Les trackers, ou ETF, sont des fonds cotés en bourse qui répliquent les performances d'un indice ou d'un marché cible. Qualifié de « gestion passive », l'investissement avec des trackers est associé à des frais de gestion plus bas qu'avec un OPCVM classique.

Qu'est-ce que c'est un ETF ?

Comme son nom l'indique, un tracker sert à tracer, dans le sens de copier, un marché défini. Il s'appelle aussi ETF pour « exchange traded fund », qui signifie « fonds négocié en bourse ». Les plus classiques permettent de répliquer les performances d'indices boursiers célèbres, comme le CAC 40, l'Eurostoxx 600 ou le MSCI Monde. Mais il en existe aussi des plus surprenants, comme des trackers pour suivre le cours du bitcoin, de l'or ou des entreprises proposant du cannabis thérapeutique.

Techniquement, les gérants ont essentiellement deux façons de créer un ETF. Soit ils achètent l'ensemble des titres (actions ou obligations) qui composent l'indice visé (les 40 actions des sociétés du CAC 40 par exemple) en conservant leur pondération. On parle alors de trackers physiques. Soit ils passent un contrat avec une contrepartie (une banque d'investissement en principe) qui est chargée d'apporter au gestionnaire la même performance que l'indice visé. Il s'agit alors de trackers synthétiques. La banque d'investissement est bien sûr rémunérée pour ce contrat par le gérant. Pour le payer, ce dernier investit l'argent des épargnants sur des valeurs qui n'ont pas forcément à voir avec l'indice copié. C'est de cette manière qu'un tracker synthétique copiant un indice américain peut s'avérer éligible au PEA, plan épargne en actions (voir plus bas).

Quels sont les avantages et les inconvénients des trackers ?

Le principal intérêt des ETF, c'est leur prix. Leurs frais de gestion sont en effet 4 à 5 fois moins onéreux que sur un fonds actif : autour de 0,30% par an pour un tracker copiant un indice boursier phare. Cette différence de frais s'explique par le suivi plus simple que représente un ETF pour un gérant. En effet, si, techniquement, un tracker est un fonds soumis à la réglementation européenne des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM), la gestion d'un ETF est très différente d'une SICAV ou d'un fonds commun de placement classique.

Dans le second cas, le gérant doit adopter une gestion dite active, c'est-à-dire sélectionner les titres, dans l'univers d'investissement défini, afin de battre l'indice de référence. Si par exemple un gérant propose un fonds actions américaines, il va chercher à investir dans un portefeuille de sociétés dont la valorisation va plus progresser que le S&P 500, l'indice basé sur 500 grandes sociétés cotées aux Etats-Unis. Et, normalement, la société de gestion va changer l'allocation à mesure qu'elle déniche des opportunités ou, au contraire, une contre-performance au sein du fonds. Dans le cadre d'un ETF, surtout physique, ce travail d'analyse est moins poussé. La société de gestion va chercher à simplement suivre l'indicateur cible. Elle ne cherche pas à battre l'indice de référence. Mais va se contenter, par exemple dans le cas d'un tracker physique, d'acheter ou de vendre certaines actions en fonction des entrées et des sorties d'entreprise dans l'indice de référence.

S'agissant des frais de gestion, les trackers thématisés (exposés à un secteur d'activités précis comme les énergies vertes, la robotique...) se rapprochent des fonds de gestion active.

Autre avantage, comme les ETF s'échangent en bourse, on peut les acheter exactement comme une action, via un ordre précisant une limite de cours. C'est une différence avec les supports traditionnels que l'on peut seulement acquérir au prix courant, appelé valeur liquidative.

Conséquence directe de la nature d'un ETF, celui-ci permet en une seule ligne d'investissement de diversifier son patrimoine. Pour présenter les choses simplement, un ETF du CAC 40 revient à s'exposer à la fois à la variation de LVMH et de TotalEnergies.

