionnels présentent les uns après les autres leurs nouveaux contrats d’assurance-emprunteur. Promettant des économies significatives, ils espèrent attirer les nouveaux propriétaires qui, grâce à la Loi Hamon, peuvent désormais souscrire plus facilement un contrat hors de leur banque. L’occasion, aussi, de renouer avec des clients qui se sont parfois détournés de leurs services au profit de ceux des banquiers-assureurs.

Depuis le début de l’été, les assureurs sont particulièrement présents sur le marché de l’assurance-emprunteur. Tous surfent sur la vague de la réforme portée par la Loi Hamon. Ils communiquent, les uns après les autres, sur la sortie de leurs nouveaux contrats comme l’a fait il y a quelques semaines la Macif avec sa « Garantie Emprunteur » ou MMA qui a présenté sa nouvelle assurance en juin dernier. Leur principal objectif ? Attirer de nouveaux clients grâce à des contrats qu’ils promettent moins chers que les contrats de groupe.

Lire à ce sujet : Assurance emprunteur : la loi Hamon va-t-elle vraiment libéraliser le marché ?

« Une bonne réforme » selon les assureurs

En effet, depuis le 26 juillet 2014, les nouveaux emprunteurs immobiliers peuvent bénéficier de la réforme de l’assurance-emprunteur promulguée par la « loi Hamon » : ils disposent désormais d'une année (à compter de la signature de l'offre) pour résilier et modifier leur contrat d’assurance sans frais. Auparavant, l’emprunteur pouvait substituer son assurance seulement avant la signature de l’offre de prêt. Un délai jugé souvent trop court par les assureurs traditionnels qui s’estimaient lésés au profit des banques prêteuses.

« C’est une bonne réforme » assure Alain Burtin, directeur des marchés chez Allianz, malgré l'obligation d'équivalence de garanties pour que la substitution soit possible. « La MAIF aurait sans aucun doute préféré que le texte offre une totale liberté de résiliation » regrette ainsi Stéphane Barbot, responsable produits chez l’assureur mutualiste. Mais les professionnels semblent avoir anticipé cette problématique en promettant l’équivalence de garanties dans leurs nouveaux contrats.

Une aubaine pour développer le multi-équipement

La réforme de l’assurance-emprunteur semble surtout avoir un goût de revanche pour les assureurs traditionnels. A leur grand regret, ce marché reste aujourd’hui largement dominé par les établissements prêteurs puisque seulement 21% des emprunteurs choisissent de s’assurer ailleurs que dans leur banque (1). « Ces derniers usent de leur position dominante dans la relation au crédit immobilier pour faire pression sur les assurés » déplore Stéphane Barbot. Alain Burtin, le directeur des marchés de chez Allianz, va même plus loin en affirmant que « beaucoup de banques conditionnent implicitement l’octroi d’un crédit au fait qu’un client prenne l’assurance du crédit chez elle, mais aussi une assurance multirisques habitation voire une assurance automobile. »

La réforme mise en place cet été représente donc de multiples enjeux pour les assureurs : non seulement conquérir de nouveaux clients grâce à des contrats d’assurance-emprunteur compétitifs mais aussi endiguer une fuite de leurs clients - sur des contrats d’assurance habitation par exemple – qui partent chez les banquiers-assureurs lorsqu’ils deviennent propriétaires.

En revanche, difficile d'obtenir des objectifs chiffrés de la part des assureurs interrogés. Certains admettent toutefois avoir « l’ambition de favoriser le multi-équipement de [leurs] clients », grâce à cette réforme. Comme ont pu le faire les banquiers-assureurs, les assureurs traditionnels comptent bien profiter de signatures de contrat d’assurance-emprunteur pour vendre notamment des assurances habitation et automobile dans les mois à venir.

(1) Selon l’étude de l’Observatoire des crédits aux ménages publiée en décembre 2013.

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Sabrina LEVACHER

© cbanque.com / SL / Septembre 2014