Quand il sagit de préparer sa retraite, les épargnants se tournent en priorité vers les placements à capital garanti et limmobilier. En revanche, ils intègrent rarement les actions à leur stratégie. Lune des explications : la peur du risque. Dans un rapport publié en juillet 2017, lAutorité des marchés financiers (AMF) rappelait ainsi que 76% des Français jugent les actions « très risquées » (1). En comparaison, seuls 46% estiment que lassurance-vie en unités de compte est hasardeuse, alors même que ses supports intègrent des actions.
La crainte de voir son patrimoine financier senvoler rapidement nest pas dénuée de fondements. Lhistoire récente des marchés financiers, marquée par la crise des subprimes, la brusquement rappelé aux investisseurs. Pour rappel, entre mai 2007 et février 2009, le CAC 40 lindice composé des 40 sociétés cotées à la Bourse de Paris disposant de la capitalisation boursière la plus élevée était passé de plus de 6 000 points à seulement 2 700 points, soit une perte de plus de 50%. Mais si, à court terme, la volatilité des titres est importante, à long terme, leur rendement se révèle, au contraire, plutôt stable et positif.
Gagner sans spéculer
En effet, sappuyant sur les données de léditeur de logiciels financiers Harvest, lAMF constate que « depuis 1950, plus la durée du placement a été longue et moins souvent les placements en actions françaises ont été perdants. Par exemple, sur 3 ans, les rendements réels (inflation déduite) ont été compris entre -20 % et +39 % par an et, sur 20 ans, entre -2 % et +15 % par an », peut-on ainsi lire dans le rapport précédemment évoqué. Passé 30 ans, le rendement réel des actions françaises serait même toujours positif, oscillant entre 3% et 10%. En dautres termes, le risque des placements en actions diminuerait considérablement avec le temps, suggère ainsi lAMF.
De quoi aller contre l'idée que la bourse sadresse uniquement aux spéculateurs, pariant sur les évolutions à très court terme des cotations. Les investisseurs ne souhaitant pas gérer au jour le jour leur portefeuille de titres peuvent, eux aussi, y faire fructifier leur épargne. Mais, pour ce faire, largent investi ne doit pas être retiré au gré de leurs besoins de liquidités. Même si les actions sont des placements que lon peut revendre aisément, elles ne doivent pas être considérées comme des supports destinés à se constituer une épargne de précaution, mobilisable en cas de coups durs. Les livrets, et dans une moindre mesure lassurance-vie, sont eux dédiés à cela.
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Respecter des « règles de bon sens »
Si les statistiques montrent que la probabilité de perdre son capital diminue avec lhorizon de placement, le risque de perte nest pas nul. Comme pour tout investissement, les épargnants doivent respecter certaines règles de bon sens. Premièrement, il est judicieux de ne pas mettre tous ses ufs dans le même panier. En termes financiers, on parle de diversification de son portefeuille dactions. Celle-ci doit être géographique : ne pas miser que sur des entreprises de l'Hexagone. Par exemple, en détenant des titres de sociétés allemandes ou japonaises, une partie du capital ne dépendra plus des soubresauts de léconomie française. Mieux, il est possible que, dans certains cas, les actions étrangères apparaissent comme un refuge et prennent en conséquence de la valeur.
La diversification vaut également au niveau des secteurs dactivité des entreprises. Par exemple, une baisse du prix du pétrole devrait peser sur la cotation de Total. En revanche, elle ne devrait avoir que peu deffets sur les sociétés du tertiaire comme Publicis.
Autre conseil, il est préférable deffectuer des investissements réguliers à de gros versements ponctuels. Cela diminue le risque de réaliser un achat dun montant important juste avant un retournement du marché et donc de voir seffondrer la valeur de son portefeuille. Autant de réflexes de bon sens que chaque investisseur, quel que soit le niveau de son épargne financière, peut adopter.
Loi Pacte et actionnariat individuel
Dans le cadre de la loi Pacte, pour « plan daction pour la croissance et la transformation des entreprises », le gouvernement souhaite organiser la privatisation d'Aéroports de Paris, de la Française des jeux et la cession d'actifs d'Engie. Pour les particuliers, cela pourrait être l'occasion de prendre leurs premières participations. En effet, en juin dernier, le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, expliquait qu'une « partie de capital cédée par l'Etat sera réservée aux Français souhaitant investir dans les entreprises concernées ».
Confier ses deniers à un spécialiste
Les épargnants disposant de liquidités conséquentes - généralement à partir de quelques dizaines de milliers deuros à placer - peuvent confier la gestion de leur capital à un professionnel : un conseiller en gestion de patrimoine indépendant ou salarié dun groupe bancaire. Les investisseurs signent alors un mandat de gestion tenant compte de leur aversion au risque et de leur horizon de placement. Ils nont dès lors plus rien à faire ! Cest leur conseiller qui gère leur pécule, achète et vend des titres en fonction de lévolution des marchés. Inconvénient, la gestion sous mandat occasionne des frais Le gérant gardant généralement une part des bénéfices. Mais cela permet aux épargnants ne se sentant pas à même de soccuper de leur patrimoine dinvestir en bourse.
Moins onéreux que cette gestion dite active, les trackers ou fonds indiciels cotés (ETF) facilitent les prises de participation et le suivi de son portefeuille. Ces produits, derniers nés de l'ingénierie financière, répliquent un indice boursier (CAC40, Euro Stoxx 50...). Accessibles dès quelques centaines d'euros investis, ils permettent aux épargnants de diversifier leur exposition et d'obtenir le rendement de l'indice de référence, sans avoir à acheter individuellement tous les titres le composant.
Pour plus de conseils, lire aussi la partie Titres et valeurs du forum cBanque
(1) « Stimuler linvestissement de long terme en actions », publications « Risques & tendances » de lAMF juillet 2017





