Attention toutefois, cette diversité présente des limites. Par exemple, un néophyte peut se dire qu'un achetant un ETF qui suit le MSCI monde, son portefeuille sera équilibré géographiquement. La réponse est non. Cet indice comprend majoritairement des entreprises américaines, notamment des géants technologiques, car ceux-ci sont des poids lourds de l'économie mondiale. D'où l'intérêt de lire attentivement le prospectus et les rapports de gestion du fonds pour éviter d'être trop exposé à un secteur ou une zone géographique.

Rappelons également que les trackers ne sont pas des placements garantis. Le capital investi peut s'évaporer définitivement si l'investisseur revend son ETF en pleine chute du marché traqué.

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Combien ça rapporte les trackers ?

Logiquement, les fonds indiciels fluctuent comme l'indice ou le marché qu'ils copient. Imaginons que le CAC 40 fasse +10% une année, un bon tracker du CAC 40 doit donc servir un rendement très proche. Très proche, mais pas équivalent. Car les frais, mais aussi la moindre réactivité de la société de gestion en cas de changement de composition de l'indice, rognent sur la performance brute.

A l'inverse, statistiquement, il est très dur pour un gestionnaire actif de faire mieux que l'indice de référence qu'il essaie de battre. L'enquête SPIVA de la société américaine Standard & Poor's Dow Jones montre ainsi, dans sa dernière édition (fin décembre 2020), qu'en Europe, sur les 5 dernières années, 75% des fonds actifs ont un rendement inférieur au S&P Europe 350, qui prend en compte les 350 premières capitalisations boursières européennes. Alors même que les fonds actifs sont plus chers. En conséquence, sur cet exemple, un bon ETF de cet indice a été plus performant et moins cher la plupart du temps.

S'agissant de la fiscalité, celle-ci dépend de l'enveloppe dans laquelle l'ETF est logé. Mais, hors avantages fiscaux spécifiques, par exemple liés à la durée de détention de l'enveloppe dans le cas du PEA ou de l'assurance vie, les gains sont soumis à la flat tax de 30%.

Que deviennent les dividendes ?

Les ETF peuvent être obligataires, donc avec un sous-jacent en obligations. Mais ils peuvent aussi être investis en actions. Dans ce cas, que deviennent les dividendes reversés par les entreprises ? La réponse est : ça dépend ! Il existe des trackers dits de « capitalisation ». Dans ce cas, les dividendes servent à gonfler la valeur du fonds en achetant de nouveaux titres. Les ETF de « distribution », quant à eux, redistribuent aux investisseurs les dividendes des actions détenues.

PEA, assurance vie... Comment acheter des trackers ?

BlackRock, Amundi et Lyxor sont les principaux pourvoyeurs d'ETF en France. Mais, tout comme un investisseur ne contacte pas directement Renault pour lui acheter une action, les épargnants peuvent acheter des ETF via leur intermédiaire habituel. Les ETF peuvent être logés dans les enveloppes classiques : compte-titres, PEA (pour les ETF répliquant des indices européens, ou synthétiques mais avec un gestionnaire qui investit sur des titres éligibles au PEA) et assurance vie selon la gamme disponible. Attention, côté frais, ceux de l'enveloppe viennent s'ajouter aux frais de gestion du tracker, notamment les frais d'arbitrage.

Pour sélectionner un bon ETF, il y a plusieurs points à regarder comme la qualité de la technique de réplication. C'est-à-dire vérifier que les variations de l'ETF sont extrêmement proches de l'indice qu'il copie. La liquidité de l'ETF, c'est-à-dire sa facilité à trouver preneur quand il est revendu, est aussi cruciale. Sinon il est possible que l'épargnant ait à le vendre à un prix plus bas que la valeur intrinsèque des titres le composant. Pour éviter cela, il est préférable de choisir des sociétés de gestion connues et des fonds indiciels ayant une capitalisation élevée, d'au moins 100 millions d'euros.

Les investisseurs qui ne veulent pas faire ce travail de recherche ont alors la possibilité de s'orienter vers des mandats de gestion en ETF dans le cadre d'un PEA ou d'une assurance vie. C'est le créneau des récentes plateformes d'épargne, appelées robots-conseillers comme Yomomi, Nalo ou WeSave.

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