Depuis la fin mars, le ministre de lEconomie et des Finances Bruno Le Maire a égrainé les annonces concernant le volet épargne de son projet de loi Pacte, pour « plan daction pour la croissance et la transformation des entreprises ». Si bien que, sur ce volet épargne, le projet de loi dévoilé ce lundi ne réserve pas de grande surprise. Quels sont donc les principaux changements à attendre, à lhorizon 2019, pour les épargnants ? Récapitulatif.
Epargne salariale : les salariés des TPE concernés
Le président de la République Emmanuel Macron a plusieurs fois insisté sur lépargne salariale lors de ses interviews télévisées. En octobre 2017 il affichait sur TF1 sa volonté de « revisiter cette belle invention gaulliste de lintéressement et de la participation ». Mi-avril, à nouveau sur la première chaîne, il se faisait plus concret en annonçant : « Au 1er janvier prochain, il ny aura plus de charges sur lintéressement pour les entreprises jusquà 250 salariés. »
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Le projet de loi prévoit bel et bien une exonération de forfait social (contribution de 20% à la charge de lemployeur) pour toute entreprise de moins de 250 salariés qui disposent dun accord dintéressement. Et cette exonération sétend même à l'ensemble des versements (participation et abondements sur des plans d'épargne salariale y compris) pour les sociétés de moins de 50 salariés.
Le texte intègre aussi quelques dispositions visant à simplifier lépargne salariale : pas de nécessité de disposer dun Plan dépargne entreprise (PEE) pour mettre en place un Perco - plan à plus long terme orienté vers la retraite -, harmonisation des informations fournies aux épargnants dans les relevés annuels de plans dépargne salariale, assouplissement des règles de lactionnariat salarié, etc.
Epargne retraite : la portabilité et la sortie en capital
Quand Bruno Le Maire a présenté le volet épargne du projet de loi Pacte à la fin mars, lépargne retraite était présentée comme « LE » chantier prioritaire. Mais sans passer par une fusion de lensemble des produits dépargne retraite existants, solution un temps envisagée. Bercy a privilégié une liberté accrue dans la gestion de ces produits. Le projet de loi doit permettre de transférer ses actifs dun Perco vers un contrat Madelin, un PERE (« article 83 ») ou vers un Perp, et vice-versa. Lobjectif étant déviter quau fil des expériences professionnelles un particulier ne se retrouve avec de multiples plans dépargne retraite. « Le transfert sera gratuit si le produit a été détenu pendant 5 ans », précise Bercy. « Dans le cas contraire, les frais de transfert ne pourront excéder 3% de lencours ». Bercy envisage tout de même de créer un produit d'épargne retraite individuel « succédant » au Perp et au contrat Madelin. Le projet de loi ouvrira ainsi la porte à des ordonnances pour prendre des « mesures dharmonisation » de l'épargne retraite.
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Lautre mesure dharmonisation de lépargne retraite concerne la fiscalité et les modalités de sortie. Objectif : harmoniser les règles de sortie de tous les produits existants, en permettant la sortie en capital à 100% (sauf pour les fonds issus de versements obligatoires) ou en rente viagère. Afin d'inciter les particuliers à opter pour la sortie en rente, la fiscalité de la rente viagère sera plus avantageuse que celle de la sortie en capital. Ladaptation de la fiscalité sera intégrée au projet de loi de finances pour 2019.
Le texte prévoit aussi une généralisation de la gestion pilotée comme option par défaut sur lensemble des plans dépargne retraite. Avec une sécurisation progressive des avoirs à lapproche de la retraite.
Assurance-vie : un euro-croissance nouvelle version
Leuro-croissance, annoncé voici 4 ans comme le « troisième pilier de lassurance-vie » aux côtés du fonds en euros et des supports en unités de compte, na jamais rencontré le succès escompté. Le projet de loi Pacte vise à le relancer et même à décupler ses encours en lespace de 2 ans !
Comment ? Le principe dun support à garantie en capital sous condition de détention longue (8 ans minimum) est conservé. Mais la rémunération des supports euro-croissance sera uniformisée : un même rendement annuel pour chaque détenteur, à limage du fonds en euros. Et les épargnants qui sengagent sur une détention supérieure à l'échéance minimale profiteront dune garantie en capital bonifiée.
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PEA-PME : le crowdfunding intégré
A limage de leuro-croissance, le PEA-PME est un produit dépargne lancé lors du quinquennat Hollande et présentant un succès plus que mitigé. Petite nouveauté pour ce Plan dépargne en actions dédié aux PME, avec la loi Pacte : la possibilité dintroduire des titres proposés par les plateformes de crowdfunding (titres participatifs, minibons ou obligations à taux fixe) dans son portefeuille.
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Bourse : des privatisations à surveiller
Le volet privatisation de la loi Pacte s'est esquissé plus tardivement, la semaine passée. Le gouvernement va sappuyer sur ce texte pour ouvrir la voie à des cessions dactifs dans Aéroports de Paris (ADP), la Française des jeux (FDJ) et Engie. Des privatisations majeures, à limage de France Télécom ou EDF par le passé, par exemple. Ces opérations auront à coup sûr un écho jusque dans les agences bancaires : les particuliers, d'ores et déjà actionnaires individuels ou non, se verront proposer dinvestir dans ces grandes sociétés, le gouvernement souhaitant à cette occasion « relancer l'actionnariat populaire ». Mais le calendrier et les modalités restent à définir.
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